Côte d'Ivoire : Fête du Travail 2026, la centrale Humanisme plaide pour un dialogue social renforcé et des réformes concrètes
À quelques heures de la commémoration officielle de la fête du Travail prévue à la Primature, la centrale syndicale Humanisme a mobilisé ses militants à la Bibliothèque nationale du Plateau ce 1er mai dans la matinée. Cette rencontre, marquée par une forte affluence, a été l’occasion pour son Secrétaire général exécutif, Mamadou Soro, de dresser le bilan des acquis sociaux récents tout en formulant plusieurs recommandations en faveur d’une amélioration durable des conditions de vie et de travail en Côte d’Ivoire.
Devant plus de 2 400 adhérents présents et des milliers d’autres mobilisés à travers les régions, Mamadou Soro a salué les avancées obtenues grâce au dialogue social tripartite entre le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales. Parmi ces acquis, il a notamment évoqué la ratification de plusieurs conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la convention 122 sur la politique de l’emploi, la convention 176 relative à la sécurité dans les mines, la convention 188 sur le travail dans la pêche et la convention 189 sur les travailleurs domestiques.
Selon lui, ces instruments juridiques constituent des leviers essentiels pour promouvoir des emplois décents, structurer des secteurs encore informels et garantir une meilleure protection sociale aux travailleurs. Il a également souligné l’extension de la prime spéciale, passée d’un tiers à deux tiers, ainsi que la mise en place progressive d’un régime social pour les travailleurs indépendants, leur permettant d’accéder à une pension de retraite et à des prestations en cas d’accident du travail.
Toutefois, le responsable syndical a insisté sur la nécessité d’aller plus loin. Il a notamment appelé à la mise en œuvre effective de l’organisme tripartite de gestion des activités de transit, prévu par un décret datant de 2019 mais toujours non appliqué. Il a également plaidé pour une révision du projet de loi sur la biologie médicale afin de permettre aux techniciens et ingénieurs du secteur d’ouvrir des laboratoires de proximité.
Par ailleurs, la centrale Humanisme a exprimé son inquiétude face à la situation des travailleurs du secteur du nettoyage urbain à Abidjan, menacés de licenciement en raison de l’absence de contrats formels. Elle demande la signature rapide de ces contrats afin d’assurer la stabilité de l’emploi et la continuité du service public.
Enfin, Mamadou Soro a proposé la création d’une “Maison du travailleur”, à l’image de la Maison de l’entreprise, afin de mieux structurer le dialogue social, renforcer la collecte de données et anticiper les évolutions du marché du travail.
Présente à cette rencontre, la conseillère technique du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Boni Isabelle épouse Koffi, a salué l’engagement de la centrale en faveur de la paix sociale. Elle a encouragé les syndicats à privilégier le dialogue plutôt que les mouvements de grève, estimant que « l’on a plus à gagner dans la concertation que dans la confrontation ».
Elle a également assuré que les 240 revendications formulées par la centrale ont été prises en compte et seront transmises au Premier ministre pour examen. « Le ministère est aux côtés des travailleurs et reste engagé à œuvrer pour leur bien-être », a-t-elle affirmé.
Dans un contexte économique en mutation, cette rencontre s’inscrit comme un moment clé de concertation entre les acteurs sociaux, avec en toile de fond un objectif commun : construire un environnement propice à l’investissement, à la création d’emplois et à l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs ivoiriens.
Wassimagnon
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