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Côte d'Ivoire : Procès Mohamed Achirou, les parties civiles maintiennent leurs accusations et réclament 201 millions FCFA, l'affaire renvoyée au 27 juillet
 

Côte d'Ivoire : Procès Mohamed Achirou, les parties civiles maintiennent leurs accusations et réclament 201 millions FCFA, l'affaire renvoyée au 27 juillet

 
 
 
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 Il y a 14 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - lundi 20 juillet 2026 - 23:36

Le procès relatif à l'affaire des 201 millions FCFA, examiné lundi 21 juillet 2026 devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF), a franchi une nouvelle étape. Après une première audience marquée par l'absence des parties civiles, les plaignants, les prévenus ainsi que leurs conseils étaient cette fois tous présents, permettant au tribunal d'entrer dans le vif des débats.


Poursuivis pour abus de confiance portant sur 201 millions de FCFA pour l'un d'eux, complicité pour deux autres prévenus et blanchiment de capitaux pour l'ensemble des mis en cause, les accusés ont assisté aux longues déclarations des plaignants, entendus pendant plus de deux heures. Au terme de cette audience, la présidente du tribunal a renvoyé l'affaire au lundi 27 juillet 2026 pour la poursuite des débats.


À la barre, Bini Kouabena et Tah Kobina Thomas ont retracé les origines d'un différend qu'ils présentent comme un conflit commercial ayant progressivement pris une tournure judiciaire. Au cœur du dossier figurent plusieurs structures intervenant dans la filière hévéa, notamment la Compagnie ivoirienne d'hévéa (CIH), présidée par Tah Kobina Thomas, la société Prime Prestige dirigée par Mohamed Achirou, ainsi que les coopératives COPHEZ et PCNB.


Selon les plaignants, un montant global de 395 millions de FCFA avait été confié à la coopérative COPHEZ afin d'assurer l'achat de fonds de tasse d'hévéa destinés à l'usine. Ils expliquent cependant que le responsable de COPHEZ leur aurait indiqué avoir transféré une partie de ces fonds à la coopérative PCNB, au motif que COPHEZ ne disposait pas des autorisations nécessaires pour mener cette activité. Plusieurs mois plus tard, affirment-ils, ni les produits attendus ni les sommes engagées n'auraient été récupérés, les conduisant à saisir la justice.


Interrogés par le parquet sur les griefs formulés contre Mohamed Achirou, les plaignants ont expliqué que Prime Prestige était liée à la CIH par un contrat d'agence portant sur l'achat des produits. Ils reconnaissent que le dirigeant de Prime Prestige leur a déclaré avoir effectué les paiements au profit de PCNB. Toutefois, ils estiment que la chaîne de paiement aurait été irrégulièrement organisée.


Ils ont notamment souligné que le secrétaire exécutif de PCNB occupait simultanément les fonctions de directeur des achats au sein de la CIH, une situation qu'ils jugent problématique. Selon eux, les règlements auraient dû être encaissés par les services comptables de la compagnie et non par le directeur des achats. Ils reprochent également à Mohamed Achirou d'avoir procédé à des paiements qu'ils qualifient de mal exécutés, estimant que cette gestion est à l'origine du préjudice qu'ils évaluent à 201 millions de FCFA.


 

À une autre question du parquet portant sur les relations entre Prime Prestige et COPHEZ, les parties civiles ont précisé qu'aucun contrat ne liait directement ces deux structures, rappelant que le partenariat commercial avait été signé exclusivement entre la CIH et Prime Prestige. Elles ont insisté sur le fait que leur demande devant le tribunal vise le remboursement des 201 millions de FCFA remis au responsable de PCNB pour l'acquisition des produits.


Face aux interrogations du ministère public sur les raisons pour lesquelles Prime Prestige aurait acheté des produits sans qu'ils ne soient effectivement payés, les plaignants ont indiqué attendre des explications sur le rôle exact joué par les responsables de PCNB. Ils souhaitent notamment déterminer si les informations qui leur ont été communiquées étaient conformes à la réalité.


Les échanges se sont également étendus à une autre procédure judiciaire impliquant les mêmes protagonistes. L'avocat des parties civiles a révélé qu'une information distincte est actuellement instruite devant le troisième cabinet. La défense a aussitôt réagi en estimant que cette circonstance ne devait pas empêcher le PPEF de poursuivre l'examen du dossier dont il est saisi, faisant valoir que les deux procédures suivraient leur cours conformément aux décisions des juridictions compétentes.


Enfin, le parquet s'est intéressé aux relations financières entre la CIH et Prime Prestige. Les plaignants ont reconnu que la compagnie ivoirienne d'hévéa reste redevable de certaines sommes envers son partenaire commercial, précisant que les comptes définitifs entre les deux entreprises n'ont jamais été arrêtés en raison d'un désaccord portant sur l'utilisation de 322 tonnes de produits.


Ils ont également évoqué les difficultés rencontrées avec plusieurs fournisseurs, affirmant que certains d'entre eux les ont fortement relancés pour obtenir le paiement de leurs créances. À titre d'exemple, ils ont indiqué qu'un fournisseur ayant avancé 300 millions de FCFA n'aurait perçu que 93 millions. Ils soutiennent en outre que Prime Prestige aurait émis des chèques au porteur, tandis que les responsables des coopératives leur assuraient que les producteurs avaient été intégralement payés, ce qu'ils contestent. Selon leurs déclarations, environ 70 % des dettes auraient finalement été apurées.


 

Le tribunal poursuivra l'examen de cette affaire le 27 juillet prochain, une audience attendue qui devrait permettre d'approfondir les responsabilités de chacun dans ce dossier financier particulièrement complexe.




Jean Chresus, Abidjan 


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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