Côte d'Ivoire : Danané, routes en lambeaux, villages isolés, le cri d'alarme du Gouroussé Centre et Nord face à l'enclavement persistant
Route impraticable (Ph Koaci)
Dans les méandres verdoyants mais difficiles d’accès du département de Danané, la tournée de remerciements de l’honorable Guillaume Gbatô aura surtout révélé une réalité brute : celle de localités rurales toujours prisonnières d’un enclavement profond, où routes dégradées et déficit d’infrastructures dictent encore le quotidien.
Du Gouroussé Centre au Gouroussé Nord, en passant par la sous-préfecture de Daleu, le constat est sans appel. Les villages de Bokoulmpleu, Goueugbopleu, Sioba, Bléupleu, Gouepouta ou encore Doueleu vivent au rythme de pistes défoncées, quasi impraticables. « Ici, quand la pluie tombe, le village est coupé du monde », confie un habitant de Sioba, la voix chargée d’amertume.
Même les déplacements administratifs en sont affectés : le sous-préfet, basé à Danané ville, est contraint de se rendre sur le terrain dans des conditions difficiles, parfois à moto, illustrant l’ampleur du déficit infrastructurel.
Dans le Gouroussé Nord, de Bouimpleu à Kata en passant par Savane et Guizreu, la situation ne diffère guère. Les routes, déjà fragiles en saison sèche, deviennent de véritables pièges boueux en saison des pluies. « Nos motos sont nos seuls moyens de transport, mais les coûts deviennent insupportables », déplore un jeune conducteur de moto-taxi à Douongompleu.
Le transport des personnes comme des marchandises reste coûteux, accentuant la précarité des ménages et isolant davantage les communautés.
Zone à forte vocation agricole, le Gouroussé Centre et Nord vit principalement du café, du cacao, de l’hévéa, du riz, du manioc et de la banane. Mais l’état des routes freine lourdement l’écoulement des productions vers les centres urbains. « Quand les pistes sont coupées, nos récoltes pourrissent sur place », regrette une productrice de Bléupleu.
Les pertes post-récolte s’accumulent, réduisant considérablement les revenus des paysans.
Au-delà des routes, les populations évoquent un déficit global d’infrastructures : écoles insuffisantes, manque de salles de classe, centres de santé sous-équipés, accès limité à l’eau potable et à l’électricité. L’absence de réseau téléphonique fiable accentue également l’isolement.
Face à ces préoccupations, l’honorable Guillaume Gbatô a reconnu la gravité de la situation. « Je prends bonne note de toutes ces doléances et je les porterai à l’Assemblée nationale », a-t-il assuré devant les populations.
Mais sur le terrain, l’attente demeure forte. Les populations réclament désormais des actions concrètes et durables, estimant que le désenclavement est la clé de leur développement.
Dans le Gouroussé Centre comme dans le Gouroussé Nord, l’espoir est toujours là, mais suspendu à la promesse d’un changement réel.
Jean Chresus, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Guinnée Equatorial
Côte d'Ivoire
