Côte d'Ivoire : La TVA sur les intrants et aliments du secteur avicole et de l'élevage réduite de 18 % à 9 % ? Risques majeurs en cas d'augmentation du prix du poulet
Selon l’Association Nationale des Aviculteurs Modestes de Côte d’Ivoire (ANAM-CI), initialement fixée à 18 % , la TVA sur les intrants et aliments du secteur avicole et de l’élevage, dans le cadre de l’annexe fiscale 2026, a été réduite à 9 %.
L’ANAM-CI, exprime sa profonde reconnaissance à l’État et au Gouvernement pour avoir prêté une oreille attentive au cri de cœur des éleveurs.
Pour l’Association, cette décision marque une avancée et témoigne de la volonté des autorités de tenir compte des réalités du secteur. Cependant, avec responsabilité et sincérité, l’ANAM-CI admet, que cette mesure, bien qu’importante, ne nous satisfait pas encore pleinement.
« En tant qu’association nationale d’éleveurs, nous ne donnons aucune consigne d’augmentation du prix du poulet à nos membres. Notre priorité n’est pas l’augmentation des prix, car nous pensons avant tout aux consommateurs, aux ménages et à la dimension sociale de la volaille, qui demeure la protéine animale la plus accessible pour la majorité de la population. Notre option première reste le plaidoyer. Nous croyons profondément que l’État a à cœur aussi bien les producteurs que les consommateurs, et nous continuons de faire confiance à sa capacité d’écoute et d’arbitrage. Il convient de rappeler que les éleveurs s’attendaient, pour cette année, à un accompagnement financier, à des programmes de formation, à un appui en matériel, ainsi qu’à une véritable modernisation du secteur avicole. Ils espéraient également un renforcement de l’encadrement technique et de l’information. Or, au lieu de ces accompagnements attendus, une taxe leur est appliquée, même si elle a été réduite. C’est pourquoi notre combat ne vise pas à renchérir le prix du poulet, mais à obtenir la suppression totale de cette taxe, au profit de mesures d’accompagnement durables et structurantes », fit-elle savoir dans un communiqué consulté par KOACI.
L’ANAM-CI attire également l’attention sur les risques majeurs qu’entraînerait une augmentation du prix du poulet.
« Cela pousserait de nombreux consommateurs à se détourner de la protéine avicole pour chercher d’autres sources de protéines, ce qui réduirait la consommation locale et fragiliserait davantage la filière. Une telle situation pourrait aussi favoriser l’importation de produits avicoles de qualité douteuse, au détriment de la santé publique et de la production nationale. Ces conséquences ne sont souhaitables ni pour l’État, ni pour les consommateurs, ni pour l’économie nationale », relève-t-elle.
Selon les données officielles, plus de 320 000 personnes vivent directement et indirectement de la filière avicole.
Ce sont des familles entières, des ménages et même des générations qui dépendent de ce secteur pour leur survie.
Toute décision affectant négativement la filière a donc un impact direct sur le pouvoir d’achat, l’emploi, la stabilité sociale et la confiance envers les institutions.
C’est pourquoi l’Association reste convaincue que l’État peut encore poser un acte fort et décisif en faveur du bien-être social, de la souveraineté alimentaire et de la paix sociale.
En conclusion, l’association nationale des Aviculteurs Modestes de Côte d'Ivoire réaffirme qu’elle n’appelle pas à l’augmentation du prix du poulet, mais qu’elle poursuit résolument le plaidoyer pour la suppression totale de la TVA sur les intrants et aliments de l’élevage, ainsi que pour un accompagnement renforcé des éleveurs à travers des formations adaptées et une modernisation réelle du secteur.
« Nous invitons l’interprofession, les associations de consommateurs, les députés, les leaders d’opinion et toutes les forces vives de la Nation à se joindre à ce plaidoyer pour une cause juste, sociale et nationale », a conclu l’ANAM-CI.
Donatien Kautcha, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
