Côte d'Ivoire : Décentralisation, le PPA-CI veut rapprocher davantage la décision publique des citoyens
Ouallo Jean Luc (ph Koaci)
Le PPA-CI entend faire de la décentralisation un véritable levier de développement local et de réduction des disparités entre les territoires. C’est le sens de la présentation consacrée au sixième pilier du Pacte Social, « Décentralisation et Développement local », lors de la conférence de presse animée le mardi 18 août 2026 à Cocody par Ouallo Jean Luc, SGA en charge du pilier « Décentralisation et Développement local » du Pacte Social.
À travers cette présentation, le parti de Laurent Gbagbo a dressé un état des lieux du processus de décentralisation en Côte d’Ivoire, tout en mettant en avant plusieurs insuffisances qu’il entend corriger. Pour le PPA-CI, le transfert de compétences aux collectivités ne peut produire de résultats concrets si les ressources financières, humaines, matérielles et techniques ne suivent pas.
Le parti défend ainsi une approche dans laquelle les collectivités territoriales disposeraient d’une autonomie plus importante et de moyens correspondant réellement aux responsabilités qui leur sont confiées. « Aucune compétence sans ressources correspondantes », résume le document présenté lors de la conférence.
Dans son exposé, Ouallo Jean Luc a également évoqué l’évolution de la décentralisation depuis l’indépendance, avec un accent particulier sur les réformes intervenues sous la présidence de Laurent Gbagbo. Le document revient notamment sur la création des conseils généraux, le développement des communes rurales et le Programme spécial de transfert de la capitale à Yamoussoukro.
Le PPA-CI porte également un regard critique sur certaines réformes territoriales engagées après 2011. La création puis la suppression de plusieurs districts autonomes entre 2021 et 2026 est notamment présentée comme un exemple de décisions dont le parti souhaite interroger l’efficacité et le coût pour l’État. Le document soulève, à ce sujet, plusieurs interrogations sur les budgets mobilisés, les réalisations effectuées et la pertinence de la superposition des différentes autorités locales.
Au-delà de ces critiques, le parti propose une nouvelle orientation de la gouvernance territoriale. Celle-ci repose notamment sur une clarification des compétences entre l’État et les collectivités, une autonomie financière renforcée, la professionnalisation des administrations locales et une meilleure participation des citoyens à la gestion de leurs territoires.
Le PPA-CI souhaite également renforcer les ressources propres des collectivités, digitaliser le recouvrement, mieux valoriser le patrimoine et le foncier et développer les partenariats public-privé. Une attention particulière est accordée aux territoires ruraux, dont les capacités économiques ne sont pas comparables à celles des zones disposant d’un potentiel plus important.
Pour le parti, la décentralisation doit surtout permettre à chaque territoire de transformer ses potentialités en véritables opportunités économiques. Agriculture, pêche, élevage, tourisme, artisanat, commerce, industrie, économie numérique ou encore patrimoine culturel sont ainsi présentés comme autant de secteurs pouvant contribuer à la création d’emplois et de richesses au niveau local.
Le PPA-CI plaide par ailleurs pour une relation différente entre l’État et les collectivités. Il estime que l’État doit progressivement passer de la tutelle à l’accompagnement, de l’exécution directe à la régulation et de la concentration des décisions à davantage de subsidiarité.
L’objectif affiché est de faire des collectivités territoriales des acteurs à part entière du développement national, avec des élus capables d’agir, des administrations locales mieux outillées et des citoyens davantage associés aux décisions qui concernent leur quotidien.
À travers ce pilier du Pacte Social, le PPA-CI défend donc une décentralisation qui ne se limite plus à une organisation administrative. Il veut en faire un outil de proximité, d’autonomie et de développement, avec l’ambition de réduire les écarts entre les territoires et de faire en sorte qu’aucune commune, aucune région et aucune catégorie de population ne soit laissée de côté.
Jean Chresus, Abidjan
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