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Burkina Faso : fuite des cerveaux, plus de bourses pour les meilleurs bacheliers, assène le capitaine Traoré
 

Burkina Faso : fuite des cerveaux, plus de bourses pour les meilleurs bacheliers, assène le capitaine Traoré

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 28 septembre 2026 - 01:42


Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a dénoncé avec fermeté le système de captation des meilleurs bacheliers africains par les pays occidentaux, un mécanisme qu'il assimile à un double pillage du continent.


"Quand vous prenez aujourd'hui les meilleurs bacheliers, nous devons les garder. Pourquoi est-ce que l'Afrique doit laisser à ce qu'on pille ses richesses et on pille encore ses cerveaux ? C'est ce concept que nous voulons briser", a-t-il martelé.


Pour le Chef de l'Etat, le procédé est bien rodé : "Ils viennent seulement ici nous leurrer. Quand le bac finit, ils rassemblent les meilleurs, on vous donne des bourses et ils les amènent chez eux. Quand les gars sont excellents, on les garde chez eux. Ils leir proposent la nationalité. Donc l'Afrique devient quoi en ce moment ?"


"Nous on a besoin de nos cerveaux. La Révolution ne marche pas avec ce concept. Nous refusons ça", a-t-il insisté.


Des universités pour garder les élites au pays


Face à cette situation, le Président Traoré annonce une réponse structurelle : la construction d'infrastructures universitaires d'excellence pour former sur place.


"L'Académie est en construction. C'est bientôt fini, nous avons déjà recruté la première cohorte. Et nous allons former nos ingénieurs nous-mêmes", a-t-il révélé.


 

Il a également annoncé l'extension de l'Ecole Polytechnique, jusque-là contrainte par des locaux exigus : "Nous devons construire leur cité à Gampéla. Nous allons lancer la construction très bientôt pour former beaucoup d'ingénieurs sur place et qui contribuent au développement de notre patrie."


Le Chef de l'Etat a précisé que tous les paramètres sont réunis pour la réussite du projet : "Beaucoup de Burkinabè à l'extérieur sont intéressés à venir enseigner. Le recrutement est en cours. Nous avons réuni les infrastructures, les enseignants et le monde académique pour pouvoir prendre soin de nos meilleurs bacheliers au lieu de laisser les cerveaux s'enfuir à l'extérieur."


Dénonçant le système de formation à l'étranger comme un outil de dénaturation idéologique, le Capitaine Ibrahim Traoré s'est egalement exprimé sur la question du retour de la diaspora


Pour le Chef de l'Etat, la compétence sans patriotisme n'a pas sa place dans la Révolution en cours : «Nous avons besoin de cerveaux. Mais quelqu'un qui a une tête pleine de connaissances et un cœur vide de patriotisme, on n'en veut pas.»


Le Président Traoré a pointé du doigt une partie de la diaspora qui, une fois installée à l'extérieur, développe un mépris pour son pays d'origine.


«Certains sont partis aujourd'hui, ils ne croient plus à leur pays, ils ne croient pas à l'Afrique. Ils sont issus d'ici, mais aujourd'hui ils vous regardent comme des pays de merde. Ils ont eu la nationalité ailleurs, ils ont tout eu ailleurs», a-t-il déploré.


Selon lui, ce phénomène est le fruit d'un conditionnement : «Quand vous arrivez, c'est un lavage de cerveau qu'on vous fait. On vous met toutes les conditions, on vous donne la nationalité. On vous lave le cerveau pour détester, dénigrer votre propre patrie.»


Il a toutefois salué les patriotes qui résistent à cette assimilation : "Beaucoup sont plus forts que ça, aujourd'hui ils reviennent. Ils ne demandent pas grand chose, vraiment de manière patriotique pour venir contribuer. Et ça on apprécie."


 

Créer les conditions du retour


Pour le Chef de l'Etat, l'exode des compétences s'explique aussi par l'absence de perspectives et de plateau technique sous les anciens régimes.


«Quelqu'un qui fait une formation pointue en métallurgie, qui peut fabriquer des alliages, il n'y a même pas une seule fonderie ici où il peut mettre en pratique ses connaissances. Il va venir faire quoi ?», s'est-il interrogé.


Il estime que c'est désormais à l'Etat de créer les conditions pour capter ce talent : "Quand on parle de diaspora, c'est bien pour ceux qui sont patriotes qui veulent revenir et c'est à nous de créer les conditions."


Et de citer l'exemple de la santé : "Aujourd'hui on fait des interventions à cœur ouvert, des transplantations rénales. Ce sont des médecins burkinabè sur place qui avaient l'envie de le faire, qui n'avaient pas le plateau technique. On l'a acquis. D'autres vont revenir pour les accompagner. Parce qu'aujourd'hui il y a le plateau technique. Ça va de pair."


Boa, Ouagadougou


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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