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Côte d'Ivoire : Filière Cacao, Vamara Bakayoko (SYNARFA-CI) : « La véritable protection du producteur ne s'arrête pas à la carte, elle passe par le respect du prix garanti »
 

Côte d'Ivoire : Filière Cacao, Vamara Bakayoko (SYNARFA-CI) : « La véritable protection du producteur ne s'arrête pas à la carte, elle passe par le respect du prix garanti »

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 19 août 2026 - 17:19



Le Syndicat national des agriculteurs pour la renaissance des filières agricoles de Côte d’Ivoire (SYNARFA-CI) hausse le ton sur deux sujets qui préoccupent particulièrement les producteurs de cacao. La gestion des stocks résiduels et l’exigence de la carte du producteur pour la commercialisation des fèves. 


À l’issue d’une tournée dans l’Ouest du pays, Vamara Bakayoko, responsable du SYNARFA-CI, a appelé les autorités à davantage de transparence sur les volumes de cacao encore en attente d’enlèvement et sur l’utilisation des ressources mobilisées pour cette opération.


Pour le syndicat, la carte du producteur peut constituer un outil utile pour assainir la filière, améliorer la traçabilité et mieux identifier les véritables producteurs. Mais elle ne doit en aucun cas devenir une barrière à la commercialisation de leur production.


« La véritable protection du producteur ne s’arrête pas à la carte, elle passe aussi par le respect du prix garanti », a indiqué Vamara Bakayoko.


Le SYNARFA-CI ne s’oppose donc pas au principe de la carte du producteur. Selon Vamara Bakayoko, cet outil peut permettre de mieux identifier les producteurs, de renforcer la traçabilité du cacao et de lutter contre certaines pratiques frauduleuses dans la filière.

Mais encore faut-il que sa mise en œuvre soit adaptée aux réalités du terrain.


Dans les zones rurales, le syndicat appelle à des procédures simples, rapides et accessibles, afin qu’un producteur régulièrement établi ne se retrouve pas dans l’impossibilité d’écouler sa récolte pour des raisons administratives.


« La carte doit être un instrument au service du producteur et non une contrainte supplémentaire », défend le responsable syndical.


Pour le SYNARFA-CI, la protection des producteurs doit surtout reposer sur plusieurs garanties à savoir, le respect du prix garanti, l’achat effectif de la production et le paiement dans des délais raisonnables.


Autrement dit, disposer d’une carte ne saurait suffire à résoudre les difficultés auxquelles les producteurs sont confrontés dans la commercialisation de leur cacao.


Cette question de la commercialisation est d’autant plus sensible que plusieurs producteurs seraient toujours en attente de l’enlèvement de leurs stocks de la précédente campagne.


Selon les estimations avancées par le SYNARFA-CI, environ 123 000 tonnes de cacao auraient été inventoriées dans le cadre de l’opération d’enlèvement des stocks résiduels. Sur ce volume, environ 23 000 tonnes auraient déjà été commercialisées, laissant un volume d’environ 100 000 tonnes à traiter.


Le syndicat estime par ailleurs, à plus de 20 000 tonnes le volume de cacao inventorié qui se trouverait encore entre les mains des producteurs.


Face à ces chiffres, Vamara Bakayoko réclame des données officielles et détaillées permettant de connaître précisément les volumes inventoriés, les quantités effectivement enlevées et le reliquat restant.


 

Pour le SYNARFA-CI, la publication de ces données permettrait de mettre fin aux estimations contradictoires et de donner aux producteurs une visibilité claire sur leurs stocks.


La crainte d’un chevauchement avec la campagne 2026-2027


Le syndicat redoute surtout que les stocks non évacués viennent s’ajouter aux nouvelles récoltes de la campagne 2026-2027.

Une telle situation pourrait accentuer les difficultés de stockage, compliquer la commercialisation et fragiliser la trésorerie des producteurs. Elle pourrait également peser sur le démarrage de la nouvelle campagne.


Le SYNARFA-CI demande donc que le reliquat des stocks régulièrement inventoriés soit traité dans les meilleurs délais.


Sur les raisons du retard, Vamara Bakayoko préfère rester prudent. « Nous ne voulons pas spéculer sur les causes. C’est aux structures responsables de l’opération d’apporter des explications précises », explique-t-il.


Le syndicat soulève cependant une autre question sensible. Celle de la correspondance entre les stocks inventoriés et les volumes effectivement enlevés.


Selon les informations dont il dit disposer, plusieurs milliers de tonnes qui ne figuraient pas dans l’inventaire initial auraient été enlevées, tandis que des producteurs dont les stocks avaient été régulièrement inventoriés attendraient encore.


Le SYNARFA-CI prend soin de présenter cette situation comme une interrogation nécessitant des vérifications. Si ces informations étaient confirmées, estime le syndicat, elles poseraient toutefois un problème d’équité à l’égard des producteurs concernés.


D’où sa demande de publication de la liste des coopératives et structures dont les stocks ont été inventoriés, avec les volumes concernés, ainsi que celle des bénéficiaires de l’opération et des quantités effectivement enlevées.


Pour sortir des interrogations, le SYNARFA-CI se prononce en faveur d’un audit indépendant et transparent de la gestion des ressources consacrées à l’enlèvement des stocks.


Pour Vamara Bakayoko, il ne s’agit pas d’accuser qui que ce soit, mais de permettre à toutes les parties de disposer des mêmes informations et de vérifier les opérations réalisées.


L’audit devrait notamment permettre de déterminer les volumes concernés, les quantités effectivement achetées, les bénéficiaires et l’utilisation des ressources mobilisées.


« Lorsqu’une opération mobilise des ressources aussi importantes et concerne directement les revenus de milliers de producteurs, la transparence doit être totale », estime le responsable du SYNARFA-CI.


Le syndicat souhaite ainsi connaître les montants effectivement consacrés à l’opération d’enlèvement, les volumes achetés, les bénéficiaires, le stock restant et le reliquat financier disponible.


« Notre démarche n’est dirigée contre personne »


 

Interrogé sur les déclarations du ministre Bruno Koné relatives au fonds de réserve, dont les missions ne se limiteraient pas au rachat d’urgence ou à l’enlèvement des fèves de cacao auprès des producteurs, le SYNARFA-CI dit prendre acte de cette précision.


Le syndicat estime néanmoins que les objectifs et l’utilisation de ce fonds doivent être clairement expliqués aux producteurs.


« Notre démarche n’est dirigée contre personne », précise Vamara Bakayoko. Selon lui, le rôle d’une organisation syndicale est précisément de faire remonter les difficultés observées sur le terrain et d’interpeller les pouvoirs publics lorsque les intérêts des producteurs sont en jeu.


Le SYNARFA-CI réclame donc de la traçabilité sur les ressources mobilisées et des chiffres vérifiables sur l’ensemble de l’opération.


Ces revendications interviennent au terme d’une tournée menée par le SYNARFA-CI dans l’Ouest ivoirien, notamment à Zouan-Hounien, Danané, Biankouma, Man et Touba. L’organisation y a procédé à l’installation de délégués et échangé avec les producteurs sur leurs principales préoccupations.


Originaire de Zouan-Hounien, Vamara Bakayoko met également en avant le potentiel agricole de cette région, notamment dans la riziculture. Il appelle à mieux valoriser les nombreux bas-fonds de la zone et à encourager les jeunes à investir dans les cultures vivrières.


Pour le syndicat, la diversification agricole doit permettre de réduire la dépendance des producteurs au cacao et de renforcer la souveraineté alimentaire.

Mais à court terme, l’urgence reste la gestion des stocks résiduels.


Entre l’exigence d’une carte du producteur accessible, le respect du prix garanti et la nécessité d’évacuer les stocks encore détenus par certains producteurs, le SYNARFA-CI appelle les autorités à apporter des réponses concrètes.


Pour Vamara Bakayoko, la confiance dans la filière passe désormais par une double exigence à savoir, faciliter l’identification et la traçabilité des producteurs sans entraver leur activité, et garantir une totale transparence dans la gestion des stocks et des ressources destinées à leur enlèvement.



Wassimagnon




 
 
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