Côte d'Ivoire : Crise à l'UNJCI, la médiation suspendue après une plainte pénale contre un candidat à la présidence
Nouvelle escalade dans la crise qui secoue l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Le Conseil d’administration et le Conseil exécutif de l’organisation ont annoncé la suspension de leur participation au processus de médiation engagé par le Conseil des sages, après l’assignation en justice de Franck Ettien, candidat à la présidence.
Depuis le lundi 23 février, les instances dirigeantes de l’UNJCI avaient accepté de prendre part à des discussions visant à apaiser les tensions internes. Le Conseil exécutif et le Conseil d’administration ont été reçus au domicile du président du Conseil des sages, Yao Noël.
La rencontre s’est tenue en présence de Marie-Paule Djédjé, membre du Conseil des sages, ainsi que d’Honorat de Yedagne et Amos Béonaho, membres du Collectif des past-présidents de l’UNJCI. Toutes les parties prenantes à la crise étaient conviées.
Les échanges ont porté sur un plan de sortie de crise destiné à être soumis à l’ensemble des acteurs concernés. Il était notamment demandé aux parties de formuler leurs observations et propositions en vue d’un règlement apaisé.
Au cœur de ce plan figurait un principe clair : la non-judiciarisation de la crise et l’arrêt des poursuites judiciaires de part et d’autre, afin de privilégier le dialogue et préserver l’unité de la corporation.
Alors que les discussions étaient en cours, les dirigeants de l’UNJCI disent avoir appris « avec surprise et profonde amertume » que Franck Ettien, membre du Conseil exécutif sortant et candidat déclaré à la présidence, a reçu une assignation à comparaître devant le juge pénal.
Il devra répondre d’une affaire de « faux et usage de faux », à la suite d’une plainte introduite par un groupe se présentant comme un « Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI ».
Pour le Conseil d’administration et le Conseil exécutif, cette initiative judiciaire constitue une rupture avec l’esprit et la lettre du processus de médiation engagé.
« Au moment même où un consensus était recherché pour décrisper l’atmosphère et désamorcer les tensions, cette action en justice va à l’encontre des engagements pris », indiquent-ils.
Face à ce qu’ils qualifient de situation « d’une extrême gravité », les deux instances ont décidé de suspendre leur participation au processus de médiation mené par le Conseil des sages et le Collectif des past-présidents.
Cette suspension restera en vigueur « jusqu’au retrait pur et simple de la plainte portée devant la juridiction pénale », précisent-ils.
Dans leur communiqué, les signataires rappellent la vocation première de l’UNJCI : défendre les droits, la dignité et la solidarité des journalistes.
« Notre organisation ne saurait devenir un espace où des journalistes contribuent à l’incarcération d’autres journalistes pour des différends relevant de la vie associative », soulignent-ils.
Ils appellent ainsi au sens des responsabilités, à la retenue et au respect des engagements pris dans le cadre de la médiation.
Le communiqué est signé par Bertin N’Guessan, pour le Conseil d’administration, et Jean-Claude Coulibaly, pour le Conseil exécutif.
Cette suspension complique davantage la recherche d’une issue consensuelle à la crise interne qui fragilise l’UNJCI. La poursuite ou non de la procédure judiciaire pourrait désormais conditionner la reprise du dialogue.
En attendant, la corporation journalistique ivoirienne observe avec inquiétude l’évolution de cette affaire, qui met à l’épreuve la cohésion de l’une de ses principales organisations professionnelles.
Wassimagnon
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