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Cameroun : Soutien à Gianni Infantino, l'Afrique, faiseuse de rois à la FIFA ? Le pari du bloc africain derrière Eto'o
 

Cameroun : Soutien à Gianni Infantino, l'Afrique, faiseuse de rois à la FIFA ? Le pari du bloc africain derrière Eto'o

 
 
 
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 Il y a 14 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - jeudi 03 septembre 2026 - 09:00


Dans une interview qu’il vient d’accorder au journal français l’Equipe, Samuel Eto’o explique son soutien à Gianni Infantino pour l'élection à la présidence de la FIFA prévue en mars 2027. Le président de la Fecafoot ne se contente pas de choisir un camp. L’ancien capitaine des Lions indomptables construit un discours d'émancipation continentale, citant Nelson Mandela et rappelant que l'Afrique concentre, à elle seule, plus d'un cinquième des voix à l'Assemblée de la FIFA. Un argument arithmétique séduisant, mais qui mérite d'être confronté à la réalité du jeu institutionnel.


 « Vos ennemis ne sont pas les autres. » En reprenant cette formule attribuée à Nelson Mandela, Samuel Eto'o ne parle pas de sport. Il parle de pouvoir.


Depuis le sacre continental des Lionnes camerounaises à la CAN féminine, mi-août, Samuel Eto'o savoure un rare moment de reconnaissance dans son mandat à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). C'est dans ce climat qu'il a choisi d'assumer, sans détour, son soutien à Gianni Infantino en vue de sa réélection à la présidence de la FIFA. Sur les réseaux sociaux comme dans la presse, l'ancien Ballon d'or africain défend une idée simple : les intérêts de l'Afrique ne sont pas ceux de l'Europe, et le continent doit cesser de se ranger derrière des combats qui ne sont pas les siens.


Argument


Le raisonnement s'appuie sur un chiffre : au sein des 211 associations membres de la FIFA, la Confédération africaine de football (CAF) pèserait un peu plus d'un quart des voix, presque à égalité avec l'UEFA. Sur le papier, l'argument est vérifiable — chaque fédération nationale dispose bien d'une voix à l'Assemblée, indépendamment de son poids sportif ou économique. Le continent africain constitue mathématiquement le bloc régional le plus nombreux avec l'Europe.


 

Mais ce constat statistique appelle une nuance de taille. Le vote à la FIFA se déroule à bulletin secret, pays par pays, et non par bloc continental discipliné. Rien n'oblige, ni ne garantit, qu'une fédération africaine vote comme sa voisine. C'est d'ailleurs précisément ce qui est reproché, en creux, à la stratégie d'Infantino par ses détracteurs : consolider un soutien individuel, fédération par fédération, via des financements ciblés -comme le programme FIFA Forward que Samuel Eto'o cite lui-même comme argument en sa faveur -plutôt que de convaincre un continent dans son ensemble. Le « bloc africain » relève donc autant d'un potentiel politique à construire que d'une réalité de vote acquise.


Émancipation


Le discours d'Eto'o s'inscrit dans une tradition panafricaniste assumée : dénoncer une hiérarchie implicite dans laquelle l'Afrique serait sommée de calquer ses positions sur celles des instances européennes. Sur ce terrain, il n'est pas isolé — nombre de dirigeants sportifs et politiques africains reprennent une grille de lecture similaire face aux pressions occidentales.


Le procédé mérite toutefois d'être interrogé à la lumière de certains faits d'Eto'o. Il avait publiquement combattu la réforme portée par Infantino instaurant une CAN tous les quatre ans, avant de la défendre une fois devenu membre du comité exécutif de la CAF, au nom de la discipline collégiale.


Position politique


 

L'angle du rapport de force Nord-Sud trouve ses limites sur d'autres sujets. Interrogé sur l'expulsion de supporters et d'un arbitre africain lors du Mondial organisé aux États-Unis, sans réaction publique de la FIFA, Eto'o a choisi la prudence, évoquant un « domaine politique » relevant de la diplomatie plutôt que du football. Une réserve qui contraste avec la fermeté de son discours sur la répartition du pouvoir à la FIFA - et qui suggère que le combat pour la souveraineté africaine, tel qu'il le porte, s'arrête aux frontières de ce qui pourrait fragiliser ses propres soutiens institutionnels.


Le pari d'Eto'o repose sur une hypothèse politique : que le poids numérique de l'Afrique puisse, à terme, se transformer en levier de négociation réel — sur l'organisation des compétitions, les droits de diffusion, les investissements dans les infrastructures. Rien n'indique aujourd'hui que ce potentiel soit converti en stratégie continentale coordonnée plutôt qu'en une addition de soutiens individuels négociés fédération par fédération.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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