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Côte d'Ivoire : Assemblée nationale, le budget 2027 face au défi des 115 000 milliards FCFA du PND
 

Côte d'Ivoire : Assemblée nationale, le budget 2027 face au défi des 115 000 milliards FCFA du PND

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 01 octobre 2026 - 19:09


La deuxième session ordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale s’est ouverte jeudi 1er octobre au Palais de l’institution, avec un agenda particulièrement chargé. Au centre des travaux : l’examen du budget 2027, le suivi du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui prévoit près de 115 000 milliards de FCFA d’investissements, ainsi que plusieurs projets de loi touchant notamment à la finance, à la microfinance et à la lutte contre l’orpaillage artisanal.


L’Assemblée nationale ivoirienne entame une nouvelle étape de son activité parlementaire avec une session placée sous le signe des chiffres, des réformes et du suivi de l’action publique. Ouverte jeudi au Palais de l’Assemblée nationale, la deuxième session ordinaire de l’année 2026 devra notamment permettre aux députés d’examiner le projet de budget 2027 et de se pencher sur les conditions de mise en œuvre du Plan national de développement 2026-2030.


La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles la présidente du Sénat, Kandia Camara, le Haut-Représentant du Président de la République, Koné Kafana, le Médiateur de la République, Gaoussou Touré, et l’Inspecteur général d’État, Ahoua N’doli.


Le PND au cœur des priorités

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, a mis en perspective les travaux de la nouvelle session avec les ambitions économiques et sociales du pays.


Le principal rendez-vous sera l’examen du budget 2027, qui devra traduire en crédits et en programmes les orientations du PND 2026-2030. Ce plan prévoit près de 115 000 milliards de francs CFA d’investissements sur cinq ans, avec une contribution attendue du secteur privé supérieure à 70 %.


Pour les députés, l’enjeu dépassera donc le simple vote des crédits budgétaires. Il s’agira également de suivre leur exécution et d’évaluer les effets des politiques publiques sur le terrain.


Cette mission devrait notamment mobiliser la Commission d’évaluation des politiques publiques, en collaboration avec les différentes commissions parlementaires et les administrations concernées.


Avant de présenter les enjeux de la nouvelle session, Patrick Achi a dressé le bilan de la première session de la législature. Au total, 27 projets de loi ont été adoptés, dont 26 à l’unanimité. Parmi ces textes figure notamment celui relatif au PND 2026-2030.

Le président de l’Assemblée nationale a également évoqué l’initiative « Assemblée nationale hors les murs ». Cette démarche a permis aux députés de se rendre dans leurs circonscriptions afin de présenter l’action parlementaire et de recueillir les préoccupations exprimées par les populations.


Pour Patrick Achi, cette démarche participe au rapprochement entre l’institution parlementaire et les citoyens.


« Plus le Parlement se rapproche du citoyen, plus la République elle-même se rapproche de lui », a-t-il déclaré.


 

L’agenda parlementaire s’annonce dense. Dix projets de loi sont actuellement en instance devant l’Assemblée nationale et pourraient être examinés au cours de la session, auxquels devraient s’ajouter d’autres textes.


Parmi les dossiers annoncés figurent notamment la réglementation bancaire et la microfinance, le financement de l’économie ainsi que les mesures destinées à lutter contre les conséquences de l’orpaillage artisanal.


Sur ce dernier point, le président de l’Assemblée nationale a annoncé un traitement rapide du projet de loi modifiant le Code pénal. Adopté en Conseil des ministres le 23 septembre dernier, le texte a été déposé au Bureau de l’Assemblée nationale le 29 septembre.


L’objectif affiché est de permettre au Parlement de se saisir rapidement de cette question qui touche à la fois à la protection de l’environnement, à la sécurité et à la préservation du patrimoine national.


La transformation numérique de l’institution parlementaire occupera également une place importante au cours de cette session.

Le premier cycle de formation des parlementaires à l’intelligence artificielle débutera le 12 octobre, en collaboration avec le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.


Cette formation doit permettre aux députés de mieux comprendre les usages possibles de l’intelligence artificielle dans leur travail, notamment pour l’analyse des projets de loi, l’exploitation des données budgétaires et l’étude de documents parlementaires. Mais Patrick Achi a également souligné les limites de cette technologie.


« L’intelligence artificielle peut assister le jugement humain ; elle ne saurait s’y substituer », a-t-il rappelé. 


La modernisation des outils de travail des députés doit par ailleurs se poursuivre. Dès le 5 octobre, des tablettes doivent être mises à leur disposition. Cette dotation sera accompagnée d’une connexion à très haut débit et d’un renforcement du réseau Wi-Fi.


Cette évolution s’inscrit dans une démarche de numérisation progressive des activités parlementaires, avec l'objectif de faciliter l'accès à l'information, la circulation des documents et le travail des commissions.


 

Autre chantier annoncé : la réhabilitation du Palais de l’Assemblée nationale. La première tranche des travaux est prévue pour janvier 2027, sous réserve de l’accord du Président de la République, Alassane Ouattara.


À travers cette nouvelle session, l’Assemblée nationale entend ainsi renforcer son rôle dans le suivi de l’action publique. Le volume des investissements projetés dans le cadre du PND 2026-2030 place notamment le Parlement face à un double enjeu : examiner les choix budgétaires et s’assurer de leur traduction concrète.


Avec 115 000 milliards de FCFA d’investissements annoncés sur cinq ans, dont plus de 70 % attendus du secteur privé, la réussite du plan dépendra aussi de la capacité des pouvoirs publics à suivre l’exécution des programmes et à mesurer leurs résultats.


À cela s’ajoutent les dix projets de loi déjà en instance, les textes qui pourraient être déposés au cours de la session, ainsi que les chantiers de transformation numérique et de réhabilitation de l’institution.


Après une première session marquée par l’adoption de 27 projets de loi, les députés entament donc cette deuxième session ordinaire avec un agenda chargé. Le défi sera désormais de faire du vote des lois, du contrôle de l’action gouvernementale et de l’évaluation des politiques publiques des leviers au service de la réalisation des objectifs annoncés et des attentes des populations.



Wassimagnon




 
 
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