Cameroun : Accusations contre Eto'o : la Fecafoot dénonce une « campagne de diffamation » sur fond de présidentielle FIFA
Depuis plusieurs semaines, la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) et son président Samuel Eto'o font l'objet d'une vague d'accusations relayées par des médias et sur les réseaux sociaux. En cause : la gestion des fonds générés par les rencontres amicales des Lions Indomptables, ainsi que l'usage des subventions de la CAF et de la FIFA. Une polémique qui intervient dans un contexte particulier, celui du soutien affiché de l'ancien international à Gianni Infantino, président sortant de la FIFA.
Dans un communiqué, le Comité exécutif de la Fecafoot dénonce une campagne de « diffamation » et de « calomnie » qu'il attribue à des « officines organisées ». L'instance fait notamment état de documents qu'elle qualifie d'obtenus frauduleusement par d'anciens employés, en violation de leurs clauses contractuelles, et qui circuleraient depuis dans les médias et sur les plateaux de télévision.
La fédération rappelle que ses ressources proviennent de plusieurs sources : émission de licences, contrats de sponsoring, billetterie, matchs amicaux, ainsi que les subventions de la CAF et de la FIFA. Elle affirme que ces flux font l'objet d'audits réguliers menés par des cabinets indépendants, mandatés par l'Assemblée Générale, et que cette rigueur aurait permis au Cameroun de rester éligible à plusieurs programmes de développement du football.
Sur la question spécifique des fonds issus des matchs amicaux, au cœur de la polémique, la Fecafoot précise que toutes les décisions relatives à leur captation et à leur emploi auraient été prises collégialement par l'ensemble des vice-présidents lors des Comités d'urgence, puis rapportées au Comité exécutif.
Coïncidence de calendrier
Ce qui retient l'attention des observateurs, c'est le timing de cette offensive médiatique. Elle survient alors qu'Eto'o a publiquement apporté son soutien à Gianni Infantino, dans un contexte de tensions internes à la FIFA autour de la prochaine échéance électorale à la tête de l'instance mondiale. Pour certains commentateurs, cette concomitance n'est pas anodine et pourrait traduire des règlements de comptes politiques, camerounais ou internationaux, se jouant par médias interposés. Pour d'autres, il s'agit d'une lecture qui prête à la gestion sportive nationale des enjeux géopolitiques qui lui sont étrangers, et les critiques renverraient avant tout à des questions de gouvernance interne, indépendantes du calendrier FIFA.
Judiciarisation du conflit ?
Fait notable, la Fecafoot annonce un changement de posture : les poursuites judiciaires contre les auteurs de ce qu'elle qualifie de « cabale » seront désormais engagées « de façon systématique ». L'instance reconnaît que cette judiciarisation contrevient à son engagement habituel de régler les différends du football en dehors des tribunaux, mais dit s'y voir contrainte.
La fédération en profite également pour saluer le soutien financier de l'État camerounais aux sélections nationales, tout en rappelant que ce financement s'inscrit dans un cadre budgétaire contrôlé et discrétionnaire, distinct des fonds propres de la fédération.
Ce que dit - et ne dit pas - le communiqué
Le texte de la Fecafoot ne détaille pas nommément les accusations portées contre elle ni contre son président, ni l'identité des personnes ou médias visés par les futures poursuites. Il ne répond pas non plus directement à la question d'un éventuel lien avec le soutien d'Eto'o à Infantino — un silence qui laisse la porte ouverte aux interprétations, dans un sens comme dans l'autre.
L'affaire devrait se poursuivre sur le terrain judiciaire, comme l'annonce désormais la Fecafoot elle-même.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
