Côte d'Ivoire : Tabaski 2026, les vendeurs de mouton sommés de quitter les marchés sauvages pour rejoindre le parc d'Anyama
À plusieurs mois de la fête de la Tabaski, les autorités ivoiriennes prennent les devants pour éviter les désordres observés les années précédentes. À l’issue d’une réunion tenue à la demande du District autonome d’Abidjan, les acteurs du commerce de bétail ont été formellement appelés à regagner le parc à bétail d’Anyama et à libérer les marchés annexes ouverts de façon exceptionnelle l’an dernier.
Selon Issiaka Sawadogo, président du Conseil d’administration de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), cette rencontre visait avant tout à anticiper les préparatifs de la Tabaski, dont l’échéance se rapproche rapidement après la période du carême. « L’an dernier, nous n’avions pas suffisamment anticipé. Cette année, le message du District est clair : les choses doivent se dérouler autrement », a-t-il déclaré.
En 2025, face à l’affluence massive à l’approche de la fête, le gouvernement avait autorisé l’ouverture de marchés annexes afin de faciliter la vente des moutons et de réduire les embouteillages dans la capitale économique. Il avait toutefois été convenu que ces installations seraient fermées après la Tabaski. Or, plusieurs acteurs sont restés installés dans ces espaces jusqu’à ce jour, en violation des engagements pris.
Le District autonome d’Abidjan a donc rappelé que ces marchés annexes doivent être libérés sans délai et que les opérateurs concernés sont tenus de rejoindre le parc à bétail d’Anyama. À défaut, des mesures coercitives prévues par la loi seront appliquées. « L’ouverture des marchés annexes était exceptionnelle et ne se justifie plus aujourd’hui », a insisté Issiaka Sawadogo, précisant que le contexte électoral qui avait motivé cette dérogation n’existe plus.
Balayant les arguments liés à l’éloignement du parc d’Anyama, le PCA de l’OIA a rappelé que la distance entre le centre d’Abidjan et Anyama n’excède pas huit kilomètres. « Les moutons parcourent parfois plus de 2 000 kilomètres pour arriver en Côte d’Ivoire. Dire qu’Anyama est loin n’est donc pas fondé », a-t-il souligné, appelant à une meilleure organisation urbaine dans une ville à forte densité de population.
Sur l’approvisionnement du marché à l’approche de la Tabaski, Issiaka Sawadogo s’est voulu rassurant. Il a rappelé que, l’an dernier, de nombreuses rumeurs annonçaient une pénurie de moutons, conduisant le gouvernement à envisager des importations supplémentaires. Pourtant, le marché avait enregistré l’arrivée de plus de 165 000 têtes, avec même des invendus en fin de campagne.
« Aujourd’hui, les acteurs se préparent déjà. La Côte d’Ivoire reste le marché le plus attractif de la sous-région », a-t-il affirmé, évoquant les difficultés rencontrées dans d’autres pays voisins, notamment au Ghana et au Nigeria.
De son côté, le responsable du parc à bétail d’Anyama, le professeur N’Goran Modeste, a lancé un appel pressant aux commerçants encore installés dans les marchés annexes. Il les invite à rejoindre sans délai le site officiel d’Anyama, conçu pour accueillir durablement leurs activités. Il a par ailleurs rassuré les populations et les opérateurs sur l’accessibilité du parc, précisant que les travaux routiers, notamment sur l’autoroute Y4, sont achevés et que la circulation y est désormais fluide.
Enfin, concernant certaines inquiétudes exprimées par les acteurs de la filière, Issiaka Sawadogo a indiqué que le ministre en charge de l’Élevage et le Premier ministre ont déjà annulé plusieurs décisions administratives jugées contraignantes. Ces mesures ne sont donc plus applicables, mettant ainsi fin aux craintes liées à leur mise en œuvre.
Avec ces dispositions anticipées, les autorités et les professionnels du secteur entendent garantir une organisation fluide du marché du bétail et un approvisionnement suffisant à l’approche de la Tabaski, dans l’intérêt des acteurs comme des populations.
Wassimagnon
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