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Côte d'Ivoire : « On ne veut pas mourir chez nous », crient des habitants d'un quartier de Bouaké terrifiés par les inondations
 

Côte d'Ivoire : « On ne veut pas mourir chez nous », crient des habitants d'un quartier de Bouaké terrifiés par les inondations

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 06 août 2026 - 15:36

Les maisons sous l'eau (ph KOACI) 


Depuis le 14 juin 2025, plus d’un an s’est écoulé. Ce jour-là, une équipe de l'entreprise Porteo s’était rendue au quartier Belleville 1, au carrefour ENI, à quelques mètres de la Mosquée Mariam. Mètre en main, les techniciens avaient relevé les distances devant servir à la réalisation de caniveaux pour évacuer les eaux de pluie qui stagnent et provoquent des inondations. À la veille de la fête de l’indépendance, aucune trace de travaux. Aucun caniveau. Aucune réponse.


Pourtant, la situation s’aggrave de jour en jour. Toutes les familles dont les habitations sont bâties sur un îlot le long de la nouvelle voie bitumée vivent désormais dans la peur. À la moindre pluie, l’eau envahit les cours, les salons et les chambres. Les matelas flottent, les enfants sont perchés sur les tables et les parents passent la nuit à veiller, une lampe à la main, le regard fixé sur la montée des eaux. Le domicile de la famille Kaba et celui de tous leurs voisins sont pratiquement engloutis dès les premières gouttes.


Pour ces habitants, la pluie n’est plus une bénédiction. Elle est devenue une angoisse. « On ne demande pas le luxe. On demande juste de ne pas mourir chez nous », confie un père de famille, épuisé. Depuis des mois, les cris, les plaintes et les interpellations se multiplient. Mais aux yeux des autorités en charge de l’entretien et de la gestion des voiries, Belleville 1 ne semble pas être une priorité. Comme si ces vies comptaient moins.


 

L’ironie est d’autant plus cruelle que la voie bitumée elle-même, réalisée à coup de plusieurs centaines de millions de fcfa, est sur le point de s’affaisser à ce niveau précis. Rongée par les eaux stagnantes, la chaussée cède peu à peu. Bientôt, ce ne sont pas seulement les maisons qui risquent de s’effondrer, mais aussi l’infrastructure publique, construite avec l’argent du contribuable.


À quelques heures des célébrations de l’indépendance, le contraste est saisissant. Pendant que le pays s’apprête à chanter la liberté, des Ivoiriens sont prisonniers de l’eau dans leur propre maison, abandonnés à leur sort.


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Face à ce drame silencieux, les habitants lancent un cri de cœur. Ils interpellent directement le Ministre des Infrastructures et de l'Entretien Routier, Hien Yacouba Sié, et les autorités locales avec à leur tête le ministre Amadou Koné par ailleurs Maire de la commune de Bouaké. Ils ne veulent pas attendre un mort par noyade pour que l’on se décide enfin à agir. Ils réclament simplement le droit de vivre au sec et dans la dignité.


L’urgence est réelle. Les caniveaux promis depuis plus d’un an doivent être réalisés maintenant. Avant la prochaine pluie. Avant la prochaine veillée funèbre. Car à Belleville 1, l’eau monte. Et avec elle, la colère et le désespoir.


TK Emile


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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