Cameroun : Biya absent depuis 43 jours, le debat sur la vacance du pouvoir relancé
Paul Biya
Depuis le 7 juin 2026, le chef de l’État camerounais âgé de 93 ans est en "court séjour privé" en Europe.
L’opposition et des constitutionnalistes relancent depuis le débat sur la vacance du pouvoir.
Il est parti un dimanche. Officiellement le communiqué y relatif a parlé d’un "court séjour privé en Europe" avec son épouse.
43 jours plus tard, le président Paul Biya n’est toujours pas rentré au Cameroun.
Son silence alimente toutes les rumeurs. Sur les réseaux, dans les médias, dans les salons : une seule question revient. Où est le président Paul Biya ? Quel est son état de santé ?
L’UDC monte au créneau
Face au vide, l’opposition monte au créneau.
Le parti UDC a publiquement appelé à "sécuriser la continuité de l’État". Jean-Michel Nintcheu député de l’opposition a invité le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir.
De son côté, le parti au pouvoir tente de rassurer. Mais sans apparition publique du président, le malaise grandit.
Pr Aba’a Oyono : "Le Conseil constitutionnel commet une faute professionnelle"
C’est dans ce contexte que le Pr Jean Calvin Aba’a Oyono publie une analyse explosive intitulée "Problématique posture de président de la République à éclipse".
Pour l’universitaire, l’absence de plus de 40 jours du chef de l’État pose un problème institutionnel majeur.
"Le Conseil constitutionnel commet une faute professionnelle par évitement de ce débat sur les vacances et empêchements présidentiels", dénonce-t-il.
Le Pr Aba’a Oyono rappelle que la Constitution impose au président des obligations de présence et de garantie du fonctionnement régulier des institutions. Or, dit-il, "le manque de communication des autorités favorise les rumeurs et soulève des questions sur l’exercice effectif du pouvoir".
Dans son texte, il clarifie les notions de vacance du pouvoir et d’empêchement prévues par la Constitution. Selon lui, les zones d’ombre du texte fondamental fragilisent la sécurité juridique du pays.
"Le problème du développement institutionnel du Cameroun repose, en grande part, sur ce Conseil Constitutionnel manifestement partisan et déclarant incroyablement son incapacité juridique à assurer la défense des droits fondamentaux rudoyés par le pouvoir", assène-t-il.
Débat constitutionnel relancé
Au cœur du débat : qui constate la vacance ? Comment ? Et dans quel délai ?
Le professeur appelle le Conseil constitutionnel à "jouer pleinement son rôle d’interprète de la Constitution afin de clarifier ces situations exceptionnelles et de garantir la continuité de l’État".
En attendant, Yaoundé vit au rythme des spéculations 43 jours après le départ du président.
Le Conseil constitutionnel osera-t-il se prononcer ? Le débat est désormais ouvert.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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