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Côte d'Ivoire : Portefeuille Banque mondiale, le gouvernement fixe le cap d'un décaissement à 32 %, avec 40 % en ligne de mire
 

Côte d'Ivoire : Portefeuille Banque mondiale, le gouvernement fixe le cap d'un décaissement à 32 %, avec 40 % en ligne de mire

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 17 septembre 2026 - 20:28

À l’ouverture de l’année fiscale 2026-2027 du portefeuille des projets et programmes financés ou cofinancés par la Banque mondiale, le Gouvernement ivoirien a fixé un objectif minimal de décaissement de 32 % au 30 juin 2027, soit environ 470 milliards de FCFA, tout en ouvrant la possibilité d’atteindre 40 %. Une ambition partagée par la Banque mondiale, qui appelle à accélérer l’exécution des projets pour transformer plus rapidement les financements en résultats concrets pour les populations.



La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau palier dans l’exécution de son portefeuille de projets et programmes financés ou cofinancés par la Banque mondiale. Réunis jeudi 17 septembre 2026 à la Salle des fêtes du 20e étage de l’immeuble SCIAM, à Abidjan, à l’occasion de la rentrée fiscale 2026-2027, les principaux acteurs de cette coopération ont fait le bilan de l’exercice écoulé et arrêté les priorités de la nouvelle année fiscale.


Placée sous la présidence de M. Adama Coulibaly, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, la rencontre a réuni les représentants des ministères sectoriels, les unités de coordination des projets, les acteurs de la chaîne de la dépense ainsi que les équipes de la Banque mondiale et les autres parties prenantes du portefeuille. Le mot d’ordre de cette nouvelle année fiscale est clairement affiché : « Consolider les acquis, accélérer l’exécution ».


Au 30 juin 2026, le portefeuille ivoirien comptait 25 opérations actives, dont cinq opérations régionales, pour un engagement global de 2 598,96 milliards de FCFA. Les interventions couvrent plusieurs domaines stratégiques : infrastructures et développement urbain, capital humain, agriculture, environnement, eau et assainissement, numérique, emploi, gouvernance et énergie.


L’exercice 2025-2026 s’est achevé sur une progression du taux de décaissement. Celui-ci s’est établi à 29,13 %, contre 25,1 % l’année précédente, se rapprochant ainsi de l’objectif de 30 % fixé pour l’exercice.


Cette performance représente une progression de près de quatre points et traduit, selon les responsables du portefeuille, une dynamique d’amélioration continue observée ces dernières années.


Dans le détail, les projets relevant du Financement de Projets d’Investissement (FPI) ont enregistré un taux de décaissement de 25,77 %, contre 31,38 % pour les programmes régionaux et 38,04 % pour les opérations relevant du Programme axé sur les Résultats (PforR).


L’année fiscale écoulée a également été marquée par la négociation de 11 opérations, pour un montant global de 1,4 milliard de dollars, dont 400 millions de dollars au titre de la première opération de la série d’Appui aux Politiques de Développement.


Prenant la parole à cette occasion, Adama Coulibaly a appelé l’ensemble des acteurs à changer d’échelle dans le rythme d’exécution.


« Le taux de décaissement s’est établi à 29,13 %, contre 25,1 % un an plus tôt, avec plus de 500 milliards de francs CFA injectés dans notre économie », a relevé le ministre, saluant les efforts consentis par les différentes parties prenantes.


Mais pour le Gouvernement, les résultats obtenus ne doivent pas conduire à relâcher les efforts. Au 1er juillet 2026, le solde disponible à décaisser s’élevait à 1 469,7 milliards de FCFA. Parallèlement, sept nouveaux projets intègrent le portefeuille, tandis que cinq opérations doivent arriver à leur terme au cours de la nouvelle année fiscale.


Compte tenu de cette configuration et de la durée résiduelle des opérations, le ministre a fixé la barre à 32 % au minimum, soit environ 470 milliards de FCFA de décaissements sur l’exercice 2026-2027.


« Minimum 32 %, maximum 40 % », a-t-il résumé, précisant que l’objectif de 32 % constituait un seuil minimal et que les acteurs du portefeuille pouvaient aller jusqu’à 40 %.


 

Pour atteindre cette ambition, trois principaux points de vigilance ont été identifiés. Le premier porte sur la concentration des décaissements. Six opérations stratégiques devraient générer plus de la moitié des ressources attendues, notamment à travers des marchés de travaux, de fournitures et de prestations intellectuelles. Les retards dans la passation ou l’exécution de ces marchés pourraient donc avoir un effet direct sur la performance globale du portefeuille.


Le deuxième concerne la montée en régime des opérations récentes, parmi lesquelles le COSO Ouest, le PACI, le PAGDS2 et le CIRA. Leur entrée dans une phase plus active nécessitera, selon le ministre, une attention particulière sur la mise en place des équipes, les dispositifs fiduciaires, les sauvegardes environnementales et sociales et le suivi des résultats.


Le troisième point de vigilance est lié à la détection précoce des projets en difficulté. Le ministre a insisté sur la nécessité de traiter les goulots d’étranglement dès leur apparition, grâce à une concertation renforcée entre les différents acteurs.


Dans cette perspective, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget continuera de présider, chaque trimestre, une réunion stratégique élargie aux ministères sectoriels, aux acteurs de la chaîne de la dépense et aux coordonnateurs des projets.

Ces rencontres seront consacrées au suivi des performances, aux orientations et aux arbitrages nécessaires.


Le ministre a également rappelé l’engagement pris auprès du Premier ministre concernant l’évaluation des contrats de performance des coordonnateurs. Les plans de performance devront ainsi être évalués à la fin de l’année civile.


Dans son intervention, Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice de division de la Banque mondiale, a salué le leadership du Gouvernement ivoirien ainsi que les efforts engagés pour améliorer l’exécution du portefeuille.


Elle a indiqué que le portefeuille de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire s’élève désormais à près de 5,3 milliards de dollars, faisant du pays l’un des principaux portefeuilles de l’institution dans la région.

Pour la responsable de la Banque mondiale, le principal enjeu est désormais d’accélérer davantage la mise en œuvre des projets, notamment pour répondre aux attentes de la jeunesse ivoirienne en matière d’emplois et d’opportunités.


Elle a rappelé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030 ambitionne la création de 3 à 4 millions d’emplois à l’horizon 2030.


La Directrice de division a également souligné que les taux de décaissement ne constituent pas de simples indicateurs financiers. Ils correspondent, selon elle, à des réalisations susceptibles d'améliorer concrètement les conditions de vie des populations.


Elle s’est par ailleurs félicitée des performances enregistrées au cours de l’année fiscale 2026, rappelant qu’un taux de décaissement de 20 % avait initialement été envisagé. Les résultats ayant dépassé les prévisions, elle a appelé les acteurs à viser désormais 40 %, afin d’accélérer la transformation des ressources mobilisées en réalisations.


Marie-Chantal Uwanyiligira a également mis en avant les réformes engagées par la Banque mondiale pour raccourcir les délais de préparation des projets.


Selon elle, la durée moyenne de préparation des opérations est passée de 19 mois à environ neuf mois au niveau de l’institution. Certains projets mis en œuvre en Côte d’Ivoire ont même pu être préparés en six mois, notamment dans le secteur du gaz.

Mais au-delà de la préparation, la responsable de la Banque mondiale a insisté sur la nécessité de résoudre rapidement les difficultés rencontrées pendant l’exécution.


Elle a ainsi proposé de renforcer la présence des équipes de la Banque mondiale auprès des ministères afin d’identifier plus rapidement les blocages, de faciliter la prise de décision et d’accompagner directement la mise en œuvre des programmes.


 

L’objectif est de privilégier une approche davantage orientée vers la résolution des problèmes et les résultats. La Banque mondiale entend par ailleurs poursuivre son accompagnement dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’énergie et la protection sociale. L’institution prévoit notamment d’accompagner l’objectif de près de six millions de connexions à l’électricité et envisage un financement additionnel de 120 millions de dollars pour le programme de protection sociale.


Le ministre Adama Coulibaly a, de son côté, insisté sur la nécessité d’un partenariat fondé sur des engagements réciproques.

« Pour ma part, je prends l’engagement d’atteindre un taux minimal de décaissement de 32 % au 30 juin 2027 », a-t-il déclaré.


Le Gouvernement souhaite notamment que la Banque mondiale poursuive ses efforts pour réduire les délais de délivrance des avis de non-objection, identifiés comme l’un des principaux facteurs de ralentissement signalés par les unités de coordination.


Il a également sollicité un accompagnement technique renforcé pour les nouvelles opérations ainsi que la poursuite de l’appui aux plans d’action de réinstallation.

Pour le ministre, l’objectif dépasse toutefois la seule amélioration des indicateurs financiers. Il doit se traduire par des réalisations visibles sur le terrain.


« Une route praticable. Une école ouverte. Un centre de santé équipé. Un quartier assaini. Un jeune formé et inséré », a-t-il énuméré, rappelant que la finalité des financements reste l'amélioration concrète des conditions de vie des populations.


La rentrée fiscale 2026-2027 intervient également à un moment important pour l’avenir de la coopération entre la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale. Marie-Chantal Uwanyiligira a annoncé le lancement de la préparation de la prochaine stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, avec l’ambition de la finaliser avant mai 2027. Cette nouvelle stratégie devrait être accompagnée de programmes concrets afin de renforcer le passage de la stratégie à l’action et l’impact du partenariat sur les populations.


Au terme de la rencontre, un message commun se dégage : l’enjeu de la nouvelle année fiscale ne réside plus seulement dans la mobilisation des ressources, mais dans leur transformation rapide et efficace en résultats.


Avec un portefeuille de plus de 2 500 milliards de FCFA d’engagements au niveau des opérations actives et un solde à décaisser de près de 1 470 milliards de FCFA, la Côte d’Ivoire entend accélérer le rythme d’exécution.


Le Gouvernement fixe ainsi un plancher de 32 %, tandis que la Banque mondiale encourage une ambition pouvant atteindre 40 %. Les douze prochains mois devront permettre de mesurer la capacité collective des acteurs à convertir ces objectifs en réalisations concrètes.


C’est sur cet engagement que le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a déclaré ouverte l’année fiscale 2026-2027 du portefeuille des projets et programmes financés ou cofinancés par la Banque mondiale.



Wassimagnon


 
 
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