Côte d'Ivoire : Déguerpissements à Koumassi Campement, Charles Blé Goudé réclame un fonds d'urgence pour les victimes et exige leur relogement immédiat
En visite à Koumassi Campement, théâtre de récents déguerpissements ayant laissé de nombreuses familles sans abri, Charles Blé Goudé a exprimé, dimanche, sa solidarité envers les populations sinistrées. Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) a appelé les autorités ivoiriennes à mettre en place un fonds spécial d’urgence destiné au relogement des victimes.
Face à des habitants éprouvés par la destruction de leurs logements, l’ancien ministre de la Jeunesse a plaidé pour une mobilisation nationale fondée sur l’intérêt humain plutôt que sur les considérations politiques.
« Le moment n’est plus à la division. Il faut mettre de côté les divergences politiques et penser avant tout aux personnes affectées. La priorité est de les reloger dans des conditions dignes », a-t-il déclaré devant les populations rassemblées.
Estimant que la situation nécessite une réponse immédiate des pouvoirs publics, Charles Blé Goudé a exhorté l’État à créer un mécanisme d’assistance exceptionnel pour accompagner les familles touchées.
Selon lui, la protection des citoyens doit demeurer une responsabilité fondamentale de l’État, indépendamment des sensibilités politiques ou sociales.
« L’État doit protéger tous ses citoyens sans distinction. La valeur d’une vie humaine ne dépend ni d’une appartenance politique ni d’une condition sociale », a-t-il affirmé.
Le leader politique a également insisté sur le potentiel de chaque individu, rappelant que les quartiers modestes peuvent être le berceau des futures élites du pays.
« Parmi ces enfants peuvent émerger de futurs présidents, ingénieurs ou acteurs majeurs du développement national. Le faible d’aujourd’hui peut devenir le fort de demain », a-t-il soutenu.
Se défendant de toute récupération politique, Charles Blé Goudé a expliqué être venu à Koumassi Campement avant tout pour témoigner de sa compassion aux familles affectées.
« Ce qui se passe ici dépasse le cadre politique. C’est avant tout une question d’humanité », a-t-il déclaré, évoquant les pertes matérielles, les traumatismes et les bouleversements vécus par les victimes.
Reconnaissant l’ampleur du préjudice subi, il a assuré les populations de son soutien moral.
« Rien ne pourra remplacer ce que vous avez perdu, mais je suis venu partager votre douleur et vous exprimer ma solidarité », a-t-il ajouté.
Dans un registre plus personnel, il a invité les habitants à voir au-delà de son image publique.
« Oubliez le Blé Goudé que vous voyez à la télévision. Considérez-moi comme un frère venu pleurer avec vous », a-t-il lancé.
Au-delà de l’élan de solidarité, Charles Blé Goudé a soulevé plusieurs questions relatives aux circonstances ayant conduit aux opérations de déguerpissement.
Il s’est notamment interrogé sur les fondements juridiques de la revendication foncière portant sur une vaste superficie de 34 hectares dans le district d’Abidjan. Il a également mis en doute l’authenticité de certains documents qui auraient servi de base aux transactions immobilières réalisées par les victimes.
« Si ces documents sont effectivement faux, qui les a produits ? Qui les a validés ? Sur quelles bases les expulsions ont-elles été exécutées avec l’appui des forces de l’ordre ? Et qui a financé les engins ayant servi aux démolitions ? », s’est-il interrogé.
Pour l’ancien président des jeunes Patriotes, ces nombreuses zones d’ombre méritent des clarifications afin d’établir les responsabilités et de restaurer la confiance des populations concernées.
Malgré les frustrations et la colère observées parmi les victimes, Charles Blé Goudé a exhorté les habitants à privilégier le calme et la retenue afin de faciliter la recherche de solutions durables.
« De nombreuses questions restent sans réponse. Mais pour obtenir la vérité et faire avancer les démarches, il est essentiel de préserver la sérénité. L’enjeu est trop important pour être compromis par des tensions supplémentaires », a-t-il conclu.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par une vive polémique autour des opérations de déguerpissement menées à Koumassi Campement, où plusieurs familles continuent de réclamer des mesures d’accompagnement, des explications sur les procédures engagées et des solutions de relogement adaptées.
Wassimagnon
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