Côte d'Ivoire–Royaume-Uni: 840 milliards de FCFA d'échanges, Londres veut accélérer les investissements et miser sur l'industrialisation
Les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni ont atteint 1,1 milliard de livres sterling en 2025, soit environ 840 milliards de FCFA, en hausse de 23,5 % sur un an. Fort de cette dynamique, Londres entend renforcer ses investissements dans l’économie ivoirienne, notamment dans la transformation locale des matières premières, les infrastructures, la santé et le financement des PME. Reçu par les médias à la Résidence de l’Ambassadeur britannique à Abidjan, vendredi 16 octobre 2026, Alastair Long, Commissaire au commerce de Sa Majesté pour l’Afrique, a présenté les perspectives de ce partenariat, à quelques jours de la cinquième édition du West & Central Francophone Africa Trade & Investment Forum (WCAF 5), prévue à Conakry, en Guinée.
Le Royaume-Uni entend franchir une nouvelle étape dans ses relations économiques avec la Côte d’Ivoire. C’est le message porté par Alastair Long lors de sa rencontre avec les médias, vendredi 16 octobre 2026, à la Résidence de l’Ambassadeur du Royaume-Uni à Abidjan.
Nommé en août 2026, le Commissaire au commerce de Sa Majesté pour l’Afrique effectue cette visite dans le cadre des efforts de Londres visant à consolider ses partenariats économiques sur le continent et à promouvoir de nouvelles opportunités commerciales et d’investissement.
Les relations entre les deux pays affichent déjà des résultats encourageants. En 2025, leurs échanges commerciaux ont atteint 1,1 milliard de livres sterling, soit environ 840 milliards de FCFA, enregistrant une progression de 23,5 % par rapport à 2024. Environ 800 entreprises britanniques entretiennent aujourd’hui des relations commerciales avec la Côte d’Ivoire, selon les données communiquées à l’occasion de cette visite.
Pour Alastair Long, cette progression s’explique notamment par les accords de partenariat économique entre les deux pays et par l’intérêt des consommateurs britanniques pour les produits ivoiriens.
Le cacao et les noix de cajou figurent parmi les produits qui contribuent à cette dynamique. Le cacao ivoirien, notamment, alimente l’industrie chocolatière britannique, tandis que les produits agricoles ivoiriens offrent des perspectives de diversification des échanges.
« Les produits importants de la Côte d’Ivoire, nous en sommes très fiers », a souligné le responsable britannique, estimant que cette dynamique devait servir de levier pour développer davantage les échanges et renforcer les relations entre les entreprises des deux pays.
Au-delà de la croissance du commerce bilatéral, le Royaume-Uni souhaite accompagner la transformation structurelle de l’économie ivoirienne, en particulier à travers l’industrialisation et la valorisation locale des matières premières.
Selon Alastair Long, les échanges avec les autorités ivoiriennes ont mis en évidence l’importance de ces enjeux pour le développement du pays.
« La transformation est l’un des besoins les plus importants, notamment l’industrialisation, la transformation et la mise en valeur des matières premières locales », a-t-il indiqué.
Le secteur de l’anacarde illustre concrètement les possibilités de coopération entre les deux pays. Le Commissaire au commerce a notamment cité Valency International, qui dispose d’une unité de transformation à Attingué, ainsi que Cashew Coast, entreprise implantée à Bouaké et travaillant avec de petits producteurs.
Ces initiatives bénéficient notamment de l’intervention de British International Investment (BII), l’institution britannique de financement du développement, ainsi que d’autres partenaires financiers.
Concernant Valency International, Alastair Long a évoqué les perspectives d’expansion de ses activités, notamment à travers un projet de deuxième unité de transformation. Il a également rappelé le potentiel de création d’emplois associé à ces investissements.
Pour Londres, l’enjeu est de favoriser le passage d’une économie reposant largement sur l’exportation de matières premières à un modèle permettant de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire ivoirien. Une telle évolution pourrait contribuer à renforcer les capacités industrielles du pays, à améliorer les revenus des producteurs et à générer des emplois durables.
La coopération économique entre la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni ne se limite pas à l’agriculture et à l’agro-industrie. Londres souhaite également développer des partenariats dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’éducation, le transport ferroviaire, les sciences de la vie, l’énergie, les infrastructures, les technologies agricoles et les services financiers.
Alastair Long a notamment évoqué un partenariat récemment conclu entre AstraZeneca et le ministère ivoirien de la Santé dans le domaine de l’oncologie et de la lutte contre le cancer.
Cette initiative illustre, selon lui, les possibilités offertes par les sciences de la vie et les technologies médicales pour accompagner les priorités sanitaires de la Côte d’Ivoire.
Le responsable britannique a insisté sur la nécessité d'adapter les investissements et l'expertise du Royaume-Uni aux besoins spécifiques des pays partenaires.
L’objectif est de favoriser une coopération économique capable de répondre aux priorités nationales, tout en créant des débouchés pour les entreprises britanniques et ivoiriennes.
Cette démarche s’inscrit notamment dans la perspective de l’ambition ivoirienne de rejoindre, à l’horizon 2030, le groupe des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Pour soutenir la réalisation de projets structurants, le Royaume-Uni entend également s’appuyer sur UK Export Finance (UKEF), son agence de crédit à l’exportation.
Selon Alastair Long, cet instrument permet de faciliter le financement de projets tout en favorisant l’accès aux technologies, aux équipements et aux compétences britanniques.
Il a mis en avant la flexibilité des solutions proposées par l’agence, ainsi que l’importance accordée à la qualité des prestations, à la fiabilité des équipements et au respect des délais de réalisation.
Forte d’une expérience dans le financement de projets en Afrique, UKEF souhaite poursuivre et renforcer son accompagnement en Côte d’Ivoire.
Pour les entreprises et les autorités ivoiriennes, ces mécanismes peuvent contribuer à faciliter la mobilisation de ressources financières nécessaires à la réalisation de projets dans les infrastructures, les transports et d’autres secteurs prioritaires.
Au-delà du financement, l’enjeu est également de favoriser les partenariats entre les acteurs économiques des deux pays et de permettre aux entreprises ivoiriennes d’accéder à des équipements modernes susceptibles d’améliorer leur productivité.
Le développement des petites et moyennes entreprises (PME) constitue un autre axe important de la stratégie britannique en Côte d’Ivoire.
Pour Alastair Long, les difficultés d’accès au financement et aux marchés représentent des obstacles majeurs pour les petits producteurs et les entrepreneurs.
Le soutien du Royaume-Uni vise notamment à rapprocher les producteurs des débouchés commerciaux, à améliorer leur accès aux ressources financières et à renforcer leurs capacités technologiques.
British International Investment joue un rôle dans cette dynamique en soutenant des investissements et en contribuant au financement des économies locales.
Le Commissaire au commerce a également souligné la dimension inclusive de certains mécanismes de financement, indiquant que 30 % des financements évoqués dans ce cadre étaient destinés aux femmes.
À travers ces interventions, Londres souhaite favoriser le développement d’un secteur privé plus compétitif, capable de répondre aux exigences des marchés internationaux et de créer davantage d’emplois.
Le transfert de compétences et l’accès aux technologies britanniques figurent également parmi les leviers envisagés pour améliorer la productivité des entreprises ivoiriennes et renforcer leurs possibilités d’accès au marché britannique.
La visite d’Alastair Long intervient à quelques jours de la cinquième édition du West & Central Francophone Africa Trade & Investment Forum (WCAF 5), prévue du 19 au 21 octobre 2026 à Conakry, en Guinée.
Ce forum réunira des représentants des pouvoirs publics, des investisseurs et des entreprises autour des opportunités de commerce et d’investissement en Afrique de l’Ouest et centrale francophone.
Selon le Commissaire au commerce, cette rencontre poursuit un double objectif : renforcer le dialogue économique entre le Royaume-Uni et les pays de la région, d’une part, et faciliter la concrétisation de projets commerciaux, d’autre part.
Les participants pourront notamment examiner de nouvelles propositions d’investissement, rechercher des partenaires financiers et poursuivre les discussions autour de projets déjà engagés.
Alastair Long a annoncé la participation de 92 entreprises britanniques, représentées par 120 délégués venus de différentes régions du Royaume-Uni.
Cette mobilisation traduit, selon lui, l’intérêt des entreprises britanniques pour les marchés francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre et leur volonté d’explorer de nouvelles possibilités de coopération.
Le responsable britannique a également mis en avant la progression des engagements d’UK Export Finance dans la région. Selon les chiffres qu’il a communiqués, ceux-ci sont passés d’environ 300 millions de livres sterling il y a six à sept ans à plus de 3 milliards de livres sterling, en incluant les engagements signés ou non signés.
Cette évolution témoigne, à ses yeux, du potentiel du forum pour renforcer les relations économiques, favoriser les accords commerciaux et accélérer la réalisation de projets d’investissement.
À travers cette visite, le Royaume-Uni réaffirme sa volonté de renforcer son partenariat économique avec la Côte d’Ivoire en privilégiant les investissements productifs, la transformation locale des matières premières, le financement des entreprises et le développement des compétences.
Si la progression des échanges commerciaux constitue un indicateur encourageant, les deux pays doivent désormais poursuivre leurs efforts pour transformer cette dynamique en résultats tangibles pour leurs économies respectives.
L’enjeu consiste notamment à attirer de nouveaux investissements, à renforcer les capacités industrielles ivoiriennes, à améliorer l’accès des PME au financement et aux marchés, et à favoriser la création d’emplois qualifiés.
À l’approche du WCAF 5, le Royaume-Uni entend ainsi consolider les bases d’une coopération économique durable, fondée sur la complémentarité des expertises, la valorisation des ressources locales et le développement de partenariats mutuellement bénéfiques.
Pour la Côte d’Ivoire, cette dynamique représente une opportunité supplémentaire de mobiliser des investissements et des compétences au service de ses ambitions industrielles et économiques à l’horizon 2030.
Wassimagnon
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