Côte d'Ivoire : Banque africaine de l'énergie, élargissement, gouvernance, depuis Yamoussoukro, l'APPO fixe son cap pour 2026
Yamoussoukro accueille, du 1er au 3 juillet 2026, la 27ᵉ réunion ordinaire du Conseil exécutif de l'Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO). Cette rencontre stratégique réunit les représentants des pays membres, qui concentrent près de 90 % des réserves pétrolières du continent, autour des grands défis liés au développement du secteur énergétique africain et au renforcement de la coopération entre États producteurs.
À cette occasion, le président du Conseil des ministres de l'APPO et ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a présenté les grandes orientations qui guideront l'action de l'organisation en 2026. Son message a été lu par son directeur de cabinet, Jean-Baptiste Aka.
La feuille de route 2026 repose sur quatre axes stratégiques destinés à consolider le rôle de l'APPO dans la gouvernance énergétique du continent.
La première priorité concerne l'opérationnalisation de la Banque africaine de l'énergie (BAE), considérée comme le projet le plus structurant de l'organisation. Après la remise officielle de son siège par le Nigeria, l'objectif est désormais de finaliser le recrutement de l'équipe dirigeante et de lancer les activités de l'institution afin de permettre à l'Afrique de disposer d'un véritable outil de financement de ses projets énergétiques.
La deuxième priorité porte sur le renforcement institutionnel de l'APPO. Il s'agira notamment de restructurer le secrétariat général et, si nécessaire, de redéfinir ses missions afin d'améliorer la gouvernance, l'efficacité opérationnelle et la complémentarité entre les différentes structures de l'organisation.
Le troisième axe vise l'élargissement de l'APPO à de nouveaux producteurs d'hydrocarbures, notamment l'Ouganda, le Mozambique et le Soudan du Sud. Pour les responsables de l'organisation, une APPO plus inclusive renforcera son influence sur les grandes questions énergétiques africaines et internationales.
Enfin, la quatrième priorité est consacrée à la promotion du contenu local. L'ambition est d'accroître les retombées économiques des ressources naturelles au profit des populations africaines à travers le développement des entreprises nationales, la création d'emplois qualifiés et le transfert de technologies.
Selon le représentant du ministre Sangafowa-Coulibaly, les premiers résultats enregistrés sont encourageants, notamment concernant la Banque africaine de l'énergie, dont les travaux préparatoires progressent de manière satisfaisante.
Il a également annoncé que la prochaine session du Conseil des ministres de l'APPO se tiendra le 18 novembre 2026 à Abidjan, en marge de la deuxième édition du Salon International des Ressources Extractives et de l'Énergie (SIREXE 2026).
« L'APPO est aujourd'hui reconnue comme un acteur crédible et respecté de la gouvernance énergétique africaine. Nous devons poursuivre les réformes engagées afin d'en faire une organisation toujours plus performante, plus moderne et davantage au service des intérêts stratégiques de notre continent », a-t-il déclaré.
Prenant la parole, le secrétaire général de l'APPO, Farid Ghezali, a affirmé que l'organisation est entrée dans une nouvelle phase de son développement, fondée sur l'efficacité, la transparence et l'amélioration continue.
Depuis son entrée en fonction il y a six mois, son action s'est articulée autour de trois priorités : accroître la visibilité et l'influence de l'APPO, satisfaire aux exigences nécessaires au lancement de la Banque africaine de l'énergie et conduire une profonde restructuration de l'organisation.
Il a annoncé que le seuil minimal requis pour le démarrage de la Banque africaine de l'énergie a désormais été dépassé grâce aux efforts conjoints des services de l'organisation et de ses partenaires.
Concernant la réforme institutionnelle, Farid Ghezali a indiqué qu'un vaste chantier de modernisation est engagé afin de clarifier les responsabilités, renforcer les capacités opérationnelles et rendre l'organisation plus agile face aux défis des transitions énergétiques.
Le président du Conseil exécutif de l'APPO et ministre des Hydrocarbures de la République démocratique du Congo, Karrol Kadiata Leta, a, pour sa part, appelé les États membres à renforcer leur cohésion face aux mutations du secteur énergétique mondial.
Selon lui, les décisions attendues lors de cette session, notamment sur la restructuration du secrétariat, le renforcement de la gouvernance, le développement des partenariats stratégiques et l'opérationnalisation des projets phares seront déterminantes pour l'avenir de l'organisation.
« Dans un monde où les rapports de force énergétiques se redéfinissent, l'Afrique ne saurait se permettre la dispersion. Elle doit renforcer sa cohésion, affirmer ses positions et défendre avec détermination ses intérêts stratégiques », a-t-il souligné.
À travers cette 27ᵉ réunion ordinaire de son Conseil exécutif, l'APPO entend ainsi consolider son rôle de moteur de la coopération énergétique africaine et accélérer la mise en œuvre de projets structurants destinés à renforcer la souveraineté énergétique du continent.
Wassimagnon
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