Côte d'Ivoire : Palmier à huile, à Divo le CHPC certifie 55 pépiniéristes pour donner un nouvel élan à la filière
Le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) a remis, samedi 26 septembre 2026 à Divo, des certificats à 55 pépiniéristes formés aux techniques de production de plants de palmier à huile de qualité. Cette initiative vise à professionnaliser la production de matériel végétal et à accompagner le renouvellement des vergers ivoiriens.
La filière palmier à huile veut franchir un nouveau cap dans la production de plants de qualité. À Divo, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) a procédé, samedi 26 septembre 2026, à la remise de certificats à 55 pépiniéristes issus des principales zones de production.
Cette cérémonie intervient au terme d'une formation théorique et pratique de six jours organisée simultanément à Divo, Tabou et Maféré. Elle s'inscrit dans le cadre du programme intérimaire de développement de la filière palmier à huile.
L'objectif affiché par le CHPC est de renforcer les compétences des pépiniéristes afin d'améliorer durablement la qualité du matériel végétal mis à la disposition des producteurs.
Représentant le directeur général du CHPC, M. Coulibaly Edmond, M. N'doua Jean-Mary a expliqué que cette formation vise à harmoniser les connaissances et les pratiques des pépiniéristes.
« Le Conseil a financé cette formation pour mettre tous les pépiniéristes à niveau et s'assurer qu'il n'y ait plus de plants tout-venant distribués à partir de 2027 », a-t-il indiqué.
Pour soutenir cette démarche, le CHPC a financé l'acquisition de 2 millions de graines germées auprès du Centre national de recherche agronomique (CNRA). Selon les responsables du programme, ce matériel devrait permettre la mise en place de 10 000 hectares de plantations en 2027, avec des variétés présentant des performances agronomiques améliorées et une meilleure résistance aux maladies.
La formation des pépiniéristes a été assurée par PALMCI, à travers son directeur du Développement agricole, Raymond Tagouya.
Le programme s'est articulé autour de quatre principaux modules : les fondements agronomiques, le cycle de vie de la plante, le choix du matériel végétal et les réglementations applicables à la production des plants.
Cette approche théorique et pratique doit permettre aux bénéficiaires de mieux maîtriser les différentes étapes de la production en pépinière et de contribuer à une amélioration de la qualité des plants destinés aux exploitations.
Au-delà de la formation, la certification constitue également un outil de professionnalisation. Elle confère aux bénéficiaires un agrément officiel et renforce leur crédibilité auprès des producteurs.
Pour les nouveaux certifiés, cette reconnaissance ouvre également des perspectives économiques.
Les pépiniéristes agréés pourront notamment accéder à un marché davantage structuré, avec une fourniture de graines germées assurée par le CHPC. Cette organisation doit contribuer à mieux encadrer la production et la distribution des plants destinés à la création de nouvelles plantations.
La démarche vise ainsi à établir une meilleure traçabilité du matériel végétal et à réduire le recours à des plants dont la qualité ou l'origine ne répondent pas aux exigences de la filière.
Le renouvellement des plantations constitue l'un des principaux enjeux identifiés par les acteurs du secteur.
Pour Henri César Damalan, président du conseil d'administration de l'Association interprofessionnelle de la filière palmier à huile (AIPH), le vieillissement des vergers rend indispensable la mise en place de nouvelles plantations plus performantes.
« Les vergers sont vieillissants, il faut les renouveler. Il nous fallait des pépiniéristes bien formés pour avoir un verger performant », a-t-il souligné.
Cette stratégie s'inscrit dans une ambition plus large de développement de la filière. Le secteur du palmier à huile représente environ 4 % du PIB et constitue une source de revenus pour près de 2 millions de personnes.
Les acteurs de la filière ambitionnent ainsi de créer 150 000 hectares de nouveaux vergers sur dix ans, pour un investissement estimé à 1 077 milliards de FCFA.
Représentant le préfet de région, le sous-préfet de Divo a, pour sa part, exhorté les nouveaux diplômés à mettre leurs compétences au service des producteurs dans leurs différentes zones d'intervention.
Il les a notamment invités à devenir des relais du progrès agricole et des ambassadeurs des bonnes pratiques auprès des producteurs.
À travers la certification de ces 55 pépiniéristes, le CHPC entend ainsi poser les bases d'un dispositif plus rigoureux de production de plants, condition essentielle à la réussite du renouvellement des vergers.
La qualité du matériel végétal, la compétence des pépiniéristes et l'accompagnement des producteurs apparaissent désormais comme des leviers majeurs pour renforcer la productivité et la durabilité de la filière palmier à huile en Côte d'Ivoire.
Wassimagnon
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