Côte d'Ivoire : MIRAH, la guerre des communiqués s'intensifie entre la MA-MIRAH et le SYNHA-CI sur fond de gouvernance et le projet de précompte sur les salaires des agents
Le différend entre la Mutuelle des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MA-MIRAH) et le Syndicat national des Halieutes de Côte d'Ivoire (SYNHA-CI) franchit un nouveau cap. Après la diffusion d'un communiqué offensif de la Direction exécutive de la MA-MIRAH, le Secrétaire général du SYNHA-CI, Adou Koffi, réplique dans une lettre dénonçant une réponse « inappropriée » et réaffirmant les revendications du syndicat. Au-delà de la polémique sur un éventuel précompte sur les salaires des agents c'est la gouvernance de la mutuelle, le respect des procédures et les intérêts des agents du MIRAH qui se retrouvent au cœur des débats.
La tension ne retombe pas entre la Mutuelle des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MA-MIRAH) et le Syndicat national des Halieutes de Côte d'Ivoire (SYNHA-CI).
À l'origine de cette nouvelle passe d'armes figure une sommation adressée au Directeur de la Solde par le SYNHA-CI, par l'intermédiaire d'un commissaire de justice. Dans cette correspondance, le syndicat exprimait son opposition à un éventuel projet de précompte des cotisations sur les salaires des agents au profit de la MA-MIRAH.
Dans un communiqué signé par sa Direction exécutive, la MA-MIRAH affirme n'avoir jamais introduit de demande de précompte auprès de la Direction de la Solde.
L'organisation rappelle que l'article 55 de ses statuts prévoit effectivement la possibilité d'un prélèvement à la source des mutualistes, mais uniquement avec l'accord préalable de chaque membre participant.
Selon la mutuelle, cette disposition est conforme aussi bien au Code de la mutualité sociale qu'aux textes communautaires de l'UEMOA régissant les mutuelles sociales.
La Direction exécutive insiste également sur le caractère volontaire de l'adhésion à la mutuelle et estime qu'il est juridiquement impossible d'opérer un prélèvement sans le consentement de l'adhérent.
Le ton du communiqué est particulièrement ferme à l'endroit du Secrétaire général du SYNHA-CI, Adou Koffi.
La MA-MIRAH l'accuse de mener une campagne de désinformation et de diffamation autour du dossier. Elle annonce se réserver le droit de saisir les autorités compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ce qu'elle qualifie de campagne d'intoxication.
La Direction exécutive indique par ailleurs qu'Adou Koffi est lui-même adhérent à titre individuel à la mutuelle, tout en affirmant qu'il ne serait pas à jour de ses cotisations.
Enfin, la MA-MIRAH invite ses délégués et l'ensemble de ses mutualistes à rester mobilisés autour de son objectif principal, à savoir l'amélioration des conditions de vie et de la protection sociale des agents du ministère.
Dans une réponse adressée aux responsables de la MA-MIRAH, le Secrétaire général du SYNHA-CI regrette que la mutuelle ait choisi de répondre publiquement par un tract plutôt que d'apporter une réponse juridique ou administrative à la sommation qui lui avait été signifiée par voie d'huissier.
Selon Adou Koffi, lorsqu'un acte est contesté dans le respect des procédures légales, les responsables d'une organisation devraient répondre sur le terrain du droit, des faits et des textes, plutôt que d'alimenter une polémique médiatique.
Il estime que cette manière de procéder ne répond pas aux interrogations soulevées dans la sommation et détourne le débat de son véritable objet.
Au-delà de la controverse autour du précompte, le SYNHA-CI rappelle que sa priorité demeure la défense des intérêts matériels et moraux des agents du MIRAH.
Le syndicat insiste notamment sur sa principale revendication : l'obtention d'une prime d'incitation qu'il souhaite « conséquente, juste et équitable » pour l'ensemble des travailleurs du ministère.
Adou Koffi affirme que le SYNHA-CI ne se laissera détourner ni par les polémiques ni par les attaques personnelles et entend poursuivre son action dans le respect du dialogue social et des voies légales.
Dans sa conclusion, le Secrétaire général du SYNHA-CI invite les dirigeants de la MA-MIRAH à apporter des réponses précises sur les questions de fond soulevées par la sommation, notamment en matière de régularité des actes, de transparence et de respect des procédures.
À défaut de réponses jugées satisfaisantes, il indique se réserver le droit d'engager toute autre démarche appropriée afin de préserver les droits des travailleurs et d'assurer le respect des textes en vigueur.
Cette nouvelle confrontation illustre les tensions persistantes entre les deux organisations, dans un contexte où les questions de gouvernance, de représentativité et de protection des intérêts des agents du MIRAH demeurent au centre des préoccupations.
Wassimagnon
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