Côte d'Ivoire Société
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : Identification du bétail, attaqué sur sa convention avec Vet'tronic, le MIRAH contre-attaque et promet que les données resteront sous contrôle ivoirien
 

Côte d'Ivoire : Identification du bétail, attaqué sur sa convention avec Vet'tronic, le MIRAH contre-attaque et promet que les données resteront sous contrôle ivoirien

 
 
 
 294 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 1 heure
 
 
 
 
 
© Koaci.com - mercredi 07 octobre 2026 - 19:48


Mis en cause dans des publications faisant état d’interrogations sur les conditions de mise en œuvre de la convention conclue avec la société française Vet’tronic, le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) monte au créneau. Dans un communiqué publié le 7 octobre 2026, le ministère réfute plusieurs allégations et détaille le processus ayant conduit à la collaboration avec l’entreprise française. Au cœur de sa défense : la nécessité de moderniser l’identification du cheptel ivoirien et la garantie annoncée de la souveraineté des données.


Le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) a décidé d’exercer son droit de réponse après la publication, le 5 octobre 2026, d’un article par le média Enquête Média, suivi, le lendemain, d’une interview audiovisuelle du journaliste Théophile Kouamouo sur sa chaîne DLA (Décrypter l’Afrique).


Dans son communiqué, le ministère estime que certaines informations diffusées contiennent des « contre-vérités » susceptibles, selon lui, d’entretenir la confusion autour de la réforme de l’identification et de la traçabilité des animaux.


Le MIRAH affirme ainsi vouloir apporter des précisions sur les conditions dans lesquelles la convention avec la société française Vet’tronic a été envisagée et sur les garanties prévues dans le cadre de ce projet.


Pour le ministère, l’identification des animaux constitue une réforme d’intérêt national. Elle s’inscrit dans le cadre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA).


L’objectif affiché est notamment de parvenir, à terme, à assurer la traçabilité des produits d’origine animale destinés à la consommation.


Le dispositif doit également permettre, selon le MIRAH, de renforcer la lutte contre le vol de bétail, d’améliorer la surveillance sanitaire, de mieux contrôler les mouvements du cheptel, notamment dans les zones frontalières et de transhumance, et de disposer de données plus fiables sur le cheptel national.


Le ministère fait état de 2 350 ruminants volés en 2025 et estime le cheptel concerné par le processus à environ 4,77 millions de bovins et d’ovins.


Au-delà de la dimension sanitaire et sécuritaire, l’identification est également présentée comme un moyen de mieux protéger les investissements des éleveurs.

Un processus engagé depuis 2022

Le MIRAH rappelle que le projet ne serait pas né de la convention avec Vet’tronic. Le processus d’identification des animaux aurait été engagé dès 2022, avec plusieurs étapes préparatoires.


Des consultations ont notamment été menées avec les interprofessions du secteur de l’élevage, tandis que des groupes de travail ont participé à la validation des différentes étapes du projet.


Le ministère indique également avoir créé un service dédié au sein de la Direction des productions animales et élaboré des outils techniques manuels conformément aux normes de l’UEMOA.


Une étape réglementaire importante a ensuite été franchie avec l’adoption du décret n°2024-665 du 1er août 2024, fixant les règles générales relatives à l’identification des animaux, de leurs propriétaires et des locaux.


Mais le système manuel mis en place ne permettait pas, selon le MIRAH, d’envisager une identification à grande échelle. D’où la volonté de passer à une solution numérique.


Dans le cadre de cette numérisation, le ministère explique avoir engagé une procédure de sélection d’un prestataire national, conformément aux dispositions du Code des marchés publics.


Une entreprise locale avait été retenue, selon une référence administrative communiquée par le MIRAH.


 

Toutefois, l’examen de la solution proposée par cette entreprise par les services techniques du ministère et ceux du ministère chargé de la Transition numérique aurait fait apparaître plusieurs insuffisances.


Le MIRAH cite notamment des difficultés concernant l’intégration de l’identification électronique, l’articulation entre les équipements d’identification et la plateforme informatique, ainsi que les conditions de déploiement à grande échelle.


Selon le ministère, ces insuffisances ont conduit à poursuivre les recherches afin d’identifier une solution répondant davantage aux exigences techniques et opérationnelles du futur système national.


C’est dans ce contexte que des échanges ont été engagés avec Vet’tronic, une société française spécialisée, selon le MIRAH, dans les solutions d’identification animale en France et dans plusieurs pays européens.


Le projet présenté par l’entreprise prévoit un dispositif intégré comprenant des équipements d’identification électronique, des outils de lecture, une plateforme informatique de gestion des données ainsi qu’un accompagnement technique pour la mise en œuvre et le déploiement.


Mais avant un éventuel déploiement à grande échelle, le projet prévoit une phase pilote de 12 mois, que Vet’tronic proposerait de réaliser sur ses ressources propres.


Cette phase expérimentale devrait porter sur, 20 000 animaux d’élevage, 5000 animaux de compagnie, la mise à disposition et le test des équipements nécessaires, le paramétrage et l’évaluation de la solution informatique, la formation des personnels et utilisateurs, un déploiement expérimental dans des zones pilotes, l’évaluation des performances techniques et opérationnelles du dispositif.


Pour le MIRAH, cette phase doit permettre d’évaluer la solution en conditions réelles avant toute éventuelle généralisation.


Le ministère affirme également avoir voulu encadrer juridiquement la coopération avec l’opérateur privé.


À cet effet, le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP) a été saisi par le MIRAH le 10 août 2026.


Selon le ministère, cette démarche vise notamment à sécuriser le processus sur les plans juridique et institutionnel et à veiller au respect des exigences de transparence, de bonne gouvernance et de conformité aux règles applicables.


L’un des principaux points soulevés par le MIRAH concerne l’hébergement des données issues de l’identification des animaux. Le ministère assure que les données relatives au cheptel national seront hébergées et sécurisées en Côte d’Ivoire.


Dans cette perspective, le MIRAH indique avoir saisi, le 20 août 2026, la Société nationale de développement informatique (SNDI) et l’Agence nationale du service universel des télécommunications/TIC (ANSUT).


Des échanges techniques seraient actuellement en cours afin de définir les modalités d’hébergement, de sécurisation, de sauvegarde et de continuité du service, mais également les conditions d’administration et de réversibilité du système.


 

Le ministère affirme ainsi que la solution proposée par Vet’tronic devra, à terme, respecter les exigences nationales en matière de sécurité, de souveraineté et de maîtrise des données.


Dans son communiqué, le ministère réaffirme son attachement à la transparence, à la bonne gouvernance et au respect des procédures de gestion publique.


S’il dit rester ouvert aux interrogations concernant le projet, le MIRAH conteste en revanche la présentation de certaines accusations comme des faits établis.


Le ministère appelle ainsi les médias et les différents acteurs concernés à faire preuve de rigueur dans le traitement de l’information et à vérifier les éléments auprès des sources institutionnelles compétentes.


Plus loin, le MIRAH annonce qu’il se réserve la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs et les personnes relayant, selon lui, des informations mensongères.


Malgré la polémique, le MIRAH assure vouloir poursuivre la réforme de l’identification et de la traçabilité des animaux.


Pour le ministère, l'enjeu dépasse la seule modernisation administrative. Il s'agit également de renforcer la protection du cheptel, la sécurité sanitaire, la lutte contre le vol de bétail et la fiabilité des données relatives au secteur de l’élevage.


La phase pilote annoncée avec Vet’tronic constituera désormais une étape importante pour apprécier les performances du dispositif et déterminer ses conditions éventuelles de déploiement.


Au-delà des controverses entourant la convention, le principal défi reste donc de parvenir à mettre en place un système fiable, sécurisé et adapté aux réalités du secteur de l’élevage ivoirien, tout en garantissant la maîtrise nationale des données.



Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : Nouvel organe electoral, le Gouvernement doit il prendre en compte les propositions de l'opposition?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : Organiser des matchs de foot au Plateau alors qu'il y a Ebimpé, une é...
 
2075
Oui
49%  
 
2075
Non
49%  
 
121
Sans avis
3%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : Identification du bétail, attaqué sur sa convention avec Vet'tronic, le MIRAH contre-attaque et promet que les données resteront sous contrôle ivoirien
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter