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Côte d'Ivoire : BRT Yopougon-Bingerville, 30 % des travaux réalisés, mais la question de l'occupation des emprises persiste
 

Côte d'Ivoire : BRT Yopougon-Bingerville, 30 % des travaux réalisés, mais la question de l'occupation des emprises persiste

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 01 octobre 2026 - 18:28




Le chantier de la première ligne du Bus rapid transit (BRT) reliant Yopougon à Bingerville franchit progressivement de nouvelles étapes. Lors d’une visite de terrain effectuée le jeudi 1er octobre, les responsables du Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (PMUA) ont fait le point sur l’état d’avancement des travaux, les ouvrages réalisés, les futures stations et dépôts, ainsi que les difficultés rencontrées. À ce jour, le taux d’avancement global est estimé entre 25 et 30 %, avec un objectif de finalisation des travaux autour de 2029. La libération des emprises, notamment au niveau du futur dépôt de Yopougon, demeure toutefois l’un des principaux enjeux.


Le futur BRT Yopougon-Bingerville prend progressivement forme. Sur plusieurs tronçons du corridor, les travaux de voirie, les ouvrages d’art, les stations et les passerelles sont déjà visibles. C’est ce qu’ont pu constater les journalistes au cours d’une visite de terrain organisée jeudi 1er octobre par les responsables du Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (PMUA).


Long d’environ 20 kilomètres et comprenant 21 stations, le corridor doit permettre de relier Yopougon à Bingerville à travers un système de transport collectif à haut niveau de service. À terme, la ligne devrait être desservie par des bus 100 % électriques et transporter plusieurs centaines de milliers de voyageurs par jour.


Sur le terrain, les responsables du projet ont présenté les différentes composantes de cette infrastructure, depuis les voies dédiées et les stations jusqu’aux dépôts et aux pôles d’échanges.


Au niveau du point de départ du corridor à Yopougon, les visiteurs ont notamment découvert le site destiné à accueillir le futur dépôt du BRT. Selon Koffi Claude, Urban Development Operations Engineer au PMUA, ce dépôt constituera l’un des principaux centres techniques de la ligne.


« Ici, nous sommes à ce qu’on appelle, dans notre langage technique, le PK0, c’est-à-dire le point de départ du corridor du BRT Yopougon-Bingerville », a-t-il expliqué.


Le site doit notamment accueillir les installations de maintenance, de stationnement et de recharge des bus.


« Le BRT va fonctionner avec des bus 100 % électriques. Les recharges de longue durée auront lieu au niveau des dépôts », a précisé le responsable technique.


Deux dépôts sont prévus aux deux extrémités du corridor, à Yopougon et à Bingerville. Le dépôt de Yopougon s'étendra sur environ trois hectares, tandis qu’un espace de superficie comparable est prévu à l’autre extrémité.


À terme, le parc devrait compter environ 150 bus électriques. Le dispositif de recharge devra être dimensionné en conséquence, avec plusieurs dizaines de points de recharge dans chacun des dépôts.


Si une partie du site de Yopougon a déjà été libérée, une autre demeure occupée. Cette situation constitue l’un des principaux points d’attention pour le démarrage des travaux du dépôt.


« La partie que nous avons matérialisée en bleu foncé est déjà libérée. La population a été indemnisée et cela a été libéré. Maintenant, il reste cette partie-là qui n’est pas encore libérée parce que nous n’avons pas encore indemnisé la population impactée », a indiqué Koffi Claude.


Le spécialiste en sauvegarde sociale du PMUA, Pierre Kadjo, a apporté des précisions sur le nombre de personnes concernées.

Selon lui, le Plan d’action de réinstallation (PAR) complémentaire élaboré pour le dépôt de Yopougon fait état de 451 personnes affectées par le projet, en plus des personnes déjà prises en compte dans les opérations précédentes.


« Nous comptons 451 personnes affectées, hormis ce qui a déjà été libéré par le PTUA. Nous devons donc indemniser ces 451 personnes pour que tout le site soit totalement libéré », a-t-il expliqué.


À l’origine, les premières démarches relatives à la libération de cette emprise avaient été engagées dans le cadre du Projet de transport urbain d’Abidjan (PTUA), notamment en lien avec la réalisation du quatrième pont. Le dossier a ensuite été transféré au PMUA pour la poursuite des indemnisations restantes.


Pierre Kadjo assure que les procédures administratives avancent et que les dernières étapes devraient permettre le lancement des indemnisations.


L’opération représente, selon les éléments communiqués au cours de la visite, une enveloppe d’environ 2,8 milliards de FCFA pour la mise en œuvre de cet addendum au plan de réinstallation.


Sur l’ensemble du projet, le niveau d’avancement demeure différencié selon les tronçons.


Coulibaly Pligueya Ali, coordonnateur adjoint du PMUA, estime l’avancement global des travaux entre 25 et 30 %.

« Globalement, vous êtes autour de 25 à 30 % du taux de réalisation des travaux », a-t-il indiqué. Le responsable distingue toutefois les deux principaux lots du chantier.


Le lot 1, qui couvre notamment la zone de Yopougon et plusieurs ouvrages structurants, affiche un niveau d’avancement d’environ 40 à 45 % selon les sections.

Le lot 2, qui s’étend vers Bingerville, se situe pour sa part autour de 30 à 35 %.


Dans la zone de Yopougon, plusieurs ouvrages sont particulièrement avancés. Les trois ponts recensés dans cette zone sont annoncés à plus de 90 % d’avancement. Les chaussées sont également largement réalisées.


 

Le pont du lycée technique, identifié comme l’ouvrage n°6, affiche notamment un taux d’achèvement proche de 95 %.

D’autres ouvrages restent en chantier, notamment au niveau du carrefour La Vie et de la Riviera 2.


Le projet prévoit 21 stations le long du corridor. Certaines sont déjà en phase de réalisation.


Selon Coulibaly Pligueya Ali, les travaux de génie civil des premières stations sont largement avancés dans certaines zones. Les structures métalliques doivent ensuite être installées.


« Ce ne sont pas des stations en béton. Ce sont des stations où les élévations sont en acier. Vous avez une charpente métallique également au niveau de la toiture », a-t-il expliqué.


Les stations seront couvertes et conçues pour protéger les usagers contre les intempéries. Elles disposeront également de systèmes d’information destinés à indiquer notamment les horaires et les destinations des bus.


Les voyageurs accéderont aux quais par des escaliers et des rampes, avec des aménagements destinés notamment aux personnes à mobilité réduite.


Des passerelles piétonnes couvertes sont également prévues sur plusieurs points du corridor afin de permettre aux usagers de traverser les voies en toute sécurité.


Une voie entièrement réservée au BRT

L’une des caractéristiques majeures du projet sera la séparation du trafic du BRT et de la circulation générale.


Le corridor du BRT sera implanté au centre de plusieurs axes et protégé par des clôtures grillagées. Les traversées piétonnes se feront par des passerelles aménagées à cet effet.


« Le corridor du BRT sera 

emprisonné par des clôtures grillagées. Les piétons et les passagers ne pourront plus traverser à pied. Il y aura donc des passerelles piétonnes », a expliqué Koffi Claude.


L'objectif est de permettre aux bus de circuler sur une voie dédiée, sans être perturbés par les embouteillages du trafic général.


À certains endroits, des trémies seront également aménagées afin de séparer les flux. Les véhicules de la circulation générale pourront ainsi passer en dessous tandis que les bus du BRT circuleront à niveau.


Le système d’exploitation devrait proposer plusieurs niveaux de service afin de répondre aux différents besoins des voyageurs.


Koffi Claude explique qu’un premier service desservira l’ensemble des stations, de Yopougon jusqu’à Bingerville. Le corridor compte actuellement 21 stations.


D’autres services seront plus rapides et ne desserviront qu’une partie des stations, avec des plateformes de retournement permettant aux bus de changer de direction. Les bus auront une capacité d’environ 150 passagers, selon les estimations présentées lors de la visite.


Le projet vise, à terme, une fréquentation pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de voyageurs par jour. Les projections évoquées tablent notamment sur 500 000 voyageurs quotidiens à l’horizon 2030.


Le BRT ne fonctionnera pas de manière isolée. Des pôles d’échanges sont prévus le long du corridor pour faciliter les correspondances avec les autres modes de transport.


À proximité des stations terminales, des parkings relais permettront notamment aux automobilistes de laisser leur véhicule avant d'emprunter le BRT.


Des espaces dédiés aux arrêts-minute sont également prévus afin de permettre aux autres opérateurs de transport de déposer et de récupérer leurs passagers.


Le Haut Conseil du transport est associé au suivi du projet, notamment sur les questions relatives aux transporteurs et au renouvellement du parc.


La réalisation du BRT dans une zone urbaine fortement fréquentée constitue un défi majeur.


« Vous êtes sur l’un des boulevards les plus circulés d’Abidjan », a rappelé Coulibaly Pligueya Ali.


Les responsables du projet expliquent devoir réaliser les travaux tout en maintenant autant que possible la circulation sur les axes concernés.


 

À cette contrainte s’ajoutent la libération des emprises, le déplacement des réseaux existants et la découverte de réseaux non identifiés lors des études initiales.


« On a eu pas mal de surprises en termes de découverte de réseaux qui n’avaient pas encore été identifiés », a reconnu le coordonnateur adjoint du PMUA.


La sécurité constitue également un enjeu central. Les équipes HSE sont chargées de veiller à la protection des travailleurs, des populations, des piétons et des automobilistes.


Parmi les prochaines étapes majeures figure notamment la réalisation de plusieurs ouvrages d’art.


Koffi Claude a évoqué l’ouvrage situé à la sortie du camp des sapeurs-pompiers, destiné à franchir l’Indénié et à rejoindre la zone du lycée technique.


« Tous ces défis-là sont maintenant surmontés. Les préparatifs sont en cours pour le démarrage des travaux de cet ouvrage dans ce mois-même », a-t-il annoncé.


Un autre ouvrage d’environ un kilomètre doit également permettre de franchir la zone du carrefour de l’Indénié. Une station du BRT, baptisée station Fraternité Matin, est prévue sur cet axe.


La connexion avec le métro d’Abidjan constitue également un élément important du dispositif. Une grande station est notamment prévue dans la zone d’Adjamé afin de faciliter les correspondances entre les deux systèmes de transport.


La mise en service du BRT ne devrait pas intervenir immédiatement après l’achèvement du génie civil. Des essais à blanc sont prévus afin de tester le fonctionnement du système avant son ouverture aux voyageurs.


« Il s’agira de faire circuler les bus à vide, pour voir un peu en situation réelle comment le système va se comporter », a expliqué Coulibaly Pligueya Ali.


Le recrutement de l’opérateur chargé de l’exploitation du BRT est actuellement en cours. Cette étape est considérée comme essentielle pour préparer l’exploitation commerciale, installer les équipements et procéder aux tests.


Le responsable du PMUA indique que les travaux devraient être finalisés autour de 2029.


Au-delà de la construction des voies et des stations, le BRT Yopougon-Bingerville doit contribuer à améliorer la mobilité entre plusieurs communes d’Abidjan.


Avec ses voies dédiées, ses bus électriques, ses stations couvertes, ses pôles d’échanges et ses passerelles, le projet ambitionne de proposer une offre de transport plus régulière et mieux structurée.


Pour le PMUA, l’enjeu est désormais de maintenir le rythme des travaux, d’accélérer la libération des emprises restantes et de coordonner les différents intervenants afin de respecter le calendrier annoncé.


Le chantier reste donc confronté à plusieurs défis, mais les responsables du projet affichent leur volonté de poursuivre les efforts pour livrer, à terme, une infrastructure majeure du système de transport collectif d’Abidjan.




Wassimagnon





 
 
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