Côte d'Ivoire : Forum interministériel, Abidjan lance un appel continental pour la valorisation des minéraux critiques
Abidjan a accueilli, le vendredi 10 juillet 2026, un forum interministériel consacré aux minéraux critiques, sous l'égide de la Banque africaine de développement (BAD). Réunissant une trentaine de ministres africains, des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs, cette rencontre a réaffirmé une ambition commune : faire des ressources minières africaines un véritable moteur d'industrialisation, de création d'emplois et de transformation économique.
Face à une demande mondiale croissante en minéraux critiques, indispensables aux transitions énergétique et numérique, les décideurs africains ont plaidé pour une rupture avec le modèle traditionnel d'exportation des matières premières à l'état brut. L'objectif affiché est désormais de développer des chaînes de valeur régionales capables d'assurer la transformation locale de ces ressources et de générer davantage de valeur ajoutée sur le continent.
Intervenant au nom du gouvernement ivoirien, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a salué l'initiative de la Banque africaine de développement, estimant qu'elle répond à un enjeu stratégique majeur pour l'avenir économique de l'Afrique.
« La Côte d'Ivoire dispose d'un potentiel minier considérable. Environ 35 % de son territoire repose sur des formations birimiennes riches en or, tandis que près des trois quarts du territoire national présentent un potentiel important en minéraux critiques », a-t-il souligné.
Selon le ministre, la valorisation de ces ressources s'inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui ambitionne de hisser la Côte d'Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l'horizon 2030.
Pour concrétiser cette ambition, le gouvernement a adopté la Politique intégrée des ressources minérales et de l'énergie (PIRME) 2026-2040. Ce programme stratégique prévoit un investissement global estimé à 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % devraient être mobilisés auprès du secteur privé.
Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la transformation structurelle des économies africaines passe inévitablement par une meilleure exploitation des ressources naturelles, mais aussi par une coopération régionale renforcée.
« Aucun pays africain ne pourra, à lui seul, relever les défis liés aux minéraux critiques. Nous devons construire des chaînes de valeur intégrées à l'échelle du continent », a-t-il plaidé.
Cette dynamique s'inscrit dans le prolongement des réflexions engagées lors du SIREXE 2024 et qui se poursuivront à l'occasion de la deuxième édition du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE 2026), prévue du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan.
Lançant un appel aux partenaires internationaux, le ministre ivoirien a invité les investisseurs à accompagner la nouvelle ambition industrielle de l'Afrique.
« L'Afrique est prête à faire des minéraux critiques un levier de transformation économique et industrielle. Depuis Abidjan, nous envoyons un signal fort au monde sur notre volonté de mieux valoriser nos richesses naturelles », a-t-il déclaré.
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a abondé dans le même sens. Il a estimé que l'Afrique ne pouvait plus se contenter d'exporter ses ressources naturelles sans en tirer les bénéfices industriels.
Selon lui, le continent doit désormais bâtir un nouveau partenariat économique fondé sur la transformation locale des minerais, l'industrialisation et l'intégration régionale.
S'il a rappelé l'importance stratégique des ressources naturelles africaines dans l'économie mondiale, il a également souligné les défis liés au financement des projets, aux investissements et au faible niveau d'intégration économique entre les États africains.
Pour relever ces défis, Sidi Ould Tah a assuré que la Banque africaine de développement mettrait son expertise technique et sa capacité financière au service de la création de chaînes de valeur régionales capables de transformer localement les ressources minières africaines.
Au terme de cette rencontre, un message clair s'est dégagé : l'Afrique entend désormais faire des minéraux critiques un puissant levier d'industrialisation, de souveraineté économique et de développement durable, en privilégiant la transformation locale plutôt que l'exportation de matières premières brutes.
Wassimagnon
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