Cameroun : À Ekok, la Douane saisit du matériel ambazonien, 10 ans après le début d'une guerre qui a fait 6 500 morts
Un stock de 670 T-shirts, 32 toiles et 5 drapeaux séparatistes saisi à la frontière nigériane. Un matériel de propagande qui rappelle que la crise anglophone ravage le Sud-Ouest et le Nord-Ouest depuis fin octobre 2016.
La Brigade Commerciale des Douanes d'Ekok a annoncé, ce mardi 29 septembre 2026, l'interception d'un véhicule transportant un important stock de propagande séparatiste lors d'un contrôle sur l'axe ultra-sensible Nigeria-Cameroun : 670 T-shirts, 32 toiles et 5 drapeaux ambazoniens.
Dissimulé dans la cargaison, le matériel devait, selon les premiers éléments de l'enquête, alimenter les réseaux séparatistes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de remonter la filière transfrontalière.
Au-delà du fait divers sécuritaire, cette saisie remet au-devant de l'actualité une guerre qui dure depuis 10 ans.
Pour rappel, la crise anglophone dure depuis fin octobre 2016. À l'origine, un mouvement d'humeur d' avocats et enseignants anglophones à Bamenda et Buea pour dénoncer la marginalisation du système Common Law et du sous-système éducatif anglophone.
La répression est brutale. Dès fin 2017, le mouvement mute en conflit armé avec la proclamation de la république autoproclamée d'Ambazonie.
Bilan humain lourd
Plus de 6 000 à 6 500 morts selon l'ONU et l'International Crisis Group (civils, militaires et combattants séparatistes) ;
Plus de 700 000 déplacés au total, dont 493 000 à 584 000 déplacés internes dans les deux régions ;
73 000 à 87 000 réfugiés au Nigeria voisin ;
1,8 million de personnes en besoin d'aide humanitaire ;
850 000 enfants déscolarisés à cause des fermetures d'écoles et des opérations "Ghost Town".
Malgré le Grand Dialogue National de 2019 et l'octroi d'un statut spécial aux deux régions, les armes n'ont jamais cessé de crépiter. La zone Ekok-Bamenda reste l'un des principaux corridors logistiques des groupes armés.
En saisissant ce lot, la Douane, désormais intégrée à la communauté nationale de défense et de sécurité sur décision du Président Paul Biya, confirme son rôle de premier rideau sécuritaire. Ces derniers mois, le Secteur du Sud-Ouest a déjà saisi des munitions, des composants d'engins explosifs improvisés (EEI) et 300 000 comprimés de Tramadol.
La guerre de l'image continue, elle aussi.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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