Côte d'Ivoire : Réforme du FDFP, Adama Kamara fixe le cap et appelle à une refonte sans rupture
Le Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son évolution. Un atelier consacré à l’examen et à la validation technique, juridique et institutionnelle des avant-projets de textes portant sur sa réforme s’est ouvert ce mardi 18 août 2026 à Assinie, en présence du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Me Adama Kamara.
Prévue sur trois jours, cette rencontre réunit plusieurs acteurs et experts appelés à passer au crible les différents textes proposés dans le cadre de la réforme. L’objectif affiché est de parvenir à un dispositif plus adapté aux transformations du monde du travail et aux nouveaux besoins en matière de formation et de développement des compétences.
À l’ouverture des travaux, le secrétaire général du FDFP, Philippe N’Dri, a insisté sur l’importance de cette étape. Pour lui, la réforme ne peut être portée par une seule institution. Elle doit s’appuyer sur la concertation et sur la diversité des expertises afin d’aboutir à des textes solides et applicables.
Il a notamment relevé les changements profonds intervenus dans l’économie, avec l’évolution des métiers, la transformation numérique, les nouvelles formes d’organisation du travail et le renforcement des exigences en matière de gouvernance. Autant de mutations qui, selon lui, imposent une adaptation du cadre juridique, institutionnel et opérationnel du FDFP.
Prenant la parole à son tour, le ministre Adama Kamara a voulu lever toute ambiguïté sur la portée de la réforme. « Elle n’est pas une remise en cause du FDFP », a-t-il clairement affirmé, précisant que les avant-projets soumis aux participants s’inscrivent dans une logique de réorganisation et de continuité institutionnelle.
Le ministre a ainsi assuré que la réforme ne prévoit ni dissolution, ni liquidation, ni cessation des activités du Fonds. Elle vise plutôt à consolider l’institution et à renforcer son efficacité dans le financement de la formation professionnelle, notamment grâce à un cadre juridique lui offrant davantage de souplesse et de capacités d’action.
Selon Adama Kamara, les évolutions du tissu productif ivoirien rendent cette réforme nécessaire. Les métiers se diversifient, les besoins en compétences deviennent plus spécialisés, l’apprentissage prend une place croissante dans l’insertion des jeunes et les acteurs de la formation professionnelle sont désormais plus nombreux. À cela s’ajoutent des exigences accrues en matière de traçabilité, de performance et de reddition des comptes.
Le ministre a également mis en avant les progrès réalisés ces dernières années par le FDFP, notamment dans le cadre de son plan stratégique 2023-2027. Il a cité l’éligibilité du dispositif de gestion du Fonds à l’approche harmonisée des transferts monétaires du système des Nations unies ainsi que l’obtention de la certification ISO 9001 version 2015. Des résultats qu’il considère comme des signes de la transformation engagée au sein de l’institution.
Pour Adama Kamara, ces acquis doivent désormais être accompagnés d’un cadre juridique et institutionnel à la hauteur des ambitions nationales en matière de capital humain et d’emploi. La réforme prévoit notamment de renforcer le rôle du futur dispositif dans le financement et la régulation des actions des différents acteurs relevant de son champ de compétence.
Durant les trois jours de travaux, les participants devront donc examiner les textes article par article, identifier les éventuelles insuffisances et formuler des amendements. Le ministre leur a demandé de ne pas se limiter à une validation de principe. Il attend des observations franches, une analyse rigoureuse et surtout des décisions concrètes.
« Ce que nous attendons de vous n’est pas seulement d’approuver, c’est de travailler sur ces textes », a-t-il lancé aux participants, les invitant à signaler toutes les difficultés susceptibles de compromettre la solidité juridique de la réforme.
À terme, les travaux doivent déboucher sur des projets de textes consolidés, une matrice des observations et amendements retenus ainsi qu’une conclusion claire pour chacun des avant-projets examinés.
En clôturant son intervention, le ministre a rappelé que l’enjeu dépasse le seul fonctionnement du FDFP. Derrière cette réforme se trouvent, selon lui, les jeunes à la recherche d’une qualification, les travailleurs appelés à se reconvertir et les entreprises confrontées à des besoins croissants en compétences. Autrement dit, la modernisation du dispositif de formation professionnelle constitue, pour le gouvernement, un levier directement lié à l’emploi, à la compétitivité et au développement du capital humain en Côte d’Ivoire.
Me Adama Kamara a finalement déclaré ouverts les travaux de l’atelier, appelant les participants à faire de ces trois jours un véritable exercice de consolidation et de sécurisation de la réforme du FDFP.
Jean Chresus, Abidjan
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