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Côte d'Ivoire : San-Pédro, le CCESP lance la bataille pour un climat des affaires plus attractif
 

Côte d'Ivoire : San-Pédro, le CCESP lance la bataille pour un climat des affaires plus attractif

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 06 septembre 2026 - 22:39




Du 31 août au 4 septembre 2026, le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) a réuni plus de 350 acteurs publics et privés à San-Pédro autour d’un objectif majeur : identifier les freins à l’investissement et à l’activité économique, puis les traduire en actions concrètes. À travers cet atelier consacré à la dynamique de la concertation avec le secteur privé local, le CCESP entend faire des territoires des moteurs à part entière de la transformation économique de la Côte d’Ivoire.


Et si la compétitivité de la Côte d’Ivoire se jouait aussi au-delà d’Abidjan ? À San-Pédro, le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) entend apporter une réponse concrète à cette question. Du 31 août au 4 septembre 2026, autorités publiques, organisations professionnelles, entreprises, entrepreneurs et acteurs de la formation se sont retrouvés autour d’un même enjeu : faire du dialogue public-privé un véritable instrument de transformation économique des territoires.


Consacré à la « Dynamique de la concertation avec le Secteur Privé local et ses effets sur l’attractivité du Pôle de San-Pédro », cet atelier dépasse le cadre d’une simple rencontre institutionnelle. Il vise à rapprocher le dialogue public-privé des réalités quotidiennes des entreprises et à faire émerger, à partir des contraintes identifiées sur le terrain, des réponses partagées et opérationnelles.


L’initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la sous-composante 1.3, dédiée à l’appui à la mise en place du Dialogue Public-Privé dans les Pôles économiques régionaux, du Programme d’Appui à l’Amélioration du Climat des Affaires pour la transformation structurelle de l’Économie (PACA-CI), mis en place en 2021 avec l’appui technique et financier de la Banque africaine de développement.


Le PACA-CI vise notamment à contribuer à la transformation structurelle de l’économie ivoirienne et au renforcement de la compétitivité des entreprises locales, en particulier des PME, à travers la levée des contraintes liées au climat des affaires, afin de favoriser une croissance plus inclusive et résiliente, ainsi que la création d’emplois et de revenus décents.


Le choix de San-Pédro n’est pas fortuit. Deuxième pôle industriel du pays après Abidjan, devant Bouaké, la région concentre environ 5 % des unités industrielles de la Côte d’Ivoire. Elle s’appuie sur des secteurs stratégiques tels que le cacao, le bois, la minoterie et le ciment.


La région dispose également du deuxième port du pays, infrastructure majeure pour les échanges commerciaux et notamment pour l’exportation du cacao ivoirien. À ces atouts s’ajoutent un hinterland agricole particulièrement riche et une position géographique stratégique au sein de la sous-région. Mais ce potentiel ne demande qu’à être davantage exploité.


Lors de la cérémonie d’ouverture, M. Traoré Djibril, Secrétaire général 1 de préfecture, représentant le Préfet de région de San-Pédro, a clairement affiché l’ambition des autorités locales : faire de San-Pédro, en dehors d’Abidjan, la destination la plus attractive de Côte d’Ivoire en matière de climat des affaires et d’investissements.


Pour atteindre cet objectif, a-t-il souligné, les atouts naturels de la région doivent être accompagnés d’un environnement des affaires plus prévisible, de procédures administratives simplifiées, d’infrastructures adaptées et d’un climat de confiance renforcé entre l’administration et les opérateurs économiques.


La région de San-Pédro a déjà bénéficié d’importants investissements dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2021-2025.


Dans le domaine de l’électricité, 189 localités ont été électrifiées. Le secteur de la santé a également connu des avancées avec la construction du Centre hospitalier régional (CHR), de 17 établissements sanitaires de premier contact, ainsi que la mise à disposition d’équipements tels qu’un IRM et un scanner.


Sur le plan des infrastructures, 821 kilomètres de routes ont été entretenus, tandis que la route côtière reliant Sassandra, San-Pédro et Grand-Béréby contribue à renforcer la mobilité et l’intégration économique de la région.


Le port et l’aéroport de San-Pédro constituent également des infrastructures structurantes pour le développement économique local. Par ailleurs, 572 PME ont bénéficié d’un accompagnement et d’un renforcement de leurs capacités.


Cette dynamique devrait se poursuivre avec le PND 2026-2030, qui prévoit plusieurs projets structurants, parmi lesquels l’Aéroport international de San-Pédro et son aérocité, la ligne ferroviaire Abidjan-San-Pédro-Tabou, une zone économique et industrielle au niveau du port, la construction d’un CHU, l’atteinte de 100 % d’électrification ainsi que l’aménagement de plus de 1 400 hectares de zones industrielles.


Les premières tendances du baromètre sur le climat des affaires de San-Pédro apportent également des signaux encourageants.


 

Lancé en 2026, le processus de collecte d’informations auprès des acteurs publics et privés de la région est en cours d’achèvement. Les premières tendances font ressortir une relative amélioration du climat des affaires, ainsi qu’une évolution positive des interactions entre les entreprises et les structures publiques. La confiance entre les différents acteurs semble également s’être renforcée au cours de l’année.


Cette amélioration reste toutefois tempérée par des perspectives encore prudentes des entreprises en matière de commandes, d’investissements et de créations d’emplois. Les opérateurs économiques restent confrontés aux effets de la conjoncture internationale et à une consommation des ménages qui demeure en deçà des attentes.


Les échanges entre les parties prenantes ont permis de faire émerger plusieurs contraintes susceptibles de freiner la compétitivité et l’attractivité du territoire.


La fiscalité figure en tête des préoccupations. Les opérateurs économiques ont notamment évoqué la pression fiscale et parafiscale, l’imprévisibilité de certaines mesures ainsi que les difficultés liées à la mise en œuvre de réformes récentes, notamment la facture normalisée électronique et certaines taxes applicables au secteur du tourisme.

Autre sujet sensible : la multiplication des contrôles administratifs. Pour les acteurs privés, leur fréquence peut entraîner des retards, générer des coûts supplémentaires et, à terme, décourager certains projets d’investissement.


La question du foncier économique constitue également un enjeu majeur. Elle se pose avec une acuité particulière pour l’artisanat, le tourisme balnéaire et certaines activités agricoles.


À cela s’ajoute la problématique du capital humain. Les échanges ont mis en évidence un décalage entre l’offre de formation disponible localement et les besoins exprimés par les entreprises, notamment dans le secteur touristique.


Enfin, les participants ont insisté sur le potentiel encore largement sous-exploité de l’entrepreneuriat agricole. Avec son important arrière-pays agricole, San-Pédro dispose d’un potentiel considérable dans les filières d’exportation comme dans les cultures vivrières. Mais la valorisation de ce potentiel suppose un meilleur accès au foncier rural, au financement et à l’accompagnement entrepreneurial.


C’est précisément sur ces différents fronts que le CCESP entend renforcer son action. Représentant la Secrétaire exécutive du Comité de Concertation État-Secteur Privé lors de la cérémonie d’ouverture, M. Seke Esso Jean Serge, Conseiller technique, a insisté sur la nécessité de poursuivre la dynamique engagée dans les régions. L’objectif, selon lui, est de créer un cadre de réflexion synergique permettant de mutualiser les efforts de l’État et du secteur privé pour répondre durablement aux défis du développement.


Cette approche repose sur une conviction forte : un dialogue public-privé efficace ne peut être conçu uniquement depuis Abidjan. Il doit s’appuyer sur les réalités économiques locales, les contraintes vécues par les entreprises et la capacité des acteurs territoriaux à construire ensemble des solutions adaptées.


L’une des principales forces de cette démarche réside dans la diversité des acteurs mobilisés. Plus de 350 participants issus de l’administration publique, du secteur privé et de la société économique locale ont pris part aux échanges.


Autorités préfectorales, Conseil régional, District autonome du Bas-Sassandra, mairie, Port autonome de San-Pédro, Université polytechnique de San-Pédro, administrations déconcentrées, organisations patronales et professionnelles, communauté portuaire, entreprises industrielles, entrepreneurs agricoles et aquacoles, jeunes et femmes entrepreneurs : l’ensemble de l’écosystème économique régional a été associé à la réflexion.


Cette mobilisation traduit une volonté claire : faire du secteur privé local non plus un simple interlocuteur de l’administration, mais un partenaire à part entière dans la construction des solutions.


La principale avancée de l’atelier réside dans la volonté affichée de ne pas s’arrêter au constat. Les principales contraintes identifiées ont été regroupées autour de cinq axes d’action, destinés à être déclinés dans une feuille de route assortie d’un calendrier d’exécution.


Le premier axe prévoit la mise en place d’une veille sur les difficultés fiscales rencontrées par les opérateurs économiques. Les préoccupations identifiées pourront être consolidées et portées, selon leur nature, auprès du Comité de Concertation État-Secteur Privé ou de la Direction régionale des impôts, notamment dans le cadre du processus d’élaboration des annexes fiscales.


Le deuxième axe porte sur les contrôles administratifs. Une cartographie exhaustive des contrôles apparaît nécessaire afin de mieux identifier les différentes procédures et d’en améliorer la lisibilité. Le renforcement des capacités des agents chargés des contrôles, notamment en matière de bonnes pratiques, devra aller de pair avec une meilleure sensibilisation des opérateurs économiques sur le cadre réglementaire et opérationnel applicable.


Le troisième axe concerne la sécurisation du foncier économique. Il prévoit notamment la mise à disposition, à terme, de parcelles destinées au secteur de l’artisanat, avec l’implication de la mairie de San-Pédro et du ministère du Commerce et de l’Artisanat. La facilitation de l’accès au foncier dans les zones balnéaires, notamment à travers des dispositifs tels que les baux emphytéotiques, figure également parmi les pistes identifiées.


Le quatrième axe s’attaque à la question du capital humain. Il s’agit de rapprocher davantage l’offre de formation locale des besoins réels des entreprises, notamment dans le secteur touristique.


Des partenariats renforcés entre les centres de formation professionnelle, l’Université de San-Pédro et les entreprises devraient permettre de mieux préparer les jeunes aux métiers recherchés par les filières économiques locales.


 

Le dernier axe porte sur le développement de l’entrepreneuriat agricole. L’objectif est de renforcer l’accompagnement des jeunes entrepreneurs agricoles, notamment en facilitant leur accès au financement et au foncier.


Une meilleure structuration des filières agricoles pourrait ainsi contribuer à créer davantage de valeur localement, à renforcer les revenus des populations et à consolider la place de San-Pédro comme pôle économique régional.


La prochaine étape sera déterminante : transformer les recommandations en engagements effectivement mis en œuvre.


Les travaux doivent d’abord être consolidés à travers un rapport de synthèse et une matrice des engagements, organisée par problématique.


Cette première étape sera suivie de l’adoption d’un plan d’action par le Comité local de Concertation de San-Pédro.


Le dispositif devra ensuite être accompagné d’un suivi régulier grâce à un tableau de bord périodique, afin de mesurer les progrès accomplis et d’identifier, le cas échéant, les difficultés qui pourraient ralentir l’exécution des actions retenues.


À travers cette démarche, le CCESP entend donc franchir une nouvelle étape : passer d’un dialogue fondé essentiellement sur l’écoute et le diagnostic à un dialogue davantage orienté vers la résolution des contraintes et le suivi des engagements.


San-Pédro apparaît, à cet égard, comme un véritable laboratoire de la politique de dialogue public-privé en région. La ville dispose des infrastructures, des ressources, du potentiel agricole, industriel, portuaire et touristique nécessaires pour devenir l’un des principaux moteurs de la croissance ivoirienne.


Mais pour transformer ces atouts en investissements, en emplois et en valeur ajoutée locale, les obstacles identifiés devront être levés de manière concrète et durable.


Le véritable enjeu de cette concertation se trouve désormais là : faire du dialogue un outil de décision, de réforme et d’action. À San-Pédro, la dynamique est lancée. Reste maintenant à faire de la feuille de route un véritable instrument de transformation du territoire.




Wassimagnon





 
 
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