Côte d'Ivoire : Saison des pluies, colonel Yéo Marius (ONPC) sonne l'alerte : « les tendances nous disent que cela peut s'accentuer, il faut donc s'y préparer »
La saison des pluies est encore loin de son terme en Côte d'Ivoire. Après les fortes précipitations des 28 et 29 juin qui ont durement frappé plusieurs localités du pays, l'Office national de la protection civile (ONPC) invite les populations à redoubler de prudence. Si les services météorologiques espèrent une accalmie dans les semaines à venir, les prévisions actuelles laissent entrevoir un scénario moins rassurant.
« Les tendances nous disent que cela peut s'accentuer et donc il faut se préparer », a averti le colonel Yéo Yépésina Marius, directeur des opérations et de la santé à l'ONPC, lors de la tribune hebdomadaire Tout Savoir Sur... organisée ce mardi 7 juillet par le Centre d'information et de communication gouvernementale (CICG) au Plateau.
Les intempéries qui se sont abattues sur le territoire national les 28 et 29 juin ont laissé un lourd tribut. 59 personnes ont en effet, perdu la vie, tandis que plusieurs glissements de terrain, éboulements et inondations ont été enregistrés dans différentes parties du pays.
À Abidjan, où une vingtaine de décès a été recensée, la capitale économique est restée pratiquement paralysée durant près de 48 heures sous l'effet de pluies exceptionnellement abondantes.
Le colonel Yéo Yépésina Marius a relevé que les cumuls pluviométriques enregistrés sur ces deux journées ont atteint 798 millimètres, contre 441 millimètres à la même période en 2025. Une intensité qui a conduit les autorités à placer plusieurs communes d'Abidjan, notamment Cocody, Bingerville, Songon et Yopougon, en vigilance orange, en raison de la montée des risques.
Face à ces phénomènes climatiques récurrents, l'ONPC assure que l'État n'a pas attendu les premières pluies pour se préparer. Depuis plusieurs mois, des travaux de recherche, des études de sols, le renforcement des capacités de prévision météorologique ainsi que des campagnes de sensibilisation sont menés sur l'ensemble du territoire.
Le dispositif national de protection civile repose sur quatre piliers : la prévention, la préparation, l'intervention et le rétablissement.
« Depuis le début de l'année, près de 5 000 actions de sensibilisation ont été conduites par les unités de protection civile, regroupant aussi bien les pompiers civils que les pompiers militaires. En parallèle, les équipes de secours ont été prépositionnées dans les secteurs les plus exposés afin de réduire les délais d'intervention. À Abidjan, deux importants dispositifs sont ainsi déployés à Yopougon BAE et à Cocody, dans la zone des 9 Kilos à la Riviera 3 », a-t-il expliqué.
Toutefois, pour le directeur des opérations de l'ONPC, la pluie n'est pas l'unique responsable des drames observés.
« La non-adhésion aux consignes de sécurité et aux actions de sensibilisation d'une partie de nos concitoyens peut être résumée sous le vocable d'incivisme », a-t-il regretté.
Selon lui, de nombreuses personnes continuent d'occuper des zones reconnues à risques malgré les multiples campagnes d'information et les mises en garde des autorités. Face à cette situation, le gouvernement entend désormais faire preuve de plus de fermeté. À l'issue de la dernière réunion consacrée aux inondations, présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, il a été décidé de renforcer les mesures visant à empêcher l'occupation des zones dangereuses, tout en accompagnant les populations concernées, afin de préserver leurs droits fondamentaux.
Malgré la gravité des événements de fin juin, le colonel Yéo Yépésina Marius estime que la situation ne relève pas encore d'une catastrophe majeure.
« Les services de secours ne sont pas débordés et restent en capacité de répondre efficacement aux différents sinistres », a-t-il expliqué.
Pour autant, le responsable de l'ONPC refuse tout relâchement. Les prochaines semaines demeurent particulièrement sensibles et les prévisions météorologiques appellent à la prudence.
« Que tout le monde se prépare, de façon responsable, à faire face à ces intempéries qui vont peut-être croître ou décroître. Nous espérons qu'elles diminueront, mais les tendances nous disent que cela peut s'accentuer. Il faut donc s'y préparer », a-t-il insisté.
Cette mise en garde intervient alors que la saison des pluies est encore en cours et que les épisodes de fortes précipitations pourraient se multiplier.
Le colonel Yéo Yépésina Marius a d'ailleurs rappelé qu'entre 2021 et 2026, le seul quartier de Mossikro, dans la commune d'Attécoubé, a enregistré 37 décès liés aux conséquences des pluies, illustrant la vulnérabilité persistante de certaines zones urbaines.
L'ONPC invite donc les populations à quitter définitivement les zones à risques, à ne plus y retourner, à surveiller particulièrement les enfants et les personnes vulnérables durant cette période de vacances, à n'utiliser les numéros d'urgence qu'en cas de nécessité absolue et à suivre régulièrement les bulletins météorologiques.
Pour les autorités, l'efficacité du dispositif de protection civile dépend autant de la mobilisation des services de secours que de l'engagement des citoyens à respecter les consignes de sécurité.
Car si les pluies ne peuvent être évitées, leurs conséquences peuvent, elles, être considérablement réduites grâce à la vigilance de chacun. À l'heure où les prévisions annoncent encore des risques de fortes précipitations, le message de l'ONPC est sans équivoque : « la prudence demeure la meilleure protection »,.a conclu le Colonel Yéo Yépésina Marius.
Wassimagnon
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