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Côte d'Ivoire : Bouaké, affaire succession Kouyaté Lassina, après une expertise ordonnée par le tribunal concluant à un faux, le ministre de la Justice interpellé
 

Côte d'Ivoire : Bouaké, affaire succession Kouyaté Lassina, après une expertise ordonnée par le tribunal concluant à un faux, le ministre de la Justice interpellé

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 19 septembre 2026 - 22:27

Le tribunal de Première Instance de Bouaké (ph KOACI) 



L'affaire de la succession de feu Kouyaté Lassina à Bouaké, qui dure depuis plus de 24 ans, vient de connaître un rebondissement que beaucoup qualifient de décisif. Pour comprendre sa portée, il faut rappeler l'origine du litige. Tout est parti de la mise à l'écart de certains enfants du défunt, qualifiés d'adultérins par l'épouse légitime, Mme Alima Ouattara, qui contestait leur filiation. Ils ont finalement été rétablis dans leurs droits par le jugement N°34/2023 rendu par le Tribunal civil de Bouaké le 25 juillet 2023. Regroupés autour de Kouyaté Zoumana, ces enfants rétablis ont dénoncé le fait que leurs cohéritiers s'étaient emparés des biens de la succession à leur détriment. Pour préserver la masse successorale en prélude à son partage, ils ont obtenu par voie de justice la mise sous séquestre de l'ensemble des biens.


C'est sous cette gestion sous séquestre que survient l'épisode qui a défrayé la chronique judiciaire à Bouaké. Kouyaté Mamadou Vaboua a été poursuivi pour avoir retiré la somme de 148 millions fcfa à la SGBCI, alors que les fonds étaient placés sous administration séquestre. Poursuivi pour refus délibéré de se conformer à une décision de justice, infraction prévue par l'article 287 alinéa 9 du Code pénal, il a été appelé à la barre le 09 avril 2025. À l'audience, le procureur avait requis six mois d'emprisonnement ferme et 300 000 fcfa d'amende, tandis que la partie civile, constituée par Kouyaté Zoumana, réclamait 50 millions fcfa de dommages et intérêts. 


Contre toute attente, le 07 mai 2025, le vice-président du Tribunal de Première Instance de Bouaké, le juge Kohou, a déclaré le prévenu non coupable pour délit non constitué, malgré les preuves de retrait présentées selon la partie civile. Une décision qualifiée de biaisée par une partie du public présent. Kouyaté Zoumana a interjeté appel et l'affaire a été fixée au 09 décembre 2025 devant la première chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Bouaké, avec un appel lancé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice Jean Sansan Kambilé, pour qu'un regard attentif soit porté sur ce procès entre frères consanguins.


 

C'est dans ce contexte que les héritiers ont décidé de s'attaquer à ce qu'ils considèrent comme la pièce maîtresse du dossier, cette lettre de nomination datée du 07 décembre 1999 que Kouyaté Mamadou Vaboua brandit à chaque procédure pour justifier sa gestion exclusive des biens. Ils ont saisi le Tribunal de Première Instance de Bouaké d'une demande d'expertise graphologique. Par ordonnance N°114/2026 du 6 mai 2026, le juge N'Ze Lucien Baïdara a ordonné l'expertise et commis le cabinet Degau-Jean Graphologie, dirigé par Yao Kouadio Jean, expert agréé près la Cour d'Appel d'Abidjan. 


Après deux mois d'analyses comparatives entre la signature contestée et trois spécimens authentiques de feu Kouyaté Lassina datant de 1984 et 1991, le rapport N°158/10/26 rendu le 23 juin 2026 est sans ambiguïté. L'expert conclut en toute impartialité que la signature apposée sur la lettre de nomination du 07 décembre 1999 n'est pas authentique, qu'elle n'est pas de la main de feu Kouyaté Lassina et qu'il s'agit d'une imitation.


Fort de ce résultat, KOACI apprend que le collectif des héritiers affirme avoir saisi le juge d'instruction pour faux et usage de faux. Il soutient que ce faux ne serait pas isolé et dit avoir déjà saisi le Doyen des juges d'instruction pour un autre acte notarié dans lequel, sur 25 enfants héritiers recensés, seuls 9 auraient été déclarés. Les plaignants mettent en cause la notaire auteure de l'acte qu'ils présentent comme proche de la famille et qui, selon eux, connaissait l'existence de tous les enfants, y compris l'épouse Mawa.


 

Aujourd'hui, selon les informations reçues, ils disent ne pas comprendre pourquoi, malgré le rapport d'expertise ordonné par le Tribunal lui-même et malgré leurs plaintes, Kouyaté Mamadou Vaboua continuerait de gérer les biens et de procéder à des inscriptions en toute liberté. C'est au regard de tous ces éléments que l'opinion interpelle à nouveau le ministre de la Justice, rappelant que le ministère a déjà procédé au retrait d'agrément d'un des héritiers impliqué dans ce dossier parmi les 500 agents judiciaires récemment limogés, et demande que le ministre de la justice ouvre une enquête suite à l'expertise graphologique afin que les responsabilités soient situées.


Joint par nos soins pour plus de précisions sur les derniers développements du dossier et sur la plainte pour faux et usage de faux consécutive au rapport d'expertise, le camp des plaignants a préféré ne faire aucun commentaire, indiquant faire entièrement confiance à la justice pour faire la lumière sur cette affaire.


T.K.Emile


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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