Côte d'Ivoire : le NDI s'engage pour des partis politiques plus forts et une meilleure protection des femmes
Le National Democratic Institute (NDI) veut contribuer à renforcer la démocratie ivoirienne en accompagnant les partis politiques dans leur transformation et en favorisant une participation plus sûre des femmes à la vie publique. L’organisation a officiellement lancé, jeudi 10 septembre 2026, à l’Hôtel Tiama d’Abidjan-Plateau, un nouveau programme consacré au renforcement des formations politiques et à la promotion de l’engagement politique des femmes.
Intitulé « Renforcer les partis politiques et promouvoir la participation politique des femmes en toute sécurité », ce programme ambitionne d’apporter un appui technique aux acteurs politiques ivoiriens afin de les aider à améliorer leur fonctionnement interne et à créer des conditions plus favorables à une participation inclusive à la vie démocratique.
Financée par la National Endowment for Democracy (NED), l’initiative couvre la période allant de juin 2026 à mai 2027. Elle prévoit un accompagnement adapté aux réalités et aux besoins des partis partenaires, notamment en matière de gouvernance, de transparence, de démocratie interne et de renouvellement des responsables.
La cérémonie de lancement a enregistré la participation de représentants du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, de partis et groupements politiques, d’organisations de la société civile ainsi que de plusieurs partenaires techniques et internationaux.
Pour le NDI, la période qui suit les élections constitue un moment privilégié pour analyser les expériences passées et engager des réformes. Après les élections présidentielle et législatives de 2025, les formations politiques ivoiriennes sont invitées à tirer les leçons des différents processus électoraux afin de mieux préparer l’avenir.
Le représentant résident et chef de mission du NDI en Côte d’Ivoire, François Traoré, a rappelé l’importance des partis dans le fonctionnement d’un État démocratique. Selon lui, leur rôle ne saurait se limiter aux périodes électorales.
« Les partis politiques ne sont pas de simples machines électorales. Ils sont des laboratoires d’idées où se dessine l’avenir de notre nation, ainsi que des ponts indispensables entre les aspirations des citoyens et la gestion de l’État », a-t-il déclaré.
À travers le premier axe du programme, le NDI entend donc aider les formations politiques à renforcer leur organisation et leur gouvernance. L’accent sera mis sur la modernisation des structures, l’amélioration de la transparence et la consolidation de la démocratie interne.
Le renouvellement des responsables et la promotion de débats d’idées au sein des partis figurent également parmi les priorités. L’objectif est de favoriser une plus grande implication des militants et de leur permettre de participer davantage à la vie et aux orientations de leurs formations politiques.
L’autre grande composante du programme concerne la participation des femmes à la vie politique. Pour le NDI, la démocratie ne peut être véritablement représentative si les femmes restent insuffisamment présentes dans les espaces où se prennent les grandes décisions.
« Aucune démocratie ne peut être complète, juste ou durable si la moitié de sa population est laissée en marge des processus de décision », a souligné François Traoré.
Le programme prévoit ainsi plusieurs actions destinées à réduire les obstacles auxquels sont confrontées les femmes engagées ou désireuses de s’engager en politique. Il s’agira notamment de renforcer leurs capacités, de préparer l’émergence de nouvelles femmes leaders et de sensibiliser les responsables politiques à la nécessité d’une meilleure représentation féminine dans les instances de décision.
Une attention particulière sera également accordée aux différentes formes de violences auxquelles les femmes politiques peuvent être exposées. Les violences physiques, psychologiques et numériques feront partie des préoccupations prises en compte dans la mise en œuvre du programme.
Dans cette perspective, le NDI prévoit de s’appuyer sur une enquête consacrée à la situation des femmes au sein des partis politiques. Cette étude devrait permettre de mieux identifier les difficultés rencontrées et de proposer des réponses adaptées.
Des femmes leaders ayant bénéficié de programmes de formation avant les élections législatives de 2025 et ayant ensuite été élues députées partageront également leurs expériences. Ces témoignages devraient contribuer à encourager d’autres femmes à s’investir dans la vie publique.
Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, la conseillère technique Carine Zonou a salué la mise en place de cette initiative. Elle a rappelé que les partis politiques occupent une place essentielle dans la consolidation de la démocratie.
« Les partis politiques sont les piliers de nos démocraties », a-t-elle affirmé.
Selon elle, les formations politiques jouent un rôle majeur dans l’animation du débat public, la formation citoyenne et politique des populations ainsi que dans la conception des projets de société.
Carine Zonou a estimé que des partis mieux structurés et dotés d’une gouvernance solide peuvent contribuer à la stabilité et au renforcement de la démocratie. Elle a, à cet effet, invité les responsables politiques à s’investir pleinement dans la mise en œuvre du programme proposé par le NDI.
La représentante du ministère a également insisté sur la nécessité de transformer les avancées juridiques en matière de représentation des femmes en résultats concrets sur le terrain.
« Aucune femme ne doit renoncer à un engagement citoyen par crainte pour sa sécurité, sa dignité ou sa réputation », a-t-elle déclaré.
Elle a assuré que le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité entend jouer son rôle dans la prévention et la lutte contre les violences visant les femmes engagées dans la sphère politique, y compris celles qui se développent dans l’espace numérique et sur les réseaux sociaux.
Au-delà de l’appui technique qui sera apporté, les responsables du NDI et du ministère de l’Intérieur ont insisté sur l’importance de l’implication des bénéficiaires eux-mêmes.
Pour Carine Zonou, les résultats du programme dépendront en grande partie de la volonté des formations politiques de s’approprier les différentes actions qui seront menées.
« Aucune assistance extérieure, si généreuse soit-elle, ne peut se substituer à une volonté d’appropriation interne », a-t-elle rappelé.
Le NDI entend pour sa part intervenir comme un facilitateur et un partenaire technique, en collaboration avec les acteurs politiques et les organisations de la société civile.
À travers cette initiative, l’organisation ambitionne de contribuer à l’émergence de partis politiques plus ouverts, mieux organisés et plus démocratiques, tout en encourageant une participation accrue des femmes et des jeunes à la gestion des affaires publiques.
À l’approche des prochaines échéances électorales, ce programme se présente ainsi comme une contribution aux efforts visant à renforcer la démocratie, promouvoir une gouvernance politique plus inclusive et garantir aux femmes un environnement plus sûr pour exercer pleinement leurs droits politiques en Côte d’Ivoire.
Jean Chresus
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