Côte d'Ivoire : Transformation numérique, la CPU-PME-CI réclame un accès accru des PME au financement et aux marchés
La transformation numérique s’impose désormais comme l’un des leviers essentiels de la compétitivité et de la croissance économique de la Côte d’Ivoire. C’est dans cette perspective que la deuxième édition de Focus, initiative de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), a réuni les principaux acteurs de l’écosystème numérique autour des ambitions du Plan National de Développement (PND) 2026-2030.
Décideurs publics, représentants du secteur privé, dirigeants de PME, startups, investisseurs et acteurs de l’innovation ont ainsi échangé sur les conditions nécessaires à l’émergence d’une économie ivoirienne davantage digitalisée, compétitive et créatrice de valeur.
Au cœur des discussions, une question s’est imposée. Celle de savoir comment faire en sorte que les entreprises ivoiriennes, et particulièrement les PME, soient pleinement associées à la construction de cette nouvelle économie numérique.
Présente à cette rencontre, la Confédération des PME de Côte d’Ivoire (CPU-PME) a porté cette préoccupation par la voix de son président, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé.
Son intervention a mis en lumière la place stratégique des PME dans le processus de transformation numérique du pays. Pour la CPU-PME, les ambitions nationales ne pourront produire leur plein potentiel que si les entreprises locales disposent des capacités nécessaires pour accompagner, mais aussi pour concevoir et déployer, les solutions numériques dont la Côte d’Ivoire a besoin.
Cette participation suppose notamment de lever plusieurs obstacles auxquels sont confrontées les PME. Il s'agit de l'accès au financement, les capacités techniques, la structuration financière, l'accompagnement institutionnel et l'accès aux marchés.
Dans cette optique, la CPU-PME appelle à la mise en place de mécanismes davantage adaptés aux réalités des entreprises opérant dans le numérique. Parmi les pistes évoquées figurent l’amélioration de l’accès au crédit, le développement des mécanismes de garantie, la mobilisation de fonds d’amorçage et de capital-risque, ainsi que la mise en place de dispositifs permettant un meilleur partage des risques.
La question de la commande publique apparaît également déterminante. L’intégration plus importante des PME ivoiriennes aux grands programmes de digitalisation de l’État permettrait de créer un environnement favorable à leur croissance et à leur montée en compétences.
L’objectif est donc de dépasser une approche dans laquelle les PME seraient uniquement considérées comme des bénéficiaires de la transformation numérique. Elles doivent également pouvoir en devenir les concepteurs, fournisseurs, partenaires et moteurs d’innovation.
Les échanges ont également permis de mieux comprendre les orientations du Ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.
La stratégie présentée s’articule autour de sept grands axes que sont le renforcement de la connectivité, la transformation numérique de l’administration, la promotion de l’innovation technologique, le développement d’une intelligence artificielle nationale, la cybersécurité, le renforcement des compétences numériques et la modernisation du commerce électronique.
Ces différents chantiers dessinent un vaste champ d’opportunités pour le secteur privé.
Le développement des infrastructures et des services numériques, la digitalisation des administrations, les besoins croissants en matière de cybersécurité ou encore l’essor de l’intelligence artificielle nécessiteront en effet des compétences, des technologies et des solutions adaptées aux réalités du pays.
Pour les PME et les startups ivoiriennes, cette évolution peut constituer un véritable accélérateur de croissance, à condition que l’environnement économique leur permette d’accéder effectivement aux marchés et aux dispositifs d’accompagnement.
La CPU-PME salue ainsi l’orientation visant à faire de l’État un catalyseur de l’innovation et à faciliter l’accès des entreprises technologiques aux mécanismes d’accompagnement, au financement et à la commande publique.
L’enjeu, désormais, réside dans la capacité à transformer ces orientations en résultats tangibles pour les entreprises.
Cela implique notamment de veiller à ce que les opportunités offertes par les grands projets numériques ne profitent pas uniquement aux structures disposant déjà de ressources importantes.
Les jeunes entreprises, les startups et les PME présentant un potentiel réel d’innovation doivent également pouvoir trouver leur place dans cette dynamique.
Une telle approche contribuerait à renforcer progressivement les capacités technologiques nationales, à favoriser l’émergence de champions locaux et à créer davantage d’emplois qualifiés.
Elle permettrait également de stimuler un écosystème dans lequel les solutions numériques développées en Côte d’Ivoire répondent directement aux besoins des administrations, des entreprises, des collectivités et des populations.
Outre la seule question technologique, la transformation numérique pose donc celle de la capacité de la Côte d’Ivoire à développer ses propres compétences, ses propres entreprises et ses propres solutions.
Pour la CPU-PME, disposer d’un tissu de PME numériques solides, bien structurées et capables d’innover constitue un élément important de la construction d’une économie plus autonome et plus résiliente.
L’accès aux marchés, le financement de l’innovation, la formation des talents, la recherche, la gouvernance des entreprises et l’ouverture de la commande publique sont autant de conditions nécessaires à la consolidation de cet écosystème.
La transformation numérique ne saurait ainsi être réduite à la modernisation des infrastructures ou à la dématérialisation des services. Elle doit également contribuer à faire émerger une nouvelle génération d’entreprises ivoiriennes capables de créer de la valeur, de conquérir des marchés régionaux et, à terme, de porter le savoir-faire national au-delà des frontières.
La deuxième édition de Focus aura ainsi permis de rappeler que la réussite de la transformation numérique repose sur une mobilisation collective.
La CPU-PME a adressé ses remerciements à la CGECI et à son président, M. Ahmed Cissé, pour cette initiative qui favorise le dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé.
Elle a également salué la démarche portée par M. Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, ainsi que les orientations présentées à l’occasion de cette rencontre.
Pour les représentants des PME, la prochaine étape sera celle de la concrétisation. Les ambitions affichées devront progressivement se traduire par un accès accru des PME au financement, une participation plus importante des entreprises nationales aux projets publics, une meilleure intégration des solutions locales et la création d’opportunités professionnelles pour les jeunes.
C’est dans cette articulation entre vision publique, dynamisme entrepreneurial et innovation locale que la transformation numérique pourra pleinement contribuer aux objectifs du PND 2026-2030.
La Côte d’Ivoire dispose désormais d’une feuille de route ambitieuse. Le défi consiste à faire en sorte que cette ambition irrigue l’ensemble du tissu économique et permette aux PME ivoiriennes de devenir non seulement des bénéficiaires, mais surtout des acteurs à part entière de la nouvelle économie numérique.
Wassimagnon
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