Côte d'Ivoire : Stock résiduel du Cacao, le SYNAVICI disculpe le Ministère et le Conseil, exige un audit du Collège des producteurs avant la nouvelle campagne
Moussa Sanou, Pdt du SYNAVICI jeudi à Abidjan (Ph KOACI)
Le Syndicat National Agricole Vision Nouvelle de Côte d’Ivoire (SYNAVICI) ne tient pas pour responsables le Ministère de l’Agriculture et le Conseil Café-Cacao dans la crise qui secoue la filière suite aux stock non enlevé lors de la campagne 2025-2026.
Le président du SYNAVICI, Moussa Sanou, l’a clamé haut et fort, le jeudi 27 août 2026, lors d’une rencontre avec la presse à Abidjan-Cocody.
Selon ce dernier, c’est le Collège des producteurs au sein de L'OIA Café-Cacao (Organisation Interprofessionnelle Agricole) qui a failli à sa mission et non l’Etat.
Pour le SYNAVICI la bonne gestion de ce stock 100.000 Tonnes aurait permis aux producteurs de négocier un autre volume supplémentaire auprès du gouvernement afin de soulager le maximum de producteurs en attente.
« Le problème se situe au niveau des producteurs et non de l’Etat. Les acheteurs ont opté pour le cacao en provenance du Ghana et du Liberia à de faibles prix, au détriment de la production en Côte d’Ivoire », a-t-il accusé.
Selon le syndicaliste, cette opération avait très bien débuté avec le conseil du café cacao (CCC) et se déroulait très bien jusqu’à ce que le collège des producteurs s’invite brutalement dans l’opération en réclamant 40 000 Tonnes des 100 000 Tonnes disponibles, volume qu’il a effectivement obtenu, sans avoir fait le point de ce premier volume obtenu, ledit collège a encore réclamé et obtenu 23 830 Tonnes, soit un total de 63 830 Tonnes.
« Malgré tout ce volume obtenu par le collège des producteurs, les stocks de cacao dans les magasins des coopératives n’ont bougé d’un iota, bien au contraire des quotas d’enlèvement de stock ont été attribué à des amis proches, certains volumes ont été vendu à des acheteurs ou coopératives moyennant 200, 300, voire 500 f/kg », a révélé M. Sanou, avant de lancer un appel à la démission.
« Nous appelons à la démission du collège des producteurs parce que ses mandataires ont failli à leur mission. Il faut auditer le collège des producteurs pour qu’ils expliquent les raisons des 63. 800 tonnes de stocks de cacao qui sont encore en attente. Il en est pour les associations, syndicats et coopératives qui ont reçu des quotas. »
Au regard de ce qui précède, le SYNAVICI demande un audit indépendant en commençant par :
Le collège des producteurs qui a bénéficié de plus de 63% du volume mis à la disposition des producteurs ;
Les leaders de syndicats et d’associations qui se sont accaparé des quotas mis à leurs dispositions, sans faire profiter leurs membres ;
Les présidents de coopératives qui ont laissé le cacao de leurs producteurs pour acheter du cacao étranger pour faire plus de profit.
La position du SYNAVICI est claire, l’audit doit commencer au sein des producteurs et réaffirme son attachement aux principes de bonne gouvernance en invitant le gouvernement de côte d’ivoire seul entité à demander des comptes au conseil du café cacao de diligenter un audit indépendant sur la gestion du stock résiduel.
Pour le SYNAVICI la mise en place de l’OIA café cacao devrait apporter un peu plus de quiétude et de sérénité dans la filière, mais l’épisode de la mévente des stocks résiduels a montré les limites et les intentions réelles de ce collège des producteurs et d’interroger.
Car comment comprendre que ce collège censé résoudre le problème des producteurs puisse délibérément exclure 614 coopératives listées par le CCC comme bénéficiaires du programme d’enlèvement des stocks, au seul motif qu’elles n’auraient pas 40 Tonnes dans leurs magasins ?
Comment comprendre que ce collège des producteurs puisse vendre des volumes aux coopératives déjà sinistrées, distribuer des quotas exorbitants à des amis ?
Comment comprendre que la mauvaise gestion de l’opération d’enlèvement ait été préjudiciable aux producteurs au point qu’ils n’ont pu bénéficier d’un stock supplémentaire d’enlèvement de la part du gouvernement ?
C’est pourquoi le SYNAVICI dit avoir toujours demandé la démission de ce collège qui, selon lui, a échoué, et cela serait perceptible depuis la base qui n’aurait aucune notion de l’existence de ce collège.
« Cette campagne ne peut s’achever sans qu’il y ait l’annonce des audits pour situer les responsabilités et prendre les sanctions, c’est pourquoi les producteurs refusent le prélèvement des 10 f/kg comme contribution volontaire obligatoire (CVO) pour alimenter les caisses d’un collège qui a perdu toute crédibilité, car l’audit de cette structure pourra rétablir la confiance entre les producteurs et ce collège », a martelé Moussa Sanou.
Pour la campagne à venir le SYNAVICI voudrait réitérer son invitation au DG du conseil du café cacao sur :
Le renouvèlement systématique des codes des coopératives qui n’ont pas réellement travaillé durant cette campagne qui s’achève ;
Faciliter le renouvèlement de codes des coopératives qui avaient leurs codes fermés pour raison d’inactivité les campagnes précédentes ;
Une dérogation spéciale pour les coopératives en difficultés avec les impôts en leur accordant un délai raisonnable pour se mettre à jour ;
Le trafic transfrontalier des produits agricoles qui crée un dommage colossal à l’économie en multipliant les collaborations, car à défaut d’endiguer totalement ce fléau, le réduire au maximum, et le SYNAVICI se met à la disposition du CCC pour renforcer la surveillance.
« Pour nous, l’union sacrée des acteurs de la filière et surtout des producteurs est une exigence et s’impose à tous, mais cela doit se faire dans la transparence et la vérité, et l’OIA café cacao en particulier le collège des producteurs qui est notre maison commune se doit d’être à la hauteur des attentes des milliers de producteurs et de leurs familles. C’est pourquoi sa recomposition s’impose », a conclu, Moussa Sanou, président du Syndicat National Agricole Vision Nouvelle de Côte d’Ivoire (SYNAVICI).
Donatien Kautcha, Abidjan
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