Côte d'Ivoire : Assemblée nationale, budget 2027, IA et modernisation au cœur d'une session décisive
La deuxième session ordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale s’est ouverte jeudi 1er octobre au Palais de l’Assemblée nationale, à Abidjan. Au-delà de l’examen du budget de l’État pour 2027, les députés devront se pencher sur le suivi des politiques publiques, l’appropriation de l’intelligence artificielle et la modernisation de l’institution parlementaire.
La rentrée parlementaire est officiellement lancée. Réunis jeudi 1er octobre au Palais de l’Assemblée nationale, les députés ont ouvert la deuxième session ordinaire de l’année 2026, au cours d’une cérémonie solennelle en présence de plusieurs personnalités de la République, de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et d’organisations internationales.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la présidente du Sénat, Kandia Camara, le président du directoire du RHDP et haut représentant du Président de la République, Gilbert Koné Kafana, le Médiateur de la République, Adama Toungara, ainsi que l’inspecteur général d’État, Ahoua N’Doli.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale a salué l’engagement des députés au cours de la première session et pendant l’intersession. Il a notamment mis en avant l’initiative « Assemblée nationale hors les murs », qui a permis aux parlementaires de se rendre dans leurs circonscriptions pour restituer les travaux de l’institution et recueillir les préoccupations des populations.
La première session ordinaire avait été marquée par l’adoption de 27 projets de loi, dont 26 à l’unanimité. Parmi les textes majeurs figurait notamment le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Pour le président de l’Assemblée nationale, cette présence accrue des députés sur le terrain doit désormais se traduire dans le travail parlementaire. Les préoccupations recueillies auprès des populations sont appelées à alimenter les travaux des commissions, les questions adressées au gouvernement ainsi que l’évaluation des politiques publiques.
« Plus le Parlement se rapproche du citoyen, plus la République elle-même se rapproche de lui », a-t-il déclaré.
Le principal rendez-vous de cette deuxième session sera l’examen et le vote du budget de la Nation pour l’exercice 2027. Les députés devront notamment apprécier la manière dont les orientations du PND 2026-2030 sont prises en compte dans le projet de budget.
Le plan quinquennal prévoit près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements sur la période 2026-2030, avec une contribution attendue du secteur privé de plus de 70 %.
Au-delà du vote des crédits, le président de l’Assemblée nationale a appelé les parlementaires à renforcer le contrôle de leur exécution et à mesurer leurs résultats sur le terrain.
La commission d’évaluation des politiques publiques devrait ainsi jouer un rôle important dans le suivi de la mise en œuvre des programmes financés par l’État. L’enjeu est de rapprocher davantage la décision budgétaire de ses effets concrets sur les conditions de vie des populations.
Autre priorité annoncée : la formation des parlementaires à l’intelligence artificielle. Un premier cycle de formation doit débuter le 12 octobre, en collaboration avec le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.
Cette initiative vise à familiariser les députés avec les outils d’intelligence artificielle susceptibles d’appuyer leur travail quotidien. Analyse des projets de loi, traitement des données budgétaires, recherche documentaire ou encore préparation des travaux parlementaires figurent parmi les usages envisagés.
Cette modernisation technologique devra toutefois rester encadrée par le jugement humain. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que l’IA constitue un outil d’assistance et non un substitut à la décision parlementaire.
« L’intelligence artificielle peut assister le jugement humain, elle ne saurait s’y substituer », a-t-il souligné.
La transformation numérique de l’Assemblée nationale se poursuivra également dans les prochains mois. Des tablettes destinées aux députés doivent être livrées à partir du 5 octobre. Le renforcement de la connexion à très haut débit et de la couverture Wi-Fi doit accompagner cette évolution.
L’objectif affiché est de faciliter l’accès aux documents, d’améliorer la circulation de l’information et de rendre le travail parlementaire davantage adapté aux nouveaux usages numériques.
À cette transformation technologique s’ajoute un important chantier infrastructurel. La première tranche des travaux de réhabilitation du Palais de l’Assemblée nationale doit démarrer en janvier 2027, avec l’accord du Président de la République, Alassane Ouattara.
Entre l’examen du budget 2027, le suivi de l’exécution des politiques publiques, la formation à l’intelligence artificielle et la transformation numérique de l’institution, la deuxième session ordinaire s’annonce particulièrement dense.
À travers ces différents chantiers, l’Assemblée nationale entend renforcer à la fois son rôle législatif, sa mission de contrôle de l’action gouvernementale et sa proximité avec les citoyens.
Les prochains mois permettront ainsi de mesurer la traduction concrète des orientations budgétaires et des politiques publiques, tout en accompagnant la transformation technologique et institutionnelle du Parlement ivoirien.
Wassimagnon
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