Côte d'Ivoire : Forum des Radiocommunications 2026, l'AIGF renforce le contrôle des fréquences et rassure les populations
Derrière chaque appel téléphonique, chaque connexion mobile ou chaque signal satellitaire se joue une bataille invisible : celle de la maîtrise des fréquences radioélectriques.
L’Agence Ivoirienne de Gestion des Fréquences radioélectriques (AIGF) a ouvert, jeudi 24 septembre 2026, la 2ᵉ édition du Forum des Radiocommunications (FRC 2026), au Parc des Expositions, en marge de l’Africa Space Expo (ASPEX).
Placée sous le thème « Déploiement des réseaux radioélectriques terrestres et satellitaires, et exposition aux ondes électromagnétiques : stratégie nationale », la rencontre réunit experts, opérateurs, décideurs et partenaires du secteur numérique.
À l’ouverture, Abel Djohoré, président du Conseil d’administration de l’AIGF, a rappelé le caractère stratégique du spectre radioélectrique pour la transformation numérique, la souveraineté et le développement économique. Il a notamment évoqué les défis liés à l’attribution des fréquences 5G, au développement des réseaux satellitaires et à la couverture des zones reculées.
Directrice des affaires juridiques et réglementaires de l’AIGF, Aka Gertrude a insisté sur l’encadrement juridique du déploiement des réseaux. « Rien n’est fait au hasard », a-t-elle expliqué, soulignant que l’autorisation, l’assignation des fréquences, l’implantation des sites et les contrôles de conformité répondent à des procédures précises.
Elle a également expliqué que les rayonnements non ionisants émis par les équipements radioélectriques font l’objet de mesures régulières. Des précautions sont recommandées, notamment concernant la proximité avec certains équipements et l’utilisation des téléphones.
Aka Gertrude a par ailleurs clarifié les rôles respectifs de l’AIGF et de l’ARTCI. « L’AIGF, c’est le gestionnaire des fréquences », a-t-elle précisé. L’Agence attribue les fréquences, contrôle leur utilisation, prévient les brouillages et intervient dans le suivi de l’implantation des sites.
Elle assure également des campagnes de mesure de l’exposition aux champs électromagnétiques. Selon elle, les contrôles effectués jusqu’ici n’ont pas révélé de dépassement des normes réglementaires.
L’AIGF entend toutefois renforcer sa présence sur le terrain. « Nous avons des défis parce qu’on doit pouvoir avoir des centres au niveau régional », a indiqué Aka Gertrude. L’objectif est de rapprocher les dispositifs de contrôle des populations et de réduire les délais d’intervention.
Présidente du comité d’organisation, Christiane Yangni-Angaté a, elle, salué la mobilisation des acteurs publics et privés autour du Forum.
Les travaux, qui s’achèveront le 26 septembre, doivent déboucher sur la Déclaration d’Abidjan, appelée à contribuer aux orientations réglementaires et stratégiques du gouvernement. Une manière, pour la Côte d’Ivoire, de faire des fréquences radioélectriques non plus seulement une affaire de techniciens, mais un véritable levier de transformation nationale.
Jean Chresus, Abidjan
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