Côte d'Ivoire : Filière café-cacao, 63 organisations appellent à éviter la grève et misent sur le dialogue
Réunis samedi 26 septembre 2026 à l’Ivotel Plateau, à Abidjan, des responsables syndicaux, organisations professionnelles et représentants de producteurs ont appelé à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. Sur les 90 organisations recensées dans la filière café-cacao, 63 ont déjà été consultées dans le cadre d’une démarche visant à désamorcer les tensions et à préserver la continuité de la campagne.
La crise qui traverse la filière café-cacao pourrait-elle trouver une issue autour de la table des négociations ? C’est en tout cas le pari fait par plusieurs responsables syndicaux et représentants de producteurs réunis samedi à Abidjan.
À l’issue d’une rencontre tenue à l’Ivotel Plateau, ces acteurs ont lancé un appel à l’apaisement et demandé aux différentes organisations de surseoir à tout mouvement de grève, afin de privilégier la concertation avec les autorités et les structures chargées de la gestion de la filière.
À l’initiative de cette démarche, une série de consultations engagées depuis près de deux semaines auprès des organisations de producteurs. Selon Tia Marcel, président du Conseil national des syndicats agricoles de Côte d’Ivoire (CONASACI), 63 responsables d’organisations sur les 90 recensées dans la filière ont déjà été rencontrés.
Pour le responsable syndical, les difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs et leurs organisations sont réelles, mais ne sauraient être résolues par l’affrontement.
« Les paysans souffrent. Les organisations également que nous avons créées souffrent. Mais est-ce dans les bagarres que nous allons pouvoir régler les problèmes de la filière café-cacao ? », s’est-il interrogé.
Le planteur de Gauté, dans la sous-préfecture de Gbapleu, département de Biankouma, appelle ainsi les différents acteurs à dépasser leurs divergences et à unir leurs efforts autour des préoccupations des producteurs.
La déclaration commune lue par Siby Guéhi Albert, secrétaire général du SYNAPROCACI et représentant du groupe des leaders syndicaux, traduit cette volonté d’apaisement.
Les organisations signataires demandent à leurs camarades de « surseoir à tout mouvement de grève pour aller à la concertation et au dialogue ».
Elles souhaitent que les difficultés de la filière soient examinées dans un cadre collectif et institutionnel, avec pour objectif de défendre les intérêts des producteurs tout en garantissant la continuité de la campagne.
Pour Tia Marcel, il est désormais nécessaire que les différents responsables se retrouvent autour d’une même table, notamment avec l’OIA Café-Cacao et le Conseil Café-Cacao, afin de rechercher des réponses aux préoccupations exprimées sur le terrain.
Des inquiétudes face aux divisions
Dans leur déclaration, les signataires mettent également en garde contre ce qu’ils présentent comme une possible instrumentalisation des préoccupations des producteurs à des fins de confrontation ou de positionnement individuel.
Ils insistent sur la nécessité de maintenir les revendications au cœur des préoccupations de la filière et de privilégier la recherche de solutions durables.
« Nous avons assez bagarré, nous demandons que chacun mette balle à terre », a lancé Tia Marcel, invitant les différents leaders à privilégier la responsabilité collective.
Autre élément mis en avant par les organisations réunies à Abidjan : la confiance renouvelée à l’OIA Café-Cacao Côte d’Ivoire, considérée comme un espace destiné à favoriser la concertation entre les différentes composantes de la filière.
Tia Marcel a notamment rappelé les années de mobilisation ayant précédé la reconnaissance de cette organisation.
« Depuis 2006, nous sommes en 2026. Vingt ans de lutte pour que l’État de Côte d’Ivoire reconnaisse une organisation regroupant toutes les organisations significatives de la filière café-cacao », a-t-il rappelé.
À travers ce rappel historique, les responsables présents entendent souligner l’importance de préserver les mécanismes de représentation et de concertation mis en place au fil des années.
Au-delà de la question syndicale, la continuité de la campagne apparaît comme l’un des principaux enjeux soulevés lors de la rencontre.
Les signataires appellent ainsi les syndicats, associations et sociétés coopératives à respecter le mécanisme de commercialisation et à éviter toute action susceptible d’aggraver la situation des producteurs.
« Il ne s’agit pas d’amener les paysans à barrer les routes et après retourner dans la misère », a prévenu Tia Marcel.
Le message délivré à l’Ivotel Plateau est donc celui d’un retour au dialogue. Pour les 63 organisations engagées dans cette démarche, les revendications des producteurs doivent désormais être portées dans un cadre concerté, avec les autorités et les structures de la filière, afin de rechercher des réponses aux difficultés qui persistent dans le secteur.
L’appel lancé à Abidjan vise désormais à convaincre l’ensemble des acteurs de la filière café-cacao de rejoindre cette dynamique et de privilégier la concertation à la confrontation.
Wassimagnon
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