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Côte d'Ivoire : Gestion de l'eau, l'Afrique de l'Ouest appelle à une mobilisation financière et à une gouvernance renforcée
 

Côte d'Ivoire : Gestion de l'eau, l'Afrique de l'Ouest appelle à une mobilisation financière et à une gouvernance renforcée

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 23 septembre 2026 - 22:14

Réunis à Abidjan pour la 6ᵉ session ordinaire du Comité ministériel de suivi de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), ministres, experts et partenaires techniques et financiers ont appelé à accélérer les investissements et à renforcer la coopération régionale. Face au changement climatique, à la pression démographique et aux défis de développement, la gestion de l’eau apparaît désormais comme un enjeu majeur de souveraineté, de paix et d’intégration en Afrique de l’Ouest.


L’eau s’impose plus que jamais au cœur des priorités de développement de l’Afrique de l’Ouest. À Abidjan, les travaux de la 6ᵉ session ordinaire du Comité ministériel de suivi (CMS) de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) ont mis en lumière l’urgence de renforcer la gouvernance et le financement du secteur.


Organisée sous l’égide du Centre de Gestion des Ressources en Eau de la CEDEAO (CGRE-CEDEAO), cette rencontre a réuni, du 21 au 23 septembre 2026, des ministres, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers autour des principaux défis liés à une ressource de plus en plus sollicitée.


Au cœur des échanges : la nécessité de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins croissants des populations et renforcer la sécurité hydrique de la région.


Représentant les partenaires techniques et financiers, M. Sonda, de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a rappelé que l’eau dépasse largement la seule dimension environnementale. Elle constitue, selon lui, un élément essentiel de la santé publique, de la sécurité alimentaire et du développement économique.


Mais malgré son importance stratégique, le secteur demeure confronté à un déficit de financement. Selon le représentant de l’UICN, les budgets nationaux et l’aide publique au développement ne permettent plus, à eux seuls, de couvrir l’ensemble des besoins. D’où la nécessité, a-t-il plaidé, de diversifier les sources de financement et de promouvoir davantage les mécanismes innovants ainsi que les partenariats entre les secteurs public et privé.


« Financer l’eau, ce n’est pas une simple dépense, c’est un investissement à multiples rendements », a-t-il souligné, mettant en avant les effets directs des investissements hydriques sur la santé, l’éducation, l’économie et la préservation des écosystèmes.


Pays hôte de la rencontre, la Côte d’Ivoire a réaffirmé son attachement à une gestion concertée et durable des ressources en eau.

Intervenant à l’ouverture des travaux, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a souligné le rôle central de l’eau dans la réalisation des objectifs de développement durable. Il a également appelé à une réponse collective face à la multiplication des pressions exercées sur les ressources hydriques.


 

Le changement climatique constitue notamment une source de préoccupation majeure. La modification des régimes pluviométriques et les effets croissants des phénomènes climatiques extrêmes mettent à l’épreuve les systèmes de gestion existants.


Pour le ministre ivoirien, cette situation impose de passer des déclarations aux actions concrètes. « Nos populations n’attendent pas de nous des déclarations. Elles attendent des résultats », a-t-il déclaré.


La Côte d’Ivoire entend par ailleurs continuer à promouvoir le dialogue régional autour de l’eau. Pour Jacques Assahoré Konan, cette ressource doit demeurer un instrument de paix, de stabilité et d’intégration entre les États ouest-africains.


Présidant la session, le ministre sénégalais chargé de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a replacé les discussions dans une perspective continentale. S’exprimant au nom du président de la République du Sénégal, il a notamment insisté sur la responsabilité des États ouest-africains dans la construction d’une politique commune de l’eau.


Il a également évoqué la Vision et la Politique africaine de l’eau à l’horizon 2063, lancée à Dakar en 2025 et endossée par l’Union africaine en février 2026.


Pour le ministre sénégalais, la question hydrique ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle sectoriel. Elle doit également être considérée comme une question de souveraineté et d’intégration régionale.


Cette approche implique, selon lui, de rapprocher les politiques de la CEDEAO des orientations définies au niveau continental.


Les enjeux internationaux ont également occupé une place importante dans les discussions. Alors que le Sénégal doit co-organiser la 3ᵉ Conférence des Nations unies sur l’eau à Abu Dhabi, en décembre 2026, Cheikh Tidiane Dièye a appelé les pays de la sous-région à harmoniser leurs positions.


 

L’objectif affiché est de permettre à l’Afrique de l’Ouest de porter une voix commune lors de ce rendez-vous international consacré à l’avenir de la ressource hydrique.


Les travaux de la 6ᵉ session du Comité ministériel de suivi ont également porté sur plusieurs chantiers structurants. Les participants ont notamment examiné le bilan des processus régionaux, l’amélioration de l’accès aux données sur les ressources en eau ainsi que l’institutionnalisation du Forum régional de l’eau.


Ces différents mécanismes doivent contribuer à améliorer la connaissance et la gestion des ressources hydriques, mais aussi à renforcer la coordination entre les États.


Au-delà des considérations techniques, les discussions ont ainsi confirmé une réalité : la capacité des pays ouest-africains à gérer collectivement l’eau aura des conséquences directes sur leur résilience face aux crises futures.


À Abidjan, les participants ont donc appelé à franchir une nouvelle étape, en passant du constat à l’action. Dans une région confrontée à la pression démographique, au changement climatique et à des besoins croissants en eau, le renforcement de la coopération et la mobilisation de financements apparaissent comme des conditions essentielles pour faire de l’eau un véritable levier de paix, de stabilité et de développement.


Wassimagnon


 
 
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