Côte d'Ivoire Economie
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : Lamoussa Djinko, (Renouveau Démocratique), plaide pour un nouveau modèle économique fondé sur l'industrialisation
 

Côte d'Ivoire : Lamoussa Djinko, (Renouveau Démocratique), plaide pour un nouveau modèle économique fondé sur l'industrialisation

 
 
 
 115 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 13 minutes
 
 
 
 
 
© Koaci.com - mardi 25 août 2026 - 15:23


À l’occasion d’une conférence de presse tenue mardi 25 août 2026 à Cocody Attoban, le président du Renouveau démocratique (RD), Lamoussa Djinko, a livré une critique du modèle économique ivoirien. S’il salue les investissements réalisés dans les infrastructures sous Alassane Ouattara, l’opposant estime que la Côte d’Ivoire doit désormais franchir une nouvelle étape : renforcer sa souveraineté économique, transformer davantage ses matières premières et repenser sa politique monétaire.


La Côte d’Ivoire doit-elle changer de modèle économique pour accélérer son développement ? Pour Lamoussa Djinko, la réponse est clairement oui. Face à la presse, mardi 25 août 2026, au siège de son parti à Cocody Attoban, le président du Renouveau démocratique (RD) a appelé à une profonde transformation de l’économie ivoirienne, qu’il juge encore trop dépendante de l’exportation des matières premières et des capitaux étrangers.


Pour le responsable politique, les performances économiques et les progrès enregistrés dans les infrastructures ne doivent pas masquer les fragilités structurelles du pays. Routes, ponts, bâtiments et électrification constituent, selon lui, des acquis importants, mais ne sauraient à eux seuls traduire une véritable transformation économique.


Lamoussa Djinko reconnaît les efforts consentis ces dernières années dans le développement des infrastructures. Il a notamment salué l’action du président Alassane Ouattara dans ce domaine.

« Je félicite le président Ouattara pour les routes et les ponts, mais je pense qu’il faut aller plus loin », a-t-il déclaré.


Selon lui, l’enjeu consiste désormais à transformer ces investissements en véritable moteur de production et de création de richesses. Il s’inquiète notamment de la place des capitaux étrangers dans certains secteurs de l’économie, estimant qu’une partie importante des bénéfices générés quitte ensuite le pays.


L’opposant invite ainsi les autorités à dépasser les indicateurs de croissance et à s’intéresser davantage à la capacité du pays à produire, transformer et conserver localement une part plus importante de la valeur créée.


L’un des principaux axes développés par Lamoussa Djinko concerne l’industrialisation. Il déplore que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, reste fortement associée à l’exportation de matières premières.

« Nous produisons le cacao, mais nous ne contrôlons pas la transformation et la commercialisation du chocolat », a-t-il regretté.


Pour le président du RD, la solution ne consiste pas à réduire la production agricole, mais à développer massivement les capacités industrielles du pays. L’objectif serait de transformer davantage les produits agricoles sur place, afin de créer des emplois, développer les compétences et augmenter la valeur ajoutée captée par l’économie ivoirienne.


Cette stratégie devrait, selon lui, concerner le cacao, mais également d’autres filières agricoles et minières.


Dans son argumentaire, Lamoussa Djinko a également replacé la situation économique actuelle dans une perspective historique. Il estime que certaines structures mises en place durant la période coloniale ont principalement favorisé l’exploitation et l’exportation des ressources africaines plutôt que l’émergence d’un tissu industriel local.


Il considère dès lors que le modèle économique ivoirien doit être profondément repensé afin de permettre au pays de passer d’une économie principalement fondée sur la production et l’exportation de matières premières à une économie davantage tournée vers la transformation et l’industrie.


Le responsable politique met également en garde contre les comparaisons qui se limiteraient aux performances des pays voisins.


« Il faut éviter de nous comparer uniquement au Burkina Faso, au Mali ou au Niger pour nous rassurer », a-t-il lancé.


 

À ses yeux, la Côte d’Ivoire doit plutôt se mesurer à des économies capables de transformer leurs ressources, de développer leur industrie et de construire une plus grande autonomie financière et technologique.


La question monétaire a occupé une place importante dans son intervention. Lamoussa Djinko s’est interrogé sur le niveau réel de souveraineté monétaire des pays membres de l’UEMOA.


Évoquant le transfert du siège de la BCEAO de Paris à Dakar en 1978, il a posé une question centrale : « Maîtrisons-nous réellement notre monnaie ? »


Pour lui, une réforme monétaire ne peut être réduite à un changement de dénomination. Le simple passage du franc CFA à l’ECO ne constituerait pas, à ses yeux, une transformation fondamentale si les mécanismes de garantie et d’arrimage à l’euro restent inchangés.


Il estime qu’une véritable banque centrale doit disposer de marges de manœuvre suffisantes pour agir sur la liquidité, les taux d’intérêt et le financement de l’économie.


Pour concrétiser son projet, le président du RD a présenté dix propositions visant à transformer en profondeur le modèle économique ivoirien.


Parmi les pistes avancées figurent notamment une réflexion sur la souveraineté monétaire, la renégociation de certains contrats miniers ainsi qu’une réorientation des emprunts publics vers des investissements susceptibles de générer davantage de capacités productives.


Lamoussa Djinko souhaite notamment que l’endettement serve davantage à financer la construction d’usines et le développement des capacités industrielles plutôt qu’à soutenir exclusivement des dépenses ou des infrastructures sans effet suffisant sur la production nationale.


Tout en critiquant certains mécanismes de dépendance économique, le président du RD a tenu à préciser qu’il ne prônait pas une rupture avec la France.


« Je ne suis pas anti-français », a-t-il affirmé. Il souhaite plutôt l’instauration d’une relation qu’il qualifie de « gagnant-gagnant », dans laquelle les partenaires étrangers accompagneraient davantage la Côte d’Ivoire dans son industrialisation et son développement technologique.


Cette approche, selon lui, devrait permettre au pays de diversifier ses partenariats tout en évitant de substituer une dépendance à une autre.


Lamoussa Djinko s’est également montré prudent face aux attentes placées dans les BRICS. Selon lui, l’arrivée de nouveaux partenaires internationaux ne suffira pas, à elle seule, à transformer les économies africaines.


 

« La Chine défend ses intérêts. La Russie défend ses intérêts. Personne ne viendra construire l’Afrique à notre place », a-t-il soutenu.


Pour le leader du RD, les États africains doivent donc renforcer leur capacité de négociation et défendre leurs propres intérêts dans leurs relations avec les puissances étrangères.


« Je ne demande pas que nous rejetions l’Occident, je demande que nous négociions d’égal à égal », a-t-il déclaré.


Au terme de son intervention, Lamoussa Djinko a appelé à une prise de conscience collective autour des questions économiques. Il a également invité les journalistes à renforcer leur travail d’enquête et à interroger davantage les choix économiques du pays.


Pour le président du RD, ce débat doit permettre d’aller au-delà des clivages politiques et d’interroger les fondements du modèle de développement ivoirien.


Son message repose sur une conviction : la croissance économique ne saurait constituer une fin en soi. Pour sortir durablement du sous-développement, la Côte d’Ivoire doit, selon lui, produire davantage, transformer ses matières premières sur son territoire, développer son industrie et renforcer sa capacité à décider de son avenir économique.


L’appel lancé à Cocody Attoban ouvre ainsi un débat qui dépasse la seule question de l’ECO : celui du modèle de développement que la Côte d’Ivoire entend construire pour les prochaines décennies.





Wassimagnon



 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : Réactions tous azimuts contre l’orpaillage illégal aux allures politiques ?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : 81 motocyclistes tués de janvier à août, faut il les bannir des grand...
 
2145
Oui
69%  
 
850
Non
27%  
 
126
Sans avis
4%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : Lamoussa Djinko, (Renouveau Démocratique), plaide pour un nouveau modèle économique fondé sur l'industrialisation
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter