Côte d'Ivoire : Bouaké, des maquis illégaux maintenus près des écoles grâce à des « bras longs », les petits commerces chassés, le maire interpellé sur le deux poids, deux mesures
Maquis à proximité d'une école fermé à Air France le lundi 05 octobre (ph KOACI)
L'espoir suscité il y a quelques semaines à Bouaké est en train de retomber. Après l'annonce de mises en demeure visant les commerces installés sur le Domaine Public (ODP) aux abords des établissements scolaires, avec une date butoir fixée au 13 octobre pour le départ des débits de boisson, bars et maquis situés à moins de 200 à 400 mètres des écoles selon la loi ivoirienne, les parents d'élèves avaient salué une décision courageuse. Sur le terrain, au quartier Air-France et le long de l'axe TSF, le constat est tout autre.
Un seul bar a été fermé la semaine passée à titre d'exemple, tandis que plusieurs autres établissements, bien plus importants, poursuivent leurs activités en toute visibilité. C'est le cas notamment le long de l'axe TSF, à proximité du CETF et du TSF Sud, où des maquis installés sur l'ODP juste derrière les écoles continuent de fonctionner, musique à plein volume et service assuré à quelques mètres des salles de classe, au mépris de la loi n° 64-293 du 1er août 1964.
Ce qui choque le plus les riverains, c'est le contraste dans l'application de la mesure. Pendant que ces grands débits de boisson restent en place, des petits commerces de vêtements, de pagnes, d'attiéké et autres marchandises diverses, installés dans les mêmes conditions, ont été déguerpis sans ménagement. Une politique du deux poids deux mesures qui alimente un profond sentiment d'injustice et qui fait jaser tout le quartier Air-France et même au-delà.
Des rumeurs persistantes font état de bars « sauvés » grâce à des « bras longs » et des protections au sein même de la mairie. La Direction Technique, pourtant signataire des mises en demeure, est aujourd'hui pointée du doigt pour ne pas appliquer la règle de manière uniforme.
Face à cette situation, les regards se tournent désormais vers le premier magistrat de la commune, Amadou Koné. Les parents d'élèves, les enseignants et les petits commerçants interpellent directement le maire et demandent que la loi soit appliquée à tous, sans distinction, et que l'opération de libération du domaine public se fasse dans la transparence et l'équité. Ils rappellent que quand la mairie veut faire preuve de fermeté, elle sait le faire.
L'exemple de la tolérance zéro imposée pour le port du casque sur les moto-taxis, pour les conducteurs comme pour les passagers, en est la preuve. C'est cette même tolérance zéro qu'ils réclament aujourd'hui pour les abords des écoles.
T.K.Emile
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
