Côte d'Ivoire : Cherté de la vie, école en crise, démocratie fragilisée..., Blé Goudé lance un nouveau contrat social fondé sur l'essentiel et les priorités
À l’occasion d’une conférence publique tenue au Plateau, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a livré une adresse politique dense et engagée, dans laquelle il appelle à une refondation démocratique, sociale et institutionnelle de la Côte d’Ivoire. Un discours à la fois critique, programmatique et porteur d’espoir, placé sous le thème : « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible ».
Revenant sur l’année politique 2025, dominée par l’élection présidentielle d’octobre et les législatives de décembre, Charles Blé Goudé a rappelé les efforts entrepris par l’opposition pour promouvoir le dialogue et obtenir des élections inclusives et apaisées.
Il a toutefois regretté l’échec des réformes électorales attendues, notamment la révision de la liste électorale et la réintégration de certains leaders politiques radiés.
Assumant le choix de la participation électorale, malgré un contexte de menaces et de violences, il a reconnu que l’objectif de l’alternance n’a pas été atteint, au prix de nouvelles victimes. Le président du COJEP a demandé la libération des prisonniers liés aux violences post-électorales et observé une minute de silence en hommage aux victimes, notamment celles de Nahiô et le sous-lieutenant Daniogo Klénon Lassina, décédé dans l’exercice de ses fonctions.
Constatant que les pouvoirs exécutif et législatif sont désormais entièrement détenus par le RHDP, Charles Blé Goudé a dénoncé une situation en décalage avec les idéaux du multipartisme instauré dans les années 1990.
Il a alerté sur une démocratie affaiblie, marquée par la méfiance des citoyens envers les institutions et une abstention électorale croissante.
Pour lui, le moment est venu de reprendre le dialogue politique afin d’engager des réformes institutionnelles et électorales profondes, indispensables à la stabilité durable du pays.
Sur le plan socio-économique, le leader du COJEP a dressé un tableau sombre du quotidien des Ivoiriens. Malgré une croissance macroéconomique soutenue, celle-ci reste, selon lui, peu inclusive.
La cherté de la vie, la hausse des loyers, des denrées alimentaires et des matériaux de construction, ainsi que les difficultés d’accès à l’emploi et aux soins, pèsent lourdement sur les ménages.
Il a également pointé la crise du système éducatif, citant des chiffres alarmants de la Banque mondiale et de l’UNESCO : 83 % des enfants ivoiriens de 10 ans ne savent ni lire ni comprendre un texte adapté à leur âge. L’exclusion de près de 1 300 élèves dans la région d’Adzopé en 2024-2025 en serait, selon lui, une illustration frappante.
Face à ce diagnostic, Charles Blé Goudé propose un nouveau contrat social, fondé sur le principe de « Gouverner par l’essentiel et les priorités ».
Il affirme sa volonté de placer le peuple au cœur de l’action publique, en privilégiant l’efficacité, la transparence, la justice sociale et la redevabilité.
Son projet s’articule autour de neuf grands axes, parmi lesquels, la refondation du système éducatif, avec une réforme profonde de l’apprentissage et la valorisation du métier d’enseignant, l’emploi des jeunes, à travers la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et la création de pôles économiques régionaux, un système de santé moderne et accessible, visant à relever l’espérance de vie des Ivoiriens à 70 ans ;
une protection sociale inclusive pour lutter contre la pauvreté qui touche près de 47 % de la population, la modernisation de l’agriculture, pour garantir la souveraineté alimentaire et améliorer les revenus des paysans, une administration publique intègre, digitalisée et résolument engagée contre la corruption et enfin, une réforme profonde de la démocratie et des institutions, incluant la limitation stricte des mandats présidentiels, la réforme de l’organe électoral et la suppression d’institutions jugées non essentielles.
Se projetant dans l’avenir, Charles Blé Goudé a réaffirmé son ambition d’accéder démocratiquement à la présidence de la République, entouré d’une équipe qu’il dit proche des réalités sociales.
Il a appelé au rassemblement de toutes les filles et de tous les fils de la Côte d’Ivoire, au-delà des clivages politiques, pour restaurer la dignité, l’unité et la souveraineté du peuple.
« Je ressens chaque coup que la vie vous inflige. Je partage votre douleur sociale. Votre voix, je vais la porter », a-t-il déclaré, concluant son adresse par un message d’espoir et de détermination.
Pour le président du COJEP, le choix est clair : refuser la fatalité et bâtir ensemble une Côte d’Ivoire plus juste, solidaire et démocratique.
Oui, insiste-t-il, une autre Côte d’Ivoire est encore possible.
Wassimagnon
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