Côte d'Ivoire Société
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : Vridi -Zimbabwé, quatre mois après le déguerpissement, les familles demandent logement, accompagnement et dialogue avec les autorités
 

Côte d'Ivoire : Vridi -Zimbabwé, quatre mois après le déguerpissement, les familles demandent logement, accompagnement et dialogue avec les autorités

 
 
 
 424 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 2 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - dimanche 04 octobre 2026 - 18:28


Près de quatre mois après le début des opérations de déguerpissement à Vridi 3, communément appelé Zimbabwé, le Collectif des déguerpis est monté au créneau. Dans une déclaration lue ce dimanche 4 octobre 2026 sur le site par son président, Traoré Saïdou, l’organisation réclame un dialogue formel avec les autorités, un recensement contradictoire des personnes affectées et des mesures d’accompagnement pour les familles confrontées aux conséquences des démolitions.


Le Collectif des déguerpis de Vridi 3 veut replacer les opérations de démolition dans leur contexte historique. Selon les éléments recueillis par ses membres, leurs parents auraient été installés sur le site en 1963 par les autorités de l’époque pour y exercer des activités liées notamment au fumage du poisson.


Au fil des décennies, le site s’est transformé en une véritable communauté, avec des habitations, des familles et des activités économiques, notamment autour de la pêche et de la lagune.


Pour le collectif, cette dimension historique et humaine doit être prise en compte dans toute réflexion sur l’aménagement de la zone.


Les opérations de démolition ont commencé le 2 juin 2026 à Vridi 3. Le Collectif rappelle que l’Agence ivoirienne de presse avait notamment fait état de la présence d’engins de démolition et du déplacement des biens des habitants.


De son côté, le District autonome d’Abidjan avait justifié l'opération par la nécessité de protéger les populations vivant dans une zone considérée comme exposée à des risques sanitaires et environnementaux, particulièrement en période de pluies. Les autorités avaient également indiqué que des actions de sensibilisation avaient précédé l’opération.


Le collectif dit prendre acte de ces explications, mais estime qu’une autre question demeure centrale : que deviennent les populations après leur déguerpissement?


Pour Traoré Saïdou et les membres du collectif, quitter une habitation ne signifie pas seulement perdre un toit. Cela peut également entraîner la perte de biens, de documents, d’activités économiques, de repères sociaux et, dans certains cas, compliquer la scolarisation des enfants.


La question de la concertation figure également au cœur des préoccupations exprimées dimanche.


Le Collectif relève que les versions publiques divergent sur les conditions de préparation de l’opération. Le District autonome d’Abidjan affirme avoir mené des actions de sensibilisation avant les démolitions. La mairie de Port-Bouët, pour sa part, avait déclaré ne pas avoir été associée à la préparation et à la mise en œuvre de l’opération et contesté certaines affirmations relatives à la concertation avec les populations.


Sans vouloir se substituer aux autorités, le Collectif demande que les conditions dans lesquelles le déguerpissement a été préparé et exécuté soient clarifiées.


« Qui a été sensibilisé ? Quand les populations ont-elles été officiellement informées ? Quelles mesures d’accompagnement avaient été prévues ? Quelles solutions ont été proposées aux familles après leur départ ? », s’interroge le collectif.


Face à ce qu’il considère comme un manque de visibilité sur le nombre de personnes affectées, le Collectif a entrepris son propre recensement.


 

Selon les données communiquées lors de la déclaration, 289 propriétaires et 500 locataires, soit 789 personnes, ont été enregistrés à l’issue de deux périodes de recensement ainsi que d’inscriptions effectuées à distance.


Le Collectif précise toutefois que ce chiffre ne représente pas nécessairement l’ensemble des personnes touchées. Il correspond aux personnes enregistrées par son propre dispositif à ce jour, alors que le recensement se poursuit.


L’organisation souhaite désormais que ses données soient confrontées à celles des services compétents afin d’établir un état précis et contradictoire des populations affectées.


Au-delà des chiffres, le Collectif met en avant les conséquences humaines du déguerpissement. Des familles auraient perdu leur logement, des travailleurs leurs conditions habituelles d’activité et certaines personnes des biens ou des documents importants.


Le logement, la scolarisation des enfants ainsi que la perte de revenus et de moyens de subsistance figurent parmi les principales préoccupations évoquées.


Le Collectif affirme également avoir enregistré plusieurs décès parmi les personnes touchées par les conséquences de cette situation. Traoré Saïdou a annoncé le dixième décès enregistré par l’organisation depuis le début de la crise, sans établir dans sa déclaration de lien médical ou juridique direct entre ces décès et les opérations de déguerpissement.


Pour le collectif, ces situations justifient une attention particulière aux conséquences humaines et sociales de l’opération.


Le Collectif des déguerpis de Vridi 3 assure ne pas s’opposer au développement urbain ni aux mesures destinées à protéger les populations exposées aux risques.


« Nous ne sommes pas contre le développement d’Abidjan. Nous ne sommes pas contre l’aménagement urbain. Nous ne sommes pas contre la protection des populations contre les risques », a déclaré le président du collectif.


L’organisation dit plutôt souhaiter que les politiques d’aménagement intègrent davantage les personnes directement concernées et que la protection des populations s’accompagne de mesures concrètes lorsqu’elles doivent quitter leur lieu de vie.


À travers sa déclaration, le Collectif formule plusieurs demandes aux autorités.


Il réclame notamment l’ouverture d’un dialogue formel avec les représentants des populations affectées, ainsi que l’établissement d’un état précis et contradictoire des personnes concernées.


Il demande également une attention particulière aux familles qui ne disposent pas d’une solution durable de logement, ainsi qu’aux enfants, aux personnes vulnérables et à celles qui ont perdu leurs moyens de subsistance.


 

Le collectif souhaite par ailleurs qu’un examen documenté des circonstances et des conséquences des opérations soit réalisé afin que d’éventuelles responsabilités puissent être établies sur la base de faits vérifiables.


Il demande enfin une meilleure coordination entre les administrations concernées et souhaite être officiellement reçu par les autorités afin de présenter ses documents, témoignages et données.


Dans sa déclaration, le Collectif a également insisté sur le caractère pacifique de sa démarche.


Traoré Saïdou a appelé les membres du collectif à ne pas céder aux provocations et à éviter les insultes, les menaces ainsi que les accusations non étayées.


L’organisation affirme vouloir poursuivre son action sur la base des faits, des documents, des témoignages et du dialogue, tout en se disant disposée à collaborer avec les institutions et organisations légalement compétentes intéressées par la documentation de la situation.


En conclusion, le Collectif appelle les autorités à entendre les populations affectées, la société civile à rester mobilisée et les médias à continuer de documenter la situation.


Pour ses responsables, la question de Vridi 3 ne peut être abordée uniquement sous l’angle de l’aménagement urbain ou de la gestion des zones à risque. Elle doit également être considérée comme une question sociale et humaine.


Le Collectif affirme ainsi vouloir poursuivre son action dans le respect des voies légales, tout en réaffirmant son attachement à la paix, au dialogue et à la République.

La déclaration a été lue ce dimanche 4 octobre 2026 sur le site de Vridi 3 par Traoré Saïdou, président du Collectif des déguerpis de Vridi III, également appelé Zimbabwé.



Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : Vridi -Zimbabwé, quatre mois après le déguerpissement, les familles demandent logement, accompagnement et dialogue avec les autorités
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter