Cedeao : Lancement de la monnaie unique ECO réitéré pour 2027, évolution du processus
Des dirigeants de la CEDEAO en Sierra Leone (ph)
Les dirigeants ouest-africains ont réaffirmé leur engagement à lancer la monnaie unique ECO tant attendue, en 2027, en tant qu’instrument essentiel pour approfondir l’intégration économique régionale et promouvoir une croissance durable, résiliente et inclusive au sein de la Communauté.
La réaffirmation de ce projet est contenue dans le communiqué final de la 69e session ordinaire du 69e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, qui s’est tenu le 19 juillet à Freetown en Sierra Leone.
Le sommet a projeté que le lancement de l’ECO débutera avec les pays qui satisfont aux critères de convergence macroéconomique établis et qui sont prêts à y participer. Les pays qui ne sont pas encore prêts bénéficieront d’un soutien approprié pour faciliter leur adhésion ultérieure à la monnaie unique.
Pour être éligibles à l’union monétaire, les Etats membres doivent respecter certains critères, notamment maintenir un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB, contenir l’inflation annuelle en dessous de 10 % et détenir des réserves extérieures brutes équivalentes à au moins trois mois de couverture des importations.
Première phase de lancement
La première phase de mise en œuvre devra concerner la Sierra Leone, le Libéria, le Nigéria, le Ghana, la Guinée et la Gambie, sous réserve du respect des critères convenus et de la finalisation des structures de gouvernance institutionnelle.
Le sommet a chargé la Commission de la CEDEAO d'intensifier ses consultations avec les gouverneurs des banques centrales afin de formuler des propositions consensuelles sur les questions en suspens essentielles à l'introduction de la monnaie.
Selon le communiqué, les pays qui ne remplissent pas encore les conditions requises bénéficieront d'un soutien technique et structurel afin de les aider à se qualifier pour les phases ultérieures de l'union monétaire.
Enregistrement de la marque « ECO »
Les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO se sont félicités de l'enregistrement du nom « ECO » auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).
Ils ont chargé la Commission de la CEDEAO de faire enregistrer la marque « ECO », en tant que dénomination de la monnaie unique de la CEDEAO, auprès des autres organismes régionaux et internationaux compétents en matière de propriété intellectuelle.
Requête de la Guinée
Le communiqué a souligné que le sommet a pris note avec satisfaction de la demande de la République de Guinée de rejoindre la Task Force présidentielle sur le Programme de la monnaie unique de la CEDEAO.
La Conférence a approuvé cette demande et a, en outre, instruit la Commission de la CEDEAO de prendre toutes les dispositions nécessaires pour convier une réunion de la Task Force présidentielle sur le Programme de la monnaie unique de la CEDEAO, avant le sommet ordinaire de décembre 2026, en collaboration avec le Président de la République de Côte d’Ivoire, seul membre encore en fonction de la Task Force présidentielle.
L'importance de l'ECO
La monnaie ECO proposée devra transformer les relations économiques en Afrique de l'Ouest en éliminant de nombreux obstacles liés à la multiplicité des monnaies nationales. Les entreprises opérant dans les pays de la CEDEAO sont actuellement confrontées aux fluctuations des taux de change, aux coûts de conversion des devises et à des systèmes de paiement transfrontaliers complexes qui augmentent le coût du commerce.
Les économistes estiment qu'une union monétaire réussie pourrait réduire considérablement ces difficultés, permettant aux entreprises de réaliser des transactions plus efficacement tout en encourageant l'investissement et les chaînes de valeur régionales.
La monnaie unique devra également améliorer la transparence des prix, faciliter la circulation des capitaux et encourager une plus grande coopération économique entre les États membres.
Le projet ECO, initialement conçu il y a plus de vingt ans, est considéré comme l'une des initiatives d'intégration économique les plus ambitieuses du continent africain. S'il est mené à bien, il devra faciliter le commerce transfrontalier, réduire les coûts de transaction, améliorer la stabilité financière et renforcer la compétitivité des économies ouest-africaines sur les marchés mondiaux.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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