Côte d'Ivoire: Assemblée nationale, les députés de la nouvelle législature en séminaire pour maîtriser les rouages du Parlement et renforcer la qualité du travail législatif
Le Palais de l’hémicycle a été, jeudi 5 mars, le théâtre d’une intense activité intellectuelle. Sous l’impulsion du président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, les députés de la nouvelle législature ont pris part à un séminaire d’orientation et d’information destiné à renforcer leurs capacités et à les familiariser avec les exigences du travail parlementaire pour la période 2026-2030.
Organisée à la Rotonde de l’Assemblée nationale, cette session de formation s’inscrit dans la tradition parlementaire qui consiste à accompagner chaque renouvellement de la Chambre basse par un programme pédagogique permettant aux élus de mieux maîtriser leurs missions et les procédures législatives.
Ce séminaire intervient dans un contexte particulier : l’Assemblée nationale a été renouvelée à 50,20 %, avec l’arrivée d’un nombre important de nouveaux députés. Une situation qui rend indispensable une mise à niveau sur le fonctionnement de l’institution et les responsabilités qui incombent aux parlementaires.
« Ce module de formation est dédié aux députés de la législature, comme cela se fait à chaque renouvellement de l’Assemblée nationale. Avec un taux relativement élevé de nouveaux élus, l’objectif est de les outiller afin qu’ils puissent examiner efficacement les projets de loi, proposer des amendements pertinents et être rapidement opérationnels », a expliqué Diomandé Aboubacar Sidiki, secrétaire général de l’Assemblée nationale.
Le premier module, intitulé « Connaissance de l’Assemblée nationale », a été animé par le secrétaire général de l’institution. Au cours de cette présentation, il a rappelé les fondements constitutionnels de l’action parlementaire, notamment ceux définis par l’article 93 de la Constitution.
Selon ce texte, les missions de l’Assemblée nationale s’articulent autour de quatre grandes fonctions, voter la loi, consentir l’impôt, contrôler l’action gouvernementale,
évaluer les politiques publiques.
Ces prérogatives constituent le socle de l’action des députés et participent au bon fonctionnement de la démocratie.
L’exposé a également permis de présenter l’organisation interne de l’Assemblée nationale ainsi que son mode de fonctionnement, notamment les sessions ordinaires et extraordinaires, les séances plénières et les réunions en commission, moments clés du travail parlementaire.
Parmi les sujets ayant suscité le plus d’intérêt au cours de cette première journée figure l’évaluation des politiques publiques, une mission relativement récente confiée au Parlement depuis l’adoption de la Constitution du 8 novembre 2016.
« Cette mission permet de vérifier si chaque centime dépensé par l’Exécutif atteint réellement les objectifs fixés en termes de performance », a précisé Diomandé Aboubacar Sidiki, rappelant qu’une commission spécialisée d’évaluation des politiques publiques a été mise en place pour remplir cette fonction.
Les échanges ont ainsi permis aux députés de mieux comprendre les outils dont ils disposent pour assurer le suivi de l’action gouvernementale et contribuer à l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques.
La formation a également comporté un second module consacré aux « Pratiques législatives », animé par Éric Kouadio, directeur de la Législation et de l’Assistance aux commissions.
Son intervention a détaillé le processus législatif, depuis l’initiative d’une loi jusqu’à sa promulgation. Il a notamment expliqué les différentes étapes : dépôt du texte, examen de la recevabilité, étude en commission, adoption en séance plénière et promulgation.
L’expert a insisté sur l’importance du travail en commission, où les projets de loi sont analysés en profondeur, amendés et préparés avant leur présentation devant l’ensemble des députés.
Il a également rappelé l’existence de procédures spéciales, notamment pour l’examen des lois organiques, des accords internationaux ou encore des révisions constitutionnelles, qui nécessitent des dispositions particulières et une vigilance accrue.
Parmi les participants, l’Honorable N’gué Marc, député d’Abidji-Djangokro dans la région du N’zi, a salué la pertinence de cette initiative.
Bien qu’il dispose d’un solide bagage académique en droit, l’élu a reconnu l’importance de cette formation pour combler l’écart entre théorie et pratique.
« Pour moi, c’est une révision. Non pas parce que je suis ancien, mais parce que je suis théoricien du droit. Ce que m’apporte cette formation, c’est l’aspect pratique. Entre la théorie et la pratique, il y a souvent un écart. Avoir un praticien comme formateur permet de comprendre réellement ce à quoi s’attendre », a-t-il confié.
La Commission des affaires générales et institutionnelles (CAGI) n’était pas la seule concernée par cette session de renforcement des capacités. Les membres de la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) ont également participé à ce programme.
À l’issue des travaux, Ouattara Karim, président de la CAEF, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des modules proposés.
« Cette formation nous permet de mieux connaître l’Assemblée nationale, son organisation, son fonctionnement, mais aussi les procédures législatives, la diplomatie parlementaire et les droits et devoirs du député », a-t-il indiqué.
Pour lui, l’enjeu est également managérial, notamment dans la conduite des travaux en commission.
« Mon rôle est de diriger les débats. Il faut donc maîtriser la procédure parlementaire, les terminologies, savoir à quel moment intervenir, à qui donner la parole et comment faire la synthèse des échanges pour défendre les rapports en plénière », a-t-il expliqué.
À travers ce séminaire, la direction de l’Assemblée nationale entend renforcer les compétences des députés et améliorer l’efficacité du travail législatif au cours de la nouvelle législature.
Dans un Parlement profondément renouvelé, cette démarche vise à garantir que chaque élu dispose des outils nécessaires pour exercer pleinement ses responsabilités, contribuer à la qualité de la production législative et participer au contrôle efficace de l’action gouvernementale.
Au-delà d’une simple formation, cette initiative traduit la volonté de l’institution parlementaire de consolider la gouvernance démocratique et d’accompagner les défis de développement du pays.
Wassimagnon
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