Côte d'Ivoire : Quand la médecine ivoirienne honore un de ses maîtres, à Bouaké, Georges Ouégnin distingué pour l'ensemble de sa carrière
Il y a des moments où une institution parle moins de ses règlements que de son cœur. C'est dans la salle de l'Hôtel de Ville de Bouaké, que l'Ordre National des Médecins de Côte d'Ivoire a créé l'un de ces moments. En remettant le Prix d'Excellence au Professeur Georges-Armand Ouégnin, ce ne sont pas seulement des titres que ses confrères ont voulu saluer, mais une vie de dévotion au soin, à l'enseignement et à la dignité de la médecine.
Car il faut le rappeler sans détour : la plus belle des distinctions reste celle que l'on reçoit de ses pairs. Un grade administratif récompense une fonction ; un hommage rendu par des hommes et des femmes qui ont partagé les mêmes nuits de garde, la même pression du bloc opératoire, la même exigence du geste précis, celui-là honore une personne. C'est cette reconnaissance rare, la plus sincère qui soit, que la communauté médicale ivoirienne a choisie d'accorder au Professeur Ouégnin, aux côtés d'autres éminents praticiens.
Chirurgien urologue et andrologue, professeur titulaire honoraire des universités, le lauréat a laissé une empreinte profonde sur le service d'urologie du CHU de Cocody qu'il a dirigé, ainsi que sur le département de néphrologie-urologie de l'UFR des Sciences Médicales d'Abidjan, qu'il a également conduit. Officier de l'Ordre du Mérite de l'Éducation Nationale depuis 2010, expert agréé près les tribunaux depuis 1993, président fondateur de l'Association Ivoirienne d'Urologie (ASSIVURO) et délégué régional pour l'Afrique de l'Ouest de la Pan-African Urological Surgeons' Association entre 2017 et 2019, il a construit, au fil des décennies, une œuvre qui dépasse largement les frontières d'une seule spécialité.
Pourtant, résumer cet hommage à une liste de fonctions serait passer à côté de l'essentiel. Ce que ses confrères ont voulu mettre en lumière, au-delà de la maîtrise technique et de la rigueur scientifique, c'est un homme pour qui transmettre a toujours été une vocation. Des générations d'internes, de chefs de clinique et de médecins ont appris auprès de lui non seulement la précision du geste chirurgical, mais aussi cette éthique discrète qui sépare le praticien du véritable maître : l'écoute sans hâte, l'empathie de chaque instant, le respect absolu dû à celui qui souffre. C'est cette bonté profonde, inscrite dans chaque consultation et chaque intervention, qui constitue aujourd'hui le véritable héritage du Professeur Ouégnin — un héritage que le temps ne saurait effacer.
Qu'il nous soit permis, au terme de ces quelques lignes, de saluer en lui non seulement l'excellence du médecin, mais aussi la grandeur de l'homme. Les titres passent, les fonctions s'oublient, mais la bonté semée dans le cœur de ceux que l'on a formés et soignés demeure la seule postérité qui compte.
Comme l'écrivait Victor Hugo avec une sagesse qui traverse les âges : « La bonté est le seul placement qui ne trompe jamais. »
Au Professeur Georges-Armand Ouégnin, la communauté médicale ivoirienne adresse, d'une seule voix, ses félicitations les plus vives et l'expression de sa profonde gratitude.
Jean Chresus
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