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Côte d'Ivoire : Ouest ivoirien, la tension foncière monte entre Gblapleu et Guitrozon, les populations appellent à une intervention urgente de l'État
 

Côte d'Ivoire : Ouest ivoirien, la tension foncière monte entre Gblapleu et Guitrozon, les populations appellent à une intervention urgente de l'État

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 14 juillet 2026 - 16:11

Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, un différend foncier opposant les populations de Gblapleu, soutenues par des habitants Wê originaires de Yaondé (sous-préfecture de Guiglo), à certains propriétaires terriens de Guitrozon (sous-préfecture de Duékoué) suscite une vive inquiétude. Alors que l'État poursuit la sécurisation du foncier rural à travers l'Agence foncière rurale (AFOR) et le Projet de sécurisation foncière rurale (PRESFOR), les tensions autour de la délimitation des terres prennent une ampleur préoccupante et font craindre une nouvelle flambée de violences.


Le chef du village de Gblapleu, Koué Antoine, affirme que ses administrés vivent désormais dans un climat d'insécurité. Profitant de la visite de compassion d'un cadre du canton Zaké-Blao, venu lui présenter ses condoléances après le décès de son fils médecin, il a tenu à attirer l'attention sur la gravité de la situation. Selon lui, le litige portant sur les limites territoriales avec le village voisin de Guitrozon nourrit une peur permanente et fragilise la coexistence entre les communautés.


D'après plusieurs témoignages recueillis dans la localité, les tensions dépassent désormais le simple désaccord sur les frontières coutumières. Des cultivateurs de Gblapleu affirment être régulièrement victimes d'agressions lorsqu'ils se rendent dans leurs plantations situées dans la zone contestée. Ils dénoncent également la destruction ou la confiscation de leurs récoltes par des individus se réclamant de Guitrozon, lesquels soutiennent détenir des droits coutumiers sur ces terres. Une version catégoriquement rejetée par les habitants de Gblapleu, qui revendiquent eux aussi la propriété de ces espaces agricoles.


L'implication d'habitants de Yaondé, venus soutenir les populations de Gblapleu, ajoute une nouvelle dimension à ce conflit, déjà complexe. Plusieurs observateurs redoutent qu'en l'absence d'une médiation rapide, la multiplication des acteurs concernés ne favorise une escalade aux conséquences imprévisibles dans une région encore marquée par les blessures des crises passées.


Au-delà des affrontements liés à l'exploitation des terres, cette situation détériore progressivement les relations sociales et économiques entre les deux villages. Les échanges commerciaux se raréfient, la méfiance s'installe et le climat de bon voisinage qui existait autrefois laisse place à une tension permanente. Cette dégradation est d'autant plus préoccupante que Guitrozon occupe une position stratégique sur l'axe reliant Duékoué à Guiglo.


 

Face à cette montée des tensions, les autorités administratives des départements de Guiglo et de Duékoué sont appelées à s'impliquer davantage afin de parvenir à une délimitation définitive des frontières entre les deux localités, en s'appuyant sur les documents administratifs existants ainsi que sur les réalités coutumières reconnues par les communautés.


Les responsables de Gblapleu, réunis autour de leur chef, plaident pour l'organisation d'un cadre de concertation associant autorités administratives, chefs de terre et représentants des villages concernés. Pour Koué Antoine, seule une clarification officielle des limites territoriales, respectueuse à la fois du droit administratif et des usages coutumiers, permettra de restaurer durablement la confiance et de préserver la paix entre les populations Wê de cette partie du pays.


Cadre originaire du canton Zaké-Blao, Mathias Lessiéhi estime, pour sa part, que l'intervention de l'Agence foncière rurale est devenue indispensable. Selon lui, la sécurisation des terres de Yaondé et de Guitrozon par l'AFOR constitue une étape essentielle pour prévenir tout affrontement et garantir aux populations des droits fonciers clairement établis.


Les appels convergent ainsi vers une implication rapide de l'AFOR et des pouvoirs publics afin de désamorcer cette crise avant qu'elle ne dégénère. Pour les habitants, l'enjeu dépasse désormais la seule question des terres : il s'agit de préserver la paix, la cohésion sociale et les conditions d'un développement durable dans une région qui a payé un lourd tribut lors de la crise militaro-politique de 2002 et de la crise postélectorale de 2011, notamment à Guitrozon, où de nombreuses vies avaient été perdues.


 


Jean Chresus, Abidjan


 
 
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