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Côte d'Ivoire : 11 849 produits cosmétiques recensés, l'AIRP déclare la guerre aux faux médicaments et aux produits éclaircissants
 

Côte d'Ivoire : 11 849 produits cosmétiques recensés, l'AIRP déclare la guerre aux faux médicaments et aux produits éclaircissants

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 03 juillet 2026 - 13:02



Face à la recrudescence des faux médicaments, des produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés (PMQIF) ainsi que des produits cosmétiques dangereux, l'Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) renforce son offensive. À l'occasion de la deuxième réunion de la Plateforme nationale de lutte contre les produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, tenue ce vendredi 3 juillet 2026, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur détermination à assainir durablement le marché pharmaceutique ivoirien.


Présidant la cérémonie d'ouverture, le directeur général de l'AIRP, Dr Assane Coulibaly, a appelé à une mobilisation générale des institutions de l'État, des forces de sécurité, des professionnels de santé et de la société civile face à un phénomène qu'il qualifie de « véritable crime contre la santé publique».


Dans son allocution, Dr Assane Coulibaly a rappelé que le trafic illicite de produits pharmaceutiques constitue aujourd'hui une menace majeure pour la sécurité sanitaire nationale.


« Le médicament falsifié n'est pas une simple contrefaçon commerciale. C'est une arme invisible qui trompe la confiance des familles et peut coûter des vies sous le couvert d'une promesse de guérison », a-t-il déclaré.


Selon lui, les trafiquants adaptent désormais leurs méthodes en exploitant les plateformes numériques et les réseaux sociaux tels que Facebook, TikTok et d'autres applications pour commercialiser illégalement des médicaments et des produits de santé, compliquant davantage le travail des autorités.


Le directeur général de l'AIRP a également attiré l'attention sur la prolifération des faux produits cosmétiques, notamment les produits de dépigmentation contenant des substances dangereuses comme l'hydroquinone, le mercure ou encore certains corticoïdes.


Pour répondre à cette situation, l'AIRP poursuit la mise en œuvre de sa stratégie nationale de régulation du secteur cosmétique.


Dr Assane Coulibaly a révélé que la campagne nationale de déclaration des produits cosmétiques, menée entre octobre 2024 et mars 2025, a permis d'enregistrer 11 849 produits déclarés volontairement par 1 142 opérateurs, parmi lesquels des fabricants, distributeurs et importateurs.


L'institution travaille désormais à la mise en place d'une base de données numérique destinée à faciliter l'homologation des produits conformes, à identifier les produits dangereux et à mieux contrôler le marché.


« L'AIRP n'a mandaté aucune organisation extérieure pour percevoir de l'argent au nom de cette campagne. Les opérateurs doivent uniquement traiter avec les services habilités », a-t-il insisté, mettant en garde contre certaines pratiques frauduleuses.


Le directeur général a souligné que l'AIRP ne peut relever seule un défi d'une telle ampleur. La plateforme multisectorielle réunit notamment le ministère de la Santé, le ministère de la Justice, les Douanes, la Police nationale, la Gendarmerie, Interpol, le Conseil national des droits de l'homme, le Conseil national de lutte contre la contrefaçon, les organisations professionnelles pharmaceutiques ainsi que plusieurs structures techniques.


 

Cette coopération permet de coordonner les opérations de saisie, de surveillance du marché, d'inspection, de destruction des produits saisis et de sensibilisation des populations.


Dr Assane Coulibaly a annoncé qu'un bilan des importantes saisies réalisées au cours du premier semestre 2026 serait présenté au cours des travaux.


Le patron de l'AIRP a plaidé pour l'adoption rapide de l'avant-projet de loi relatif à la Convention MEDICRIME, ratifiée par la Côte d'Ivoire en juillet 2023.


Selon lui, ce texte permettra de criminaliser plus efficacement le trafic des faux médicaments et de renforcer les sanctions pénales contre les réseaux criminels.


Il a également appelé à la révision du décret régissant les produits cosmétiques afin d'interdire totalement l'utilisation de l'hydroquinone dans les produits éclaircissants, suivant l'exemple de plusieurs pays de la sous-région.


« La Côte d'Ivoire ne doit pas rester en retrait. Nous devons protéger durablement la santé de nos populations », a-t-il affirmé.


Interrogé par la presse, Dr Assane Coulibaly a rappelé que l'AIRP exerce des missions bien plus larges que la seule lutte contre les faux médicaments.


L'institution délivre les autorisations de mise sur le marché des médicaments et autres produits de santé, les licences d'exploitation des établissements pharmaceutiques, les autorisations d'importation et d'exportation, réalise des inspections, assure la pharmacovigilance et contrôle la publicité relative aux produits de santé.


Concernant les ventes de produits présentés comme thérapeutiques sur les réseaux sociaux, le directeur général a été catégorique.


« Aucun médicament ne doit être vendu sur les réseaux sociaux. En Côte d'Ivoire, la vente en ligne des médicaments n'est pas encore autorisée. Toute publicité portant sur un produit de santé est strictement encadrée par la réglementation », a-t-il rappelé.


Il a précisé que les influenceurs faisant la promotion de produits non autorisés s'exposent aux poursuites prévues par la législation.


Représentant le ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Marie Chantal, pharmacienne et conseillère technique chargée du secteur pharmaceutique, a insisté sur la portée stratégique de cette lutte.


 

Selon elle, la lutte contre les produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés dépasse la seule question de santé publique.


« Nous parlons aujourd'hui de souveraineté pharmaceutique. La lutte contre les produits de qualité inférieure constitue un levier essentiel pour le développement de l'industrie pharmaceutique nationale », a-t-elle expliqué.


Elle a rappelé que l'AIRP joue un rôle déterminant dans le processus visant à faire reconnaître la maturité du système national de régulation pharmaceutique, condition indispensable pour accompagner l'industrialisation du secteur.


Pour la conseillère technique, seule une mobilisation de l'ensemble des acteurs permettra à la Côte d'Ivoire de rejoindre les pays les plus avancés en matière de production pharmaceutique.


Au terme des échanges, les responsables présents réaffirmeront leur volonté de renforcer la coopération entre les administrations publiques, les professionnels de santé, les forces de sécurité et les partenaires techniques afin de mieux protéger les populations.


Face à un trafic de plus en plus organisé et alimenté par les réseaux numériques, l'AIRP entend poursuivre les opérations de contrôle, intensifier les campagnes de sensibilisation et renforcer l'application de la réglementation.


Pour les autorités sanitaires, la lutte contre les faux médicaments et les produits cosmétiques dangereux demeure un impératif de santé publique, de sécurité nationale et de protection des consommateurs.


Notons que, le pôle pénal économique, représenté par le Procureur de la République adjoint, Koulia Judith Kahinda, a pris part à cette deuxième réunion. 


Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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