Côte d'Ivoire : Crise des ordures à Abidjan, près d'un mois après, les déchets continuent de résister aux promesses du gouvernement, les populations toujours exposées
Abidjan peine toujours à venir à bout de la crise des ordures ménagères. Près d'un mois après l'annonce du gouvernement promettant un retour à la normale en 72 heures, de nombreux quartiers de la capitale économique ivoirienne restent confrontés à l'accumulation de déchets. Une situation qui suscite l'inquiétude des populations, particulièrement en cette saison des pluies, propice à la propagation des maladies.
Les ordures ménagères continuent de s'amonceler dans plusieurs communes d'Abidjan, en dépit des assurances données par le gouvernement. Lors d'un point de presse, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait annoncé que les déchets seraient totalement enlevés dans un délai de 72 heures.
Plus de deux semaines après cette déclaration, le constat sur le terrain est tout autre. D'Abobo à Adjamé, en passant par Marcory, Yopougon, Treichville, Koumassi et Port-Bouet, les tas d'immondices demeurent visibles sur plusieurs artères et à de nombreux carrefours. Les bacs à ordures débordent, en attendant le passage des entreprises chargées d'acheminer les déchets vers le centre d'enfouissement technique de Kossihouen.
Cette situation contraint les riverains à cohabiter avec les déchets, au risque d'être exposés à diverses maladies, alors que la saison des pluies favorise la prolifération des moustiques et d'autres vecteurs de maladies.
Toutefois, comparativement aux jours précédents, une légère amélioration est perceptible dans certains secteurs de la ville. Des opérations de ramassage semblent avoir permis de réduire les volumes de déchets à certains endroits, même si plusieurs points noirs persistent.
Selon des informations recueillies auprès de professionnels du secteur de la gestion des déchets, le centre d'enfouissement technique de Kossihouen ne serait pas saturé. Il fonctionnerait actuellement à seulement un tiers de ses capacités. En revanche, seule l'étape de traitement des lixiviats (les eaux issues des déchets) serait effectivement opérationnelle.
Les autres installations prévues lors de la mise en service du site, notamment celles dédiées à la valorisation et à la transformation des déchets, n'auraient toujours pas été mises en exploitation. Cette situation réduirait considérablement les capacités opérationnelles du centre et compliquerait l'évacuation régulière des ordures ménagères produites par le district autonome d'Abidjan.
Face à cette crise qui perdure, les populations attendent désormais des mesures concrètes et durables, afin de restaurer un cadre de vie sain et d'éviter une dégradation de la situation sanitaire dans la capitale économique.
Wassimagnon
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