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Cameroun : Suspendue par le CNC, Vision 4 contourne la sanction via la RCA
 

Cameroun : Suspendue par le CNC, Vision 4 contourne la sanction via la RCA

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 01 octobre 2026 - 11:57

Frappée d'un mois d'interdiction de diffusion par le Conseil national de la communication (CNC), Vision 4 a disparu de son canal sur Canal+ Cameroun mais émet désormais sous le nom de Vision 4 RCA. Entre lettre ouverte, tribunes accusant le régulateur de s'acharner et procédure judiciaire visant son président, l'affaire prend une nouvelle dimension.


Réuni le 29 septembre 2026 à Yaoundé en 48e session extraordinaire, le Conseil national de la communication a suspendu Vision 4 de toute diffusion pour un mois. Le journaliste Martial Owona voit sa suspension passer de trois à six mois, et Boney Philippe, directeur général des médias du groupe L'Anecdote, est suspendu un mois de la profession. Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication de L'Anecdote, écope lui aussi d'un mois.


Aux origines, un reportage du 2 juin


Le point de départ est un reportage diffusé le 2 juin 2026 au journal de 20 heures de Vision 4. Le CNC l'a jugé susceptible de porter atteinte à la dignité de Félicité Esther Zeifman, avocate de la famille de Martinez Zogo. En août, le Conseil avait suspendu Owona pour trois mois et averti Boney Philippe.


Le régulateur affirme que cette décision n'a pas été appliquée. Selon le compte rendu de la session, un numéro de L'Anecdote daté du 18 août a même publié un article signé Owona alors qu'il était sous le coup de sa suspension. Le CNC reproche aussi à Boney Philippe une déclaration du 30 août dans « Club d'Élites » : « On n'a que faire du CNC. » Les responsables de la chaîne ne se sont pas présentés aux convocations, malgré la loi de 2015 qui oblige les opérateurs à répondre aux réquisitions du CNC. Le Conseil parle de « défiance notoire ».


Vision 4 contourne la suspension


Depuis le 30 septembre, la chaîne diffuse ses programmes sur Vision 4 RCA et a disparu du canal qui lui était réservé sur Canal+ Cameroun. Sur le canal 8, un message d'occultation est affiché. À ce stade, aucune réaction du CNC à ce basculement n'a été relevée.


 

Du côté de la chaîne, la ligne est celle du ciblage. Boney Philippe avait dénoncé en août, sur Vision 4, un « acharnement » du CNC, affirmant qu'aucun autre média n'était convoqué.


Une voix extérieure s'est ajoutée. Dans une lettre ouverte du 30 septembre, François Bikoro, coordonnateur d'un collectif de défense de la liberté de la presse, demande au président du CNC de reconsidérer la suspension. Il invoque la légalité, la proportionnalité et l'égalité de traitement, et rappelle que Vision 4 emploie plus de cent personnes. Il réclame la levée de la mesure, avec une sanction individuelle et proportionnée pour les fautes avérées.


Sur le plan judiciaire, Martial Owona a engagé une procédure après sa première suspension. Le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, était convoqué le 30 septembre à Ngoumou devant la Chambre d'instruction. Malgré des lettres adressées au chef de l'État, le CNC maintient sa décision.


« Deux poids, deux mesures », procès fait au régulateur


Une tribune critique à l'égard du CNC va plus loin et accuse le régulateur de confondre régulation et règlement de comptes. Son auteur reconnaît que Vision 4 a déjà été sanctionnée à de nombreuses reprises, « parfois à raison, parfois à tort ». Il juge pourtant la mesure actuelle disproportionnée.


Il s'interroge d'abord sur la fermeture d'une chaîne entière pendant un mois pour « défiance » et non-comparution, alors que d'autres médias tiendraient chaque jour des propos plus graves sans être inquiétés. Il relève ensuite que la sanction d'Owona a été doublée pour non-exécution, alors même que le journaliste a saisi la justice et que le président du CNC est lui-même convoqué à Ngoumou. Selon lui, le régulateur vise une tête (Vision 4), un groupe (L'Anecdote) et des hommes (Owona, Boni). Il évoque une télévision qui emploie « des centaines de jeunes Camerounais » et parle d'une « sanction à tête chercheuse ».


 

Ces arguments restent ceux d'un camp. Le CNC, lui, met en avant la répétition des manquements et le refus de répondre à ses convocations.


Pour le CNC, l'enjeu est de faire respecter ses décisions. Il dispose d'un pouvoir disciplinaire allant de l'avertissement à l'interdiction définitive d'activité. Pour ses détracteurs, une suspension qui frappe toute une entreprise pénalise des salariés étrangers aux faits reprochés.


Le contexte pèse lourd. Le propriétaire du groupe, Jean-Pierre Amougou Belinga, est poursuivi dans l'affaire Martinez Zogo. Aucune culpabilité n'est établie à ce stade contre lui.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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