Côte d'Ivoire : Affaire des remblais au Port d'Abidjan, enquête sur une controverse aux relents de règlements de compte, le DG Hien Sié visé
Depuis plusieurs semaines, une série de publications relayées sur les réseaux sociaux et certains médias en ligne alimente la polémique autour de ce qui est désormais présenté comme « l’affaire du remblayage dans le domaine portuaire d’Abidjan ». Une controverse qui, selon plusieurs sources concordantes au sein de la communauté portuaire, s’apparente davantage à une campagne de dénigrement ciblée contre le Directeur général du Port autonome d’Abidjan (PAA), Hien Yacouba Sié, qu’à une véritable alerte environnementale.
D’après nos investigations, cette offensive médiatique trouverait son point de départ dans une officine située à Asna, sur le boulevard de Marseille à Abidjan, qui abrite également le siège de l’ONG « Amis des Lagunes », dirigée par M. Derien, par ailleurs gérant de l’entreprise CATRAM.
Selon des sources proches du dossier, cette structure serait à l’origine de la diffusion répétée d’images, de vidéos et de reportages à charge visant les opérations de remblayage dans le domaine portuaire. Pour ce faire, des cyberactivistes, des drones et des équipes au sol auraient été mobilisés pour filmer des zones remblayées ou en cours d’aménagement, sans autorisation préalable, sous couvert d’actions de veille environnementale.
M. Derien reconnaît ses démarches
Joint par téléphone le mardi 13 janvier 2026 aux environs de 17h30, M. Derien a confirmé être le responsable de l’ONG « Amis des Lagunes » et avoir effectivement saisi plusieurs autorités administratives au sujet de diverses opérations qu’il juge problématiques.
Il affirme avoir adressé plusieurs courriers aux autorités compétentes et disposer d’informations sur plusieurs dossiers distincts, allant des carrières aux constructions en zones sensibles, en passant par certains titres fonciers litigieux. Toutefois, à ce jour, aucun élément concret ni décision administrative officielle n’a été rendu public pour étayer les accusations portées contre le Port autonome d’Abidjan.
À en croire des experts portuaires et des personnes ressources, les travaux de remblayage réalisés au Port d’Abidjan ces dernières années ont été effectués avec l’autorisation de l’État ivoirien, par l’intermédiaire de ses structures compétentes.
Ces opérations répondaient à une forte pression foncière, dans un contexte où la demande en espaces logistiques des opérateurs économiques nationaux et internationaux dépassait les 200 hectares. Les travaux réalisés, dans le respect des couloirs de navigation et de l’écosystème lagunaire, ont permis de dégager environ 45 hectares exploitables.
Ces espaces ont favorisé l’installation de plusieurs dizaines d’entreprises, dont des filiales de multinationales, en attendant la mise en valeur future de zones stratégiques prévues par le Plan national de développement (PND), notamment Azito, l’île Boulay et le cordon littoral ouest, une réserve foncière estimée à près de 2 500 hectares, encore inaccessible faute d’ouvrages de franchissement.
Les entrepôts construits sur ces remblais sont exploités dans le cadre de baux emphytéotiques, générant des redevances domaniales régulières au profit du PAA.
Un impact environnemental contesté
Contrairement aux accusations relayées, les spécialistes interrogés estiment que les opérations de remblayage ne présentent pas de danger avéré pour la lagune. Ce type de travaux est courant dans les grands ports mondiaux, notamment à Rotterdam ou le long de la Seine à Paris.
« Rien ne s’est fait dans le désordre ni sans autorisation. Dans plusieurs cas, des opérateurs privés ont procédé aux remblais avant la cession des sites », souligne un expert du secteur portuaire.
Des performances qui parlent d’elles-mêmes
Au-delà de la polémique, les chiffres du Port autonome d’Abidjan témoignent d’une dynamique de croissance exceptionnelle. En 2024, le port a atteint un volume record de 40 millions de tonnes de fret, soit une hausse de 15 % par rapport aux 34,7 millions de tonnes enregistrées en 2023.
Selon des sources officielles, ce volume pourrait dépasser les 43 millions de tonnes en 2025, porté par des réformes majeures telles que, l’extension des quais, l’ouverture du nouveau terminal à conteneurs Côte d’Ivoire Terminal, la modernisation des infrastructures et la digitalisation des opérations portuaires.
Le trafic conteneurisé est ainsi passé de 840 926 EVP en 2022 à 1,6 million d’EVP en 2024, avec un objectif ambitieux de 2 millions d’EVP à l’horizon 2027.
Autant de résultats que plusieurs observateurs attribuent au leadership et au management stratégique de Hien Yacouba Sié, dont les performances semblent aujourd’hui susciter autant d’admiration que de résistances.
Wassimagnon
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