Cameroun : Faux décret présidentiel et exploitation illégale de l'or, Oswald Baboke, le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence au cœur de l'actualité
Le nom d’Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence de la République du Cameroun, est au cœur de l’actualité depuis plusieurs jours, après des informations faisant état de sa convocation présumée au Tribunal criminel spécial (TCS). Selon Jeune Afrique, cette audition interviendrait dans un contexte marqué par plusieurs allégations relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Faux décret présidentiel
L’affaire a pris de l’ampleur après la confirmation par le gouvernement de l’arrestation d’un individu accusé d’avoir présenté à la Crtv un faux décret présidentiel.
Le document en question prétendait nommer un vice-président et former un nouveau gouvernement. Bien que les autorités n’aient pas publiquement désigné la personne mentionnée dans ce faux décret, plusieurs médias et publications en ligne ont établi un lien entre le document et le nom d’Oswald Baboke.
Cette séquence a alimenté des spéculations sur les enjeux de succession au sein des cercles du pouvoir, certains commentateurs évoquant un « coup d’État scientifique » qui aurait été orchestré par des clans se positionnant pour l’après-Paul Biya.
Autres allégations et réactions
Dans les jours qui ont suivi, le nom de M. Baboke a également été cité dans des accusations relatives à la gestion des ressources aurifères du pays. Ses défenseurs qualifient ces accusations de « fausses et politiquement motivées ».
La controverse a aussi touché des membres de sa famille. Sa fille, Indira Baboke, aurait été interpellée à Dubaï par des ressortissants camerounais qui accusent la famille d’avoir profité de ressources nationales.
Son épouse, Crescence Baboke, s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour répondre à ce qu’elle qualifie de « diffamations ». Elle y cite des versets bibliques, dénonce des « accusations sans preuves » portant notamment sur des biens immobiliers à l’étranger, et affirme travailler, payer des impôts et employer « des centaines de Camerounais ». Elle appelle ses proches à « rester concentrés sur la Parole de Dieu » et à « ne pas combattre les êtres humains ».
Baboke et ses soutiens
Des proches et soutiens d’Oswald Baboke présentent l’ensemble de ces faits comme « une campagne de harcèlement » et de « déstabilisation ». Ils rappellent un texte publié par M. Baboke en 2021 dans lequel il dénonçait « les grands boulevards de la diffamation » et décrivait des mécanismes impliquant, selon lui, des « pseudos lanceurs d’alertes » rémunérés pour « briser des carrières ».
Des témoignages diffusés en ligne décrivent par ailleurs M. Baboke comme « discret » et « disponible », certains relatant des actions d’aide personnelle qu’il aurait menées. Ses collaborateurs indiquent qu’il « poursuit normalement ses activités professionnelles » et reste « serein ».
À ce stade, aucune décision de justice n’a établi la culpabilité de M. Baboke dans les affaires évoquées. Sa convocation présumée au TCS n’a pas fait l’objet d’une communication officielle de la part du tribunal ou du gouvernement. Le principe de la présomption d’innocence reste applicable.
L’affaire intervient dans un climat marqué par de nombreuses rumeurs et interprétations sur les équilibres politiques à la Présidence de la République. Les institutions compétentes demeurent seules habilitées à établir les faits.
Nous y reviendrons plus amplement.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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