Cameroun : Mbvoum Aloys Parfait dénonce son enlèvement et sa détention arbitraire
Depuis la Prison Centrale de Yaoundé-Kondengui où il est détenu, Mbvoum Mbvoum Aloys Parfait, leader du forum républicain, a déposé une plainte contre le colonel Nguele, l'adjudant-chef Essomba et d'autres personnes, les accusant d'enlèvement, de torture, de propagation de fausses nouvelles et de vol à main armée en bande organisée.
Selon le plaignant, les faits remontent au 24 octobre 2025. Aux alentours de 13 heures, au carrefour Nkolnda à Mfou (banlieue de Yaoundé), Mbvoum affirme avoir été kidnappé et brutalisé par un groupe d'une vingtaine d'individus armés. Il décrit avoir été assailli en pleine rue, sans qu'on lui présente de titre ni de mandat d'arrestation justifiant cette intervention. Il sera conduit vers une destination qui s'avérera être la légion de gendarmerie du centre dont Yaoundé est la principale ville, où il découvrira l'identité de son principal ravisseur présumé : l'adjudant-chef Essomba.
Violations
Dans sa plainte, le détenu affirme n'avoir eu accès à ses avocats que 14 jours après son arrestation, et n'avoir signé aucun procès-verbal de garde à vue. Ce n'est que lors de sa présentation devant le commissaire du gouvernement qu'il aurait été soumis à une régularisation administrative.
Mbvoum dénonce également le fait d'avoir été maintenu en isolement total pendant 35 jours, privé d'eau et de nourriture, et soumis à des auditions sans respecter les garanties du code de procédure pénale. Il affirme que sa famille n'a pas été informée de son arrestation et que son domicile a fait l'objet d'une perquisition illégale.
Domicile saccagé, biens volés et accusations
L’opposant rapporte qu'à 5h45 du matin, sa famille a subi une descente musclée de 25 gendarmes qui ont fouillé violemment son domicile. Selon lui, les forces de l'ordre auraient emporté des objets de valeur, notamment des bijoux appartenant à son épouse, un ordinateur, un cachet et le manuscrit de sa thèse de doctorat. Il affirme que cinq millions de francs CFA lui auraient été dérobés lors de cette opération, le tout sans mandat de perquisition légal signé par un Procureur de la République.
Aloys Parfait Mbvoum se présente comme victime d'une persécution politique. Il affirme faire face non pas à la police judiciaire, mais à une police politique chargée du maintien de l'ordre politique. Dans sa plainte, il mentionne être poursuivi pour des accusations qu'il qualifie de surréalistes, notamment l'hostilité à la patrie, le terrorisme, l'apologie du terrorisme et l'incitation à la révolte.
Le détenu dénonce également l'exploitation illégale de son téléphone portable, saisi lors de son arrestation et dont les données auraient été fouillées en violation des articles 92 et 245 du code de procédure Pénale, sans autorisation écrite du Procureur de la République ni du Juge d'Instruction.
Appel
Dans sa plainte adressée au commissaire du gouvernement près du tribunal militaire de Yaoundé, Mbvoum sollicite l'ouverture urgente d'une enquête judiciaire sur les faits qu'il dénonce. Il a également mis en copie plusieurs autorités et institutions, dont le Président de la République.
Le plaignant invoque notamment les engagements internationaux du Cameroun, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié le 27 juin 1987, ainsi que les avis du groupe de travail sur la détention arbitraire des nations unies. Il rappelle qu'en 2022, l'ONU avait demandé au Cameroun la libération immédiate de militants du Mrc arrêtés lors de marches pacifiques, une recommandation qui n'aurait pas été suivie d'effet.
Les autorités concernées n'ont pas encore réagi publiquement à ces accusations.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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