Côte d'Ivoire : Diamant, Or, minéraux critiques, le Gouvernement signe un partenariat stratégique avec le Botswana pour accélérer la transformation industrielle
En signant, ce 30 juillet à Gaborone, son tout premier accord de coopération avec le Botswana dans les secteurs des mines et de l'énergie, la Côte d'Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa stratégie extractive. Au-delà du partage d'expertise, Abidjan entend s'inspirer du modèle botswanais, considéré comme une référence mondiale en matière de gouvernance minière, afin de transformer ses richesses géologiques en moteur de développement économique, industriel et social.
La Côte d'Ivoire ouvre un nouveau chapitre de sa politique minière. Après avoir consolidé son attractivité auprès des grands groupes internationaux et enregistré plusieurs découvertes aurifères majeures, le pays mise désormais sur la création de valeur locale.
Cette ambition s'est concrétisée, jeudi 30 juillet, à Gaborone, avec la signature du premier accord de coopération de l'histoire entre la Côte d'Ivoire et le Botswana dans les secteurs des mines et de l'énergie. Le protocole d'accord a été signé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo.
L'objectif est clair : s'inspirer de l'expérience du Botswana, largement reconnu comme l'un des meilleurs modèles africains de gouvernance et de valorisation des ressources minières.
La signature de cet accord est l'aboutissement d'un rapprochement engagé il y a seulement six mois entre les deux pays. Ce processus a notamment été marqué par la rencontre entre le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue botswanais, Duma Gideon Boko, en marge du Sommet France-Afrique organisé à Nairobi en mai dernier.
Depuis la première mission officielle de Mamadou Sangafowa-Coulibaly à Gaborone, en février, les échanges techniques se sont intensifiés. Des experts botswanais se sont notamment rendus sur les sites diamantifères de la Société pour le développement minier de la Côte d'Ivoire (SODEMI), afin d'identifier les premiers projets de coopération.
« Toutes ces missions ont permis d'identifier des projets concrets qui seront mis en œuvre dans le cadre de ce protocole d'accord », a souligné le ministre ivoirien.
Le protocole d'accord couvre l'ensemble des segments stratégiques du secteur minier. Il porte notamment sur la recherche géologique, l'exploration, le développement de la filière diamant, l'exploitation des ressources aurifères, les minéraux critiques, la gouvernance, la formation ainsi que le renforcement de la coopération institutionnelle.
Mais au-delà des aspects techniques, l'ambition est de permettre à la Côte d'Ivoire d'adopter une méthode de développement ayant fait ses preuves.
Le Botswana est en effet souvent cité comme l'exemple africain le plus abouti dans la gestion des ressources naturelles. En l'espace d'un demi-siècle, le pays est parvenu à bâtir autour du diamant une industrie intégrée maîtrisant toute la chaîne de valeur, de l'exploration à la commercialisation, tout en faisant des revenus miniers un puissant levier de développement économique et social.
Pour Abidjan, cette expérience représente un modèle de transformation économique.
Ces dernières années, la Côte d'Ivoire s'est imposée comme l'un des territoires miniers les plus dynamiques d'Afrique de l'Ouest grâce à plusieurs découvertes de classe mondiale, notamment à Koné, Tanda-Iguela et Doropo. À ces gisements aurifères s'ajoutent d'importantes perspectives dans le manganèse, le nickel, le lithium et le diamant.
Le défi consiste désormais à aller au-delà de la simple découverte de gisements pour développer une véritable industrie capable de créer des emplois qualifiés, de favoriser les transferts de technologies et d'accroître la valeur ajoutée produite localement.
Lors de sa première visite au Botswana, Mamadou Sangafowa-Coulibaly avait d'ailleurs résumé cette ambition en saluant la réussite botswanaise : « Vous avez su transformer vos ressources minières, notamment le diamant, en un levier de développement économique et social. C'est une réussite que nous admirons sincèrement. »
Le ministre avait également défini ce qui constitue désormais l'un des fondements de la politique minière ivoirienne : « La véritable réussite d'un secteur extractif ne se mesure pas uniquement au volume des découvertes, mais à sa capacité à générer une dynamique économique endogène. »
Selon le ministre, cette coopération doit également bénéficier au secteur privé.
Le protocole vise à créer un environnement favorable au développement de partenariats entre les entreprises ivoiriennes et botswanaises, avec pour ambition de stimuler les investissements, les transferts de technologies ainsi que la mise en œuvre de projets industriels communs.
L'objectif est de renforcer progressivement l'écosystème minier national en développant des compétences locales et en améliorant la valorisation des ressources stratégiques, notamment les minéraux critiques dont la demande mondiale est portée par la transition énergétique.
Cet accord s'inscrit dans une dynamique plus large de la diplomatie économique ivoirienne.
Après le rapprochement engagé avec l'Algérie dans le domaine énergétique et le plaidoyer en faveur de la transformation locale des ressources africaines lors du Forum sur les minéraux critiques organisé à Abidjan, le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie fait désormais de la coopération Sud-Sud un axe majeur de sa stratégie.
Au-delà de la mobilisation des capitaux étrangers, la Côte d'Ivoire entend miser sur le partage des meilleures pratiques africaines afin d'accélérer la montée en puissance de son industrie extractive et de faire de ses ressources minières un véritable moteur de croissance durable et de développement.
Wassimagnon
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